[Rétrospective] Le biopic : de la réalité à la fiction

S’ils existent depuis le début du cinéma, les films biographiques ont ces dernières années envahi les salles obscures. Au mois de septembre 2017, ils ne sont pas moins de trois : Barbara, de Mathieu Amalric, Le Redoutable, de Michel Hazanavicius, ainsi que Gauguin d’Edouard DelucRetour sur un genre plus complexe qu’il n’y parait.

Le biopic, ou film biographique, retrace une partie de la vie d’une personne existant ou ayant réellement existé. Cette personne, elle, peut venir de tous les milieux imaginables : elle peut être un homme ou une femme politique (Le discours d’un roi, La dame de fer), un entrepreneur (Steve Jobs, The Social Network), un artiste (musicien, avec Django ou Cloclo ; acteur, avec Chaplin ou James Dean ; auteur avec Neverland ou Dans l’ombre de Mary), ou même un anonyme rendu célèbre par ses exploits (Sully, 127h).

Mais est-ce là le seul moyen de définir ce genre cinématographique ? Le succès d’un biopic ne dépend-il que du choix du protagoniste ? Qu’est-ce qui fait un bon biopic, et pourquoi ce genre passionne-t-il autant les spectateurs et les cinéastes ?

« Les gens ont besoin de leur histoire. Ils ont besoin de savoir que de vrais hommes ont bel et bien vécu ici. » (Jackie)

Qu’ils soient politiques, artistes, entrepreneurs ou même anonymes, tous ces hommes et ces femmes de biopic ont un point en commun : un destin extraordinaire, qu’ils ont embrassé, non sans difficulté ; par obligation, par vocation ou par hasard. Ces êtres humains, devenus personnages, ont été choisis par les cinéastes car leur sagesse, leur courage, leurs choix, leurs malheurs ou même leurs défauts, peuvent nous servir d’exemples, de modèles ou de contre-modèles, nous inspirer ou nous faire prendre conscience. La réalité de leur existence donne d’autant plus d’autorité à leur personnage et à leurs actions. C’est par ce qu’ils ont vraiment existé que leur message qu’ils transmettent est aussi fort.

Cependant, une chose est sure : le biopic n’est pas un documentaire, et souvent, la frontière entre fiction et réalité se brouille. Si bien sûr, le film biographique a souvent un but informatif, permettant aux spectateurs de découvrir une facette parfois moins connue d’une célébrité, il reste avant tout une œuvre de création cinématographique. Nous le voyons avec Barbara, Le Redoutable ou encore Jackie, sorti il y a quelques mois : le biopic ne consiste pas en une simple reconstitution chronologique de la vie d’une personne ayant existé. Le regard porté sur cette vie est également un prétexte pour le cinéaste de s’exprimer artistiquement.

Durant tout le mois de septembre, le biopic sera analysé sous quatre aspects différents, qui permettront de détacher des points communs et des divergences, et de voir au delà du simple « récit d’une vie » : une figure, celle du héros ; une catégorie, le biopic musical ; un scénariste, Aaron Sorkins ; un thème, le temps.

Samedi 9 septembre : le biopic musical

Les airs de leur musique nous ont inspirés, bercés, fait pleurer ou danser ; nous les avons souvent entendus, peu vus : c’est peut-être une des raisons pour lesquels les musiciens sont un sujet privilégié de biopics. De I’m not there à Control, en passant par Last Days, le biopic musical permet d’éclairer la carrière d’un artiste mais aussi de révéler ses facettes cachées, tout en jouant avec la contrainte de fidélité que la musique impose au cinéaste.

Samedi 16 septembre : Aaron Sorkin

Dans sa carrière, Aaron Sorkin a écrit deux grands biopics, mettant en avant deux entrepreneurs : Steve Jobs, dans un film éponyme, et Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, dans The Social Network. Chez Sorkin, tout tourne autour du dialogue, qui, au delà du réalisme, crée un effet théâtral et apporte une certaine puissance à ses réalisations. Zoom sur la patte de l’un des plus grands scénaristes d’Hollywood.

Samedi 23 septembre : le héros du biopic

La place du protagoniste dans le film biographique semble au premier abord centrale, jusqu’à donner son nom au titre, comme c’est le cas pour Sully, Jackie ou Steve Jobs. A l’inverse, c’est également grâce au biopic que le personnage principal acquière sa figure de héros. A quoi sert donc véritablement le héros dans le biopic ? N’est-il qu’un prétexte au film ou élément indispensable de son succès ?

Samedi 30 septembre : la temporalité dans le biopic

Comment résumer une vie en quelques heures ? Voici le défi relevé par de nombreux cinéastes s’attaquant au biopic. Loin du récit de vie chronologique, de nombreux films biographiques proposent un traitement du temps original, entre flash-back, ellipses temporelles, mises en abîme et compte à rebours. Toute la complexité d’une vie, en bref.


Et en plus, retrouvez nos critiques de biopics :


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