[Rétrospective] Le sport au cinéma : dépasser ses limites

Au mois de novembre, pas moins de deux films, non seulement sur le sport, mais sur le tennis en particulier, font leur sortie en salles. Deux histoires vraies, deux affrontements, deux matchs qui ont fait l’histoire. D’un côté, Battle of the Sexes retrace le duel qui a opposé en 1973 Billie Jean King, alors numéro une mondiale, et Bobby Riggs, faisant de ce match un véritable combat pour les droits des femmes. De l’autre, Borg/McEnroe s’arrête sur le tournoi de Wimbledon 1980 et sur ses deux favoris, le Suédois Björn Borg et l’Américain John McEnroe. L’occasion de revenir sur les liens qu’entretiennent cinéma et sport.

Que l’on soit un fan de sport ou non, on a forcément déjà retenu notre respiration devant des films comme Black Swan, Invictus ou encore Rocky. Pourquoi le sport est-il alors aussi populaire au cinéma? Force est de constater que ces films ne sont pas réservés aux sportifs, et cela s’explique, d’une part, par l’aspect intrinsèquement divertissant du sport, qui captive le spectateur et le place dans une position d’attente fébrile, et d’autre part par leur capacité à toucher quelque chose de plus universel : la volonté de donner le meilleur de soi-même, de dépasser ses limites pour atteindre quelque chose de plus, de nouveau.

Le sport qui répare, le sport qui détruit

Battle of the sexes, c’est l’histoire d’une lutte pour la reconnaissance, le respect des femmes sportives et l’égalité salariale entre hommes et femmes lors des tournois de tennis. Avec ce film, les réalisateurs Jonathan Dayton et Valerie Faris se placent dans la lignée de films tels que Invictus ou Billy Eliott : celle du sport pour la tolérance et l’égalité. Celle du sport qui réunit, qui brise les frontières entre hommes et femmes, entre noirs et blancs, entre pauvres et riches. Mais le sport peut aussi être néfaste, lorsqu’il tourne à l’obsession. Lorsque l’envie d’être le meilleur est plus forte que le reste, lorsque le sport devient un besoin qui isole ou qui met en danger. Darren Aronofsky l’avait brillamment démontré dans Black Swan. Dans les deux cas, les films sur le sport ont un point commun, celui de pousser les personnages jusqu’à leurs limites physiques, mentales, morales, pour le meilleur comme pour le pire, emmenant le spectateur dans leur ascension ou dans leur chute.

Mais filmer le sport est aussi un très grand défi pour le cinéaste. Savoir comment montrer le corps et décomposer le mouvement d’abord : accentuer la vitesse ou la force du sportif, insister sur les parties du corps qui sont le plus sollicitées, donner à voir la fatigue, la peur, la colère sur leurs visages, mais aussi réussir la transition entre les acteurs, parfois très connus – comme c’est le cas pour Emma Stone dans Battle of the Sexes – et leur potentielles doublures. Et puis, du point de vue de l’intrigue, le réalisateur et le scénaristes doivent pouvoir créer une tension, un suspense grandissant jusqu’à l’étape finale, celle du match, de la représentation, du moment où les personnages ont tout à jouer.

Le film sur le sport est donc bien plus complexe qu’il n’y parait, et ne vise pas simplement un public avisé. C’est ce que nous aurons l’occasion de démontrer chaque samedi du mois de novembre, en se concentrant tour à tour sur un réalisateur : Wiseman, un film : La rage au ventre, un sport : la boxe, et un aspect technique : la musique.


A retrouver chaque samedi pendant tout le mois de novembre, sur Silence Moteur Action :


 

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