[Rétrospective] La fête foraine au cinéma, l’envers du décor

Approchez approchez, mesdames et messieurs ! A l’occasion de la sortie de The Greatest Showman de Michael Gracey et de Wonder Wheel de Woody Allen, Silence Moteur Action vous propose un tour d’horizon des films qui ont abordé de près ou de loin le thème de la fête foraine, du parc d’attraction ou du cirque.

John Travolta dans un « palais du rire » dans Grease, Charlie Chaplin dans un labyrinthe de miroirs dans Le Cirque, Audrey Tautou dans un train fantôme dans Amélie Poulain... Les scènes de fête foraine se succèdent au cinéma et ne se ressemblent pas. De la comédie à l’épouvante en passant par le thriller et le drame, tous les genres peuvent être propices à un petit tour de manège. Il faut dire que fête foraine et cinéma sont deux milieux du divertissement intimement liés : c’est au cœur de ce lieu bien particulier que le 7ème art a commencé à se développer à la fin du 19ème siècle. Mais pourquoi les réalisateurs semblent-ils autant apprécier ce décor ?

De l’émerveillement à l’angoisse

D’un point de vue visuel, la fête foraine est un objet d’étude plus qu’intéressant pour un cinéaste : comment retranscrire l’aspect vertigineux d’une grande roue, la rapidité d’une montagne russe ou la douceur d’un carrousel ? C’est l’occasion pour lui de jouer sur la lumière, sur le mouvement. Bien évidemment, cela entraîne également des contraintes techniques : comment amener la caméra en haut d’un manège ? Vaut-il mieux tourner en studio, en extérieur?

Mais la fête foraine et le parc d’attraction ne sont pas intéressants que visuellement, et sont parfois au cœur de certaines intrigues. Si certains cinéastes ne s’en servent que comme un décor pour une scène, d’autres se sont attaqués directement à ce milieu très singulier. Car le monde forain s’accompagne aussi de conditions sociales particulières, avec de l’instabilité, de la pauvreté, voir de l’insécurité. On peut citer notamment De l’eau pour les éléphants ou Elephant Man, qui montrent l’envers du décor des cirques et sideshows, de leurs bêtes de foires, de leurs animaux et leurs employés maltraités. Car s’ils sont des milieux du divertissement et de magie, les cirques et les parc d’attractions sont également des lieux de faux-semblants. Que se passe-t-il réellement en coulisses ?

De cette dualité, cette ambivalence vont naître des atmosphères très différentes, sur lesquelles le cinéaste peut également jouer. D’un côté, le parc d’attraction est un lieu de divertissement, de joie. C’est le lieu des rencontres et des rapprochements, comme dans N’oublie Jamais, des fins heureuses dans Grease, de l’émerveillement et de l’enfance, comme lorsque Walt Disney visite son propre parc dans Dans l’ombre de Mary. Mais certains réalisateurs vont profiter de ce cadre pour faire surgir d’autres émotions, comme la nostalgie ou l’angoisse. La fête foraine devient alors un lieu de cacophonie et de chaos, les lumières sont éblouissantes, les manèges sont trop rapides, trop bruyants. C’est ainsi que de nombreux films d’horreur ou à suspens se passent dans les fêtes foraines. On pense notamment à Destination finale 3, dans lequel un wagon de montage russe déraille à cause d’un appareil photo, ou à Bienvenue à Zombieland, dans lequel Woody Harrelson, Jesse Eisenberg et Emma Stone se battent contre des zombies depuis une grande roue ou un stand de tir. Parfois, le surnaturel est de la partie, comme c’est le cas pour Le Prestige. Mais la plupart du temps, le cinéaste choisit un cadre et une intrigue réalistes, dans lesquels surgit l’aspect grandiose de la fête foraine, un lieu créé par l’homme comme pour s’évader de sa condition.


Tout au long du mois de janvier, découvrez dans notre rétrospective Fête foraine :


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