[Rétrospective Danny Boyle] 127 heures (2010)

Unique collaboration entre James Franco et Danny Boyle, 127 heures est un survival tiré de l’histoire vraie de Aron Ralston. Notre premier Harry Osborne devient ici un jeune homme casse-cou et fou d’aventures. Lui-même formé aux secours et habitué aux randonnées solitaires, il n’hésite pas à visiter des canyons avec son simple sac à dos rempli du minimum pour se débrouiller en cas de problème. Et c’est ce minimum qui va plonger le spectateur dans un survival angoissant alors qu’un rocher coince le bras de Aron dans un étroit canyon de l’Utah. Le titre 127 heures fait évidemment référence au temps qu’il faudra au randonneur pour connaitre son destin.

Un personnage. Un lieu. Comment faire de 127 heures une histoire captivante ? Danny Boyle a su répondre avec une structure du récit très particulière et un montage surprenant. Aron, joué par James Franco, se coince le bras dans les vingt premières minutes du film. A partir de là, 127 heures avance de deux manières alternées. Tantôt le public est avec Aron dans ce canyon, tantôt il suit les souvenirs du jeune homme sous forme de flash-back. Deux techniques très opposées donc, mais qui révèlent toutes deux la souffrance psychologique de Aron.

Un survival à plusieurs facettes

Dans la première, il y a deux caméras : celle de Danny Boyle et celle du personnage. Pour transmettre son histoire à ses proches, mais aussi pour se réconforter, soulager sa conscience et son fardeau, l’intrépide promeneur enregistre sur son caméscope personnel tout un tas de messages. Ils sont directement retransmis sur l’écran du spectateur comme s’il découvrait ces vidéos de lui-même. Un lien plus fort se crée instantanément puisqu’Aron se livre complètement. Ce procédé permet de suivre la régression de son état psychologique. La seconde caméra dans le canyon est celle de Danny Boyle. Elle, justifie l’avancée technique du randonneur : la manière dont il rationne son eau, son acclamation aux différences de températures ou encore la façon dont il essaie de travailler la pierre qui lui bloque le bras. Cette caméra reste très proche de lui du point de vue physique et elle ne triche pas avec l’étroitesse du canyon, ce qui renforce d’autant plus la sensation d’oppression pour le spectateur.

La seconde technique, retrouvée à plusieurs instants de 127 heures, est l’utilisation des souvenirs d’Aron sous forme de flash-back. De quelques secondes à plusieurs minutes, ces retours dans le passé permettent de mieux s’imprégner de la personnalité et de la vie du personnage principal. Le connaître lui, sa famille ou ses proches, donne un véritable enjeu à la réalisation de Danny Boyle puisque le public compatit et s’attache humainement à lui. Mais ces souvenirs, dans lesquels apparaît notamment Clemence Poesy dans le rôle de la petite-amie, donnent aussi à Aron la possibilité de respirer et de s’échapper quelques instants du malheur qui le frappe dans ce canyon. Au fur et à mesure, ces remémorations de bons souvenirs lui font se rendre compte de l’importance de chaque petit moment du quotidien. Cela a une répercussion sur sa vie en temps réel, dans le canyon. Alors que le temps passe et qu’il fait défiler ses souvenirs, on voit qu’Aron prend plus de plaisir avec les rares choses qui l’entourent bien qu’il soit coincé. La moindre fourmi qui passe devient, pour lui, un instant fabuleux dans lequel il puise un peu de force pour rester en vie.

Avec un budget de 18 millions de dollars, 127 heures est une œuvre majeure dans la carrière de James Franco comme dans celle de Danny Boyle. Le film fera près de 350 000 entrées en France. Sa durée assez courte, son intensité et sa diffusion régulière sur les chaînes de télévision françaises font de cette réalisation une des œuvres de Danny Boyle les plus connues du grand public avec Slumdog Millionaire ou encore Trainspotting.

A découvrir également dans notre rétrospective Danny Boyle :
– Petits Meurtres entre amis (1995)
– La Plage (2000)

 

 

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