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[Rétrospective Fin de sagas] Dragons : vous êtes entre de bonnes ailes

Le premier œuf éclot en Angleterre dans une série de livres intitulée How To Train Your Dragon (ou Harold et les Dragons en France), écrite et illustrée par Cressida Crowell et publiée en 2003. L’adaptation au cinéma deviendra la saga que nous connaissons désormais tous sous le nom de Dragons, mise au monde par le studio Dreamworks avec pour parents Dean DeBlois et Chris Sanders. Les deux auteurs s’approprient alors l’histoire pour proposer une vision moderne et imaginaire de l’univers mythologique des vikings, racontée à la manière d’un conte. Mais qu’est-ce qui fait réellement de Dragons une des meilleures franchises du cinéma d’animation ? Et pourquoi peut-on dire qu’elle est un véritable modèle pour les sagas ? 

Attention : cet article contient des spoilers concernant la fin de Dragons 3 : Le monde caché.

Le premier envol

Si en 2010, Disney et Pixar sont au summum de leur créativité avec un enchaînement de succès tels que Ratatouille, Là Haut, Wall-E ou encore Toy Story 3, les choses sont différentes chez DreamWorks. Malgré un bon accueil de Shrek, Kung-Fu Panda et Madagascar, le studio ne parvient pas (encore) à rivaliser avec les maîtres de l’animation.

On reproche à DreamWorks un ton trop basé sur l’humour et pas assez sur les émotions ou les personnages, mais cela va changer avec l’arrivée de Dragons. Il s’agit de la 4e saga initiée par le studio. Celui-ci fait appel aux créateurs de Lilo & Stitch et de Mulan : Chris Sanders et Dean DeBlois. Avec la démocratisation de l’image de synthèse dans les années 2000, Dragons fera partie de cette révolution du monde de l’animation car il s’agit, là aussi, d’un film réalisé par ordinateur. 

Une saga, une vraie

Il faut savoir que Dragons a toujours été pensé comme une trilogie sinon rien. En cela, chaque volet est complémentaire aux autres, ce qui fait de Dragons une vraie saga. Lorsque DreamWorks exige le second volet de Dragons, Dean DeBlois pose une condition avant de se lancer dans la réalisation : l’assurance d’un Dragons 3. Toute l’ambition de la saga se dessine alors : faire de Dragons un récit initiatique où les personnages peuvent grandir et évoluer.

Le personnage d’Harold passe en effet d’enfant à adulte au fil des longs-métrages. C’est là toute la force et la fonction première d’une saga : faire grandir ses personnages en même temps que son spectateur ! On remarque bien cette évolution en comparant les trois films qui passent d’un récit qui s’adressait surtout aux enfants à un récit adulte. De la même façon, la fabrication de la saga traverse le temps et s’y inscrit pleinement. En effet, elle grandit avec les changements et révolutions technologiques. Dans le premier épisode, seulement huit dragons pouvaient être rassemblés dans une même scène pour éviter au système de dérailler. Aujourd’hui, plus de 60 000 dragons peuvent être cumulés dans une scène, ce qui donne lieu à des séquences spectaculaires dans Dragons 3 : Le monde caché. Le dernier volet profite par ailleurs de nouveaux logiciels, pour le traitement de la lumière notamment, tel que « Torch ».

L’atterrissage

Les Dragons suivent une réelle progression et vont de la rencontre (entre Krokmou et Harold), à l’apprentissage du vivre ensemble pour aller vers l’au revoir. On retrouve dans les trois opus des thèmes chers aux créateurs qui mettent souvent en parallèle l’épanouissement personnel, la quête d’identité avec le mode de vie d’une société et ses problématiques. Le rapport à soi et le rapport à l’autre sont décortiqués en profondeur au fur et à mesure que la narration des films avance.

Une évidence s’impose alors une fois que l’on a fait le tour de tous ces thèmes : il faut finir la saga. Dragons 3 : Le monde caché s’en charge intelligemment car ce dernier film traite justement de l’au revoir et du sacrifice. Si Krokmou et Harold sont forcés de se dire adieu, il en est de même pour le spectateur avec le trio de films. Ainsi, la conclusion est d’autant plus émouvante et n’hésite pas à mettre un point final nécessaire à la fin d’une belle histoire. Et aussi dur que cela puisse paraître, c’est d’autant plus beau lorsque l’on comprend que la saga elle-même nous dit au revoir.

Toujours pensé comme une saga, Dragons a su s’imposer comme l’une des meilleures dans le cinéma d’animation. Et comme toute bonne chose à une fin, la conclusion de Dragons a habilement réussi à laisser son spectateur voler de ses propres ailes. 


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