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[Rétrospective] Danny Elfman : de Paris au monde entier

« Emmerdeur ». Ainsi aime se définir lui-même Danny Elfman. Chez le public, « extravagant », « sombre » ou « magique » sont davantage les adjectifs attribués au compositeur musical. Père du thème principal de Beetlejuice, des Simpson, d’Edward aux mains d’Argent (dont nous vous parlions plus spécifiquement ici) ou encore de Spider-man (voir lecteur YouTube ci-dessus), Danny Elfman est en fait un OVNI dans l’univers des bandes originales au cinéma. Tout du moins il adore le laisser croire.

Si on devait classer le travail de Danny Elfman dans un tiroir, il serait sans douté rangé dans celui du merveilleux. Une belle partie de ses œuvres les plus connues ramènent vers des films où l’étrangeté, la féerie ou le fantastique est roi. C’est en cette période de fêtes, de lumières dans la nuit et de bonhommes de neige (et parce qu’il est la voix chantante de Jack dans L’étrange Noël de Mr.Jack) que nous avons décidé de lui consacrer notre rétrospective mensuelle. Les articles seront ponctués d’interventions de Danny Elfman lui-même que nous avons recueillis lors de sa venue à Paris en septembre dernière, à la Philharmonie.

Un touche à tout

D’où sort Danny Elfman ? Le compositeur s’inscrit en haut de la liste des plus connus des spectateurs, avec, entre autres, Hans Zimmer (Pirates des CaraÏbes, Le Roi Lion, Gladiator, Pearl Harbor,…), Ennio Morricone (Le Bon la brute et le truand, Les Huits Salopards, Il était une fois dans l’ouest,…), ou encore John Williams (Les dents de la Mer, E.T., Jurassic Park, Star Wars,…).

Certaines de ses compositions sont devenues des classiques dans la culture populaire, comme la musique de Spider-man de Sam Raimi ou de Batman de Tim Burton. Cette dernière a d’ailleurs été reprise pour le générique de la série d’animation dédiée à l’homme chauve-souris, diffusée durant plusieurs années sur les télévisions du monde entier (en France, d’abord sur Canal+ pour finir chez les inoubliables Les Minikeums sur France 3 !).

Nommé quatre fois pour l’Oscar de la meilleure musique de film, Danny Elfman sort pourtant de nul part. L’Américain mène une adolescence normale et n’y connaît rien en musique… Jusqu’à ce que la France s’en mêle (un peu de fierté, allons-y!) : après le lycée, il monte dans l’avion et traverse l’Atlantique direction Paris où il vient rejoindre son frère aîné. Par hasard et curiosité, il tente d’apprendre le violon et part jouer dans les stations de métro de la Capitale. Un échec selon lui, puisqu’il dit être très mauvais à cet instrument. Mais la fibre de la musique ne quittera plus Danny Elfman.

 

«Emmerder le monde était ma conception du fun »

Il rejoint Oingo Boingo, le groupe de musique créé par son frère. Là, comme tous les membres du groupe, il touche à tout (il chante, joue différents instruments, y compris du violon…). « Quand j’ai intégré le groupe de rock, je n’avais qu’une seule intention : emmerder tout le monde. J’étais un sale gosse, admet Elfman. Dans mes textes, j’essayais toujours de me mettre dans la tête d’un personnage et de chanter en me mettant à sa place. De cette manière, je pouvais autant porter offense à la gauche qu’à la droite. Je m’autorisais à insulter tout le monde, vu que j’insultais tout le monde de manière égale. C’était ma conception du fun ». Un côté anticonformiste que le destin a pris en main. Dans le public régulier du groupe, un réalisateur : Tim Burton. Le cinéaste fou, père de Mars Attacks!, raconte¹ : « Avant de travailler pour le cinéma, j’allais les voir dans des clubs. J’ai toujours aimé leur musique. De tous les groupes que j’allais voir, c’est eux qui semblaient composer la musique la plus narrative et la plus cinétique ». Tombé donc par hasard sur Danny Elfman, il commencera avec lui, d’abord avec le film Pee-Wee Big Adventure, une collaboration sur plusieurs années. Leur dernière oeuvre commune en date est Dumbo, sorti en mars 2019.

Après près des années passés sur les plateaux de tournages, le compositeur cherche aujourd’hui de plus en plus à se tourner vers la musique symphonique. Découvrons ensemble, au fil des semaines, qui se cache derrière cette personnalité haute en couleur.

¹ Dans un entretien entre Tim Burton et Mark Salisbury, publié aux éditions Points, 2009.


A découvrir chaque jeudi du mois de ce décembre dans notre rétrospective spéciale Danny Elfman :

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