[Critique] Primaire : réalisation passable, continuez vos efforts !

Dans La Tête Haute, Sara Forestier jouait une mère complètement perdue, avec un fils violent et pas vraiment amateur de l’école. Aujourd’hui, l’actrice passe de l’autre côté et joue le rôle d’une professeure des écoles dans Primaire, réalisé par Hélène Angel. Elle s’occupe d’une classe de CM2. On comprend très vite que, dans ce métier, chaque année est différente de la précédente. Mais les quelques semaines passées avec Florence (Sara Forestier) et ses adorables monstres vont être spéciales. Cette année, la maîtresse est également la maman d’un des élèves ! Avoir son fils comme élève n’est pas toujours simple, notamment lorsqu’il existe déjà des problèmes familiaux dans le cadre privé. S’ajoute à cela un autre élève, Sacha (joué par Ghillas Bendjoudi) au cas particulier et compliqué : il va prendre un peu trop de place dans la vie privée de ce duo mère/fils et des rivalités vont naître. Florence, elle, va trop s’investir.

C’est à l’école, tagadagada !

Comme pour Mon maitre d’école, film de Emilie Thérond sorti en début d’année 2016, le spectateur trouvera forcément quelque chose le replongeant dans ses années de primaire. Il peut s’agir d’une chanson, d’une activité, d’un exercice ou simplement d’une ambiance. Calcul mental sur une ardoise, histoire de la mythologie grecque, ou simple remarque impromptue et inattendue d’élèves encore dans la fleur de l’innocence… Certains codes de l’école traversent les années et les générations. Grâce à cela, Primaire possède cette espèce d’universalité, ce pouvoir de toucher un public de 7 à 77 ans. Et comme pour Mon maître d’école, la nostalgie frappe le spectateur de plein fouet à différents moments du film.

Ghillas Bendjoudi, le noyau de Primaire

Primaire offre une photo de classe avec des élèves assez banals. Des camarades comme tout le monde en a déjà eu : le petit étudiant modèle, la bande de rigolos, les timides, les casse-cous. Mais il y a forcément le jeune garçon à problèmes, celui dont les conditions familiales pèsent sur le travail fourni en cours. Et sa psychologie à lui est très bien développée. Le public est face à un enfant colérique, parfois très affectueux, mais assurément victime de l’absence d’une cellule familiale stable. En découle un caractère instable, parfois violent. Ghillas Bendjoudi, interprète du petit Sacha, joue extrêmement bien ce rôle. Force est de constater qu’il est l’un des principaux atouts de Primaire. Casting réussi par Hélène Angel ou simplement bonne performance inattendue de Ghillas Bendjoudi ? En tout cas, ça marche ! Et plus largement, les différents élèves, les professeurs, assistants d’éducations et autres membres du personnel encadrant sont assez convainquants. A noter, la prestation de Albert Cousi, le fils de Florence, très bon devant les caméras.

Les jolies colonies de vacances

Sara Forestier est, elle aussi, efficace, mais toute sa performance s’effondre lorsqu’elle joue en compagnie de Vincent Elbaz. Leur duo n’est, premièrement, absolument pas crédible en tant qu’acteurs, mais en plus, leur lien n’a aucunement lieu d’être dans le film : forcé et à la limite du ridicule, il n’apporte rien à l’intrigue. Certaines scènes sont presque gênantes puisqu’elles sont tout bonnement mal jouées.  Un autre point brise la crédibilité et le réalisme de cette classe : tous les élèves rigolent, constamment. Admettons que la primaire soit le passage scolaire le plus sympa, le plus drôle et le moins contraignant. Les élèves de Primaire ne sont jamais fatigués, ne travaillent jamais en silence, ne font jamais des exercices de réflexion personnelle… ils ne bronchent simplement jamais, comme si les cours de Florence étaient la perfection même. Il peut arriver de tomber sur de très bons professeurs, mais cette ambiance mielleuse et cette classe absolument harmonieuse sonne complètement faux. En ce sens, la mise en scène est malhabile. Heureusement que le naturel des élèves sauve une bonne partie de cela.

Conclusion : Finalement, peu de gros enjeux dans Primaire. L’histoire principale met du temps à démarrer, on s’ennuie les premières vingt minutes du film. Le reste est assez convaincant. Le spectateur se reconnait en certains élèves et en quelques situations. Un an après la sortie de Mon maitre d’école, original et prenant, Hélène Angel fait ici un film plutôt juste sur le milieu scolaire mais le résultat est complètement banal. C’est dommage, mais le prochain sera le bon, Hélène !

 

Primaire

Un film de Hélène Angel

Sortie le 4 janvier 2017

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