Série tv : Red Band Society, la dramedy de la FOX

On vous parle aujourd’hui de Red Band Society diffusée officiellement le 17 septembre dernier. On dit « officiellement » parce qu’en vérité le pilot circule sur internet depuis le mois d’août. Si vous êtes passé à côté et que vous hésitez encore à vous jeter à l’eau, on vous dit ce qu’on a pensé de ce premier épisode sur Silence Moteur Action.

De quoi ça parle ? Red Band Society explore le quotidien des enfants malades d’un service pédiatrique de Los Angeles. Pour beaucoup l’hôpital c’est le lieu où tout fini, mais pour eux, c’est celui où tout commence…

 

We few. We happy Few.

Leo (Charlie Rowe), amputé en pleine chimiothérapie, Jordi (Nolan Sotillo), futur amputé, Emma (Ciara Bravo), anorexique, Kara (Zoe Levin), pompom girl dans l’attente d’une greffe de cœur, Charlie (Griffin Gluck), dans le coma suite à un accident et Dash (Astro), atteint d’une insuffisance respiratoire, sont des adolescents qui n’étaient probablement pas destinés à se rencontrer et qui vont pourtant vivre les moments les plus intenses de leurs jeunes vies ensemble. Réunis par des circonstances exceptionnelles, ces adolescents unis face à une guerre – la maladie -, face un ennemi – la mort -, forment une société secrète : la « Red Band Society » (« La Société des Bracelets Rouges »).

Une pompom girl accroc au crack et autres substances illicites totalement insupportable se baladant en perfecto et blouse raccourcie pour l’occasion, un comateux qui ne parvient pas à se réveiller malgré ses efforts et qui rentre en contact avec les autres lorsqu’ils sont inconscients, une reine qui voit une rivale envahir son royaume, un séducteur maladroit, escroc jouant au mort dès que la situation le requiert, un alter ego, voilà ce qui compose vraiment l’armée de Henri V ie Leo, leader solitaire, âme et force de la « Red Band Society ». Fini la cour du lycée, ces ados-là ne peuvent plus tricher, ils doivent affronter la vie et le regard des autres, à commencer par ceux du groupe. Aucune fausse note au casting, tout sonne juste. On veut croire à ces « happy few ».

Un teen drama vitaminé

 Red Band Society a la difficulté de devoir représenter les vies d’adolescents ordinaires confrontés à l’urgence, à la peur que génère l’idée de sa propre mort et celle des autres. Car bien qu’ils fassent preuve d’une grande maturité parfois et se montrent capables de grands discours philosophiques sur la vie, ils n’en restent pas moins des adolescents avec des préoccupations d’adolescents. Souvent aidés par l’équipe soignante et les vigiles qui forment un groupe qu’on aura plaisir à voir évoluer, composé notamment de la géniale Octavia Spencer (Le Transperceneige, La Couleur des Sentiment) dans le rôle, taillé sur mesure, de l’infirmière Jackson autrement nommée « Scary Bitch », Leo, Dash et les autres tentent de vivre tout simplement. Des courses de fauteuils, des sorties non autorisées, de la fumette dans des locaux à l’écart, des fêtes d’adieux sur les toits, utilisant leurs maladies pour obtenir ce qu’ils veulent, impliqués dans des histoires d’amour qui peuvent vraiment mal tourner… c’est cela aussi la vie des enfants malades à LA. L’équipe soignante doit jongler entre l’univers de l’hôpital qui requiert de la rigueur, qui doit veiller au respect des règles et la nécessité de laisser de l’espace à ces enfants pour qu’il puissent grandir, pour qu’ils puisse vivre même si ils en profitent pour les embobiner. Bien écrite, efficace la série de la Fox, inspirée d’une série espagnole adaptée un peu partout, portée par Margaret Nagle (Boardwalk Empire) nous offre un nouveau teen drama frais, drôle et touchant à la fois.

L’hôpital en mode pop culture

Red Band Society ne ressemble à aucune série. Ce drame médical aux allures de teen drama rappelle en revanche les dramedys américaines de ces dernières années telles que Juno, Little Miss Sunshine ou encore It’s Kind of a Funny Story. Tout y est, la voix off, les pauses, les noms des personnages griffonnés. L’introduction semble très largement inspirée de ces films mais ça lui réussi plutôt bien. La voix off, certes très présente, est plus que nécessaire pour que Charlie soit un membre à part entière du groupe. On notera aussi l’importance de la musique pop, omniprésente, qui s’inscrit parfaitement dans cet univers qui se veut certes sans faux semblant mais quand même doux et rassurant. Car non l’hôpital n’apparaît jamais comme un lieu angoissant. Saturé de leurs effets personnels, il est l’extension de leurs chambres d’adolescents, il est à la fois leur terrain de jeu et le lieu le plus intime qui soit. Les salles sont spacieuses, lumineuses, plusieurs scènes ont lieu à l’extérieur, sur les toits, dans un gymnase, dans le bus. Tout est fait pour montrer que l’hôpital n’est pas un lieu clôt, qu’il n’est en aucun cas un mouroir et que nos happy few ne se définissent pas seulement par lui. Ni voyeuriste, ni condescendante, on retrouve bien dans Red Band Society l’écriture franche et désarmante qu’on peut observer dans Juno. Le ton y est à la fois cynique et drôle. Il dédramatise souvent les situations forcément tristes auxquelles sont confrontés les personnages. Le tout fonctionne à merveille.

Vu par seulement quatre petits millions de téléspectateurs, les premières audiences de Red Band Society sont décevantes, surtout pour une chaîne comme la Fox. Il semble donc que les fuites du pilot n’ont pas été sans conséquences, ce qui ne veut pas forcément dire que le prochain épisode ne verra pas son audience remonter. On croise les doigts pour cette très belle série…

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