Pourquoi j’ai arrêté de regarder Glee (et je le vis bien)

La nouvelle est tombée il y a quelques jours. Au milieu des rumeurs qui voyaient l’ultime saison de Glee dépasser les 24 épisodes, la FOX a finalement annoncé que la saison 6 ne compterait seulement que 13 épisodes. Rien de particulièrement étonnant pour une série dont le renouvellement tient déjà du miracle. Les jours heureux de la série (où elle dépassait régulièrement les 10 millions de téléspectateurs) sont terminés. Le public se détourne des aventures du Glee Club : pour preuve, environ 1,8 million de téléspectateurs ont regardé le dernier épisode de la saison 5. Et parmi ceux qui ont décidé d’arrêter les frais, un membre de la rédaction de Silence Moteur Action. Cet article relève d’une expérience personnelle vis à vis de la série et n’est absolument pas objectif. Par ailleurs, risque de spoilers pour les novices de la série. 

Le début de l’histoire d’amour

J’ai commencé Glee lors de la diffusion américaine de la première saison : cela devait être vers le milieu de la saison, quelque chose comme l’épisode 8 ou 9. C’était la première série dite « adulte » que je suivais en temps réel. Dès les premiers épisodes, j’ai été fan. Il existait un certain attachement entre elle et moi : je me retrouvais dans les personnages (bon d’accord, j’avais déjà du mal avec Rachel), j’aimais ses défauts, j’aimais son message et sans doute, qu’à l’époque, j’étais un peu moins regardante sur l’alliance fond et forme. Glee répondait à mes attentes et à ce que je voulais voir sur un écran. Elle me faisait rire. Elle me parlait. À travers elle, j’ai expérimenté les hiatus, le besoin d’avoir toujours plus d’informations et la connexion entre les téléspectateurs. Je partageais les promotions d’épisodes et discutais des épisodes avec des amies. Je cherchais les morceaux repris et je les écoutais à longueur de journée. J’étais une Gleek. Beaucoup blâment la saison 2 comme étant le début de la fin pour Glee. Ce n’est pas mon cas. Certes, la saison 2 marque l’apparition d’épisodes « meubles », juste bons à engranger de l’argent avec les téléchargements musicaux (comme le tristement nommé « La Ligue des bourreaux ») et l’apparition des guests insipides (alors, oui, je ne supporte pas Gwyneth Paltrow, vous voyez le problème ? ). Mais la série tient encore la route avec des storylines très intéressantes et une évolution plus ou moins cohérente des personnages. Et notamment, l’arrivée de Blaine Anderson (joué par Darren Criss). Mentor de Kurt, Blaine s’impose vite comme un essentiel à la série. Dans mon petit coeur de fan, c’est le personnage qui va me faire tenir pendant les deux saisons suivantes. 

Et là, c’est le drame. 

Non pour moi, la saison 3 a été celle qui a marqué un brusque changement dans la manière d’envisager la série. Glee ne faisait plus du Glee : elle faisait du fan service à outrance. Les épisodes hommages se succédaient (Michael Jackson puis Whitney Houston) et là où j’avais apprécié Glee pour sa playlist éclectique, l’apparition de plus en plus régulière de titres actuels me mettait mal à l’aise. Il y avait évidemment une question d’argent là dessous. Le scénario en a pris un coup : plus besoin d’écrire quelque chose de profond puisque les chansons servaient de scénarii en elles-mêmes. Bonjour incohérences scénaristiques et situations tarabiscotées (triangles amoureux sans fins et sans fonds) dans le seul but de mettre en scène la chanson voulue (je parle de l’épisode hommage à Whitney Houston).
Malheur : Glee se prenait au sérieux. La saison 3 marque ma première tentative d’arrêter de regarder la série. J’ai arrêté à l’épisode 9 pour reprendre lors de la sortie de l’épisode 15 (uniquement parce que c’était un épisode Blaine-centric) et j’ai suivi le reste de la saison du coin de l’œil. Oui, parce que je n’en avais plus rien à faire de ce que pouvait devenir le Glee Club. Entre le couple Rachel-Finn (insupportable, irréaliste), tellement amoureux qu’ils passent à l’acte en guise de compensation de l’échec de Finn à intégrer l’Actors Studio et la stupidité de Tina (et de la morale : « tu fais partie du décor depuis trois saisons mais ça changera l’année prochaine puisque Rachel s’en va »), je commençais à atteindre mes limites. Et ne me lancez pas sur la pseudo campagne de sensibilisation aux dangers de téléphoner au volant : Quinn se retrouve dans une chaise roulante mais au bout de 5 épisodes, elle est de nouveau sur ses pieds. Convaincant, n’est-ce pas ? Une morale d’autant plus douteuse avec la storyline des auditions de Rachel et Kurt : Rachel la rate tandis que Kurt la réussit parfaitement. Mais comme Rachel est faite pour être une star, elle arrive à entrer à la NYADA alors que Kurt est laissé sur le carreau. Oui, ça marche comme ça dans la vie. Et aussi le fait que la totalité des élèves du Glee Club veulent percer dans le show business : parce que sur 10 gamins, il n’y en a pas un qui veut devenir policier, journaliste, infirmier. Nada.

La saison 4 : les espoirs déçus

Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, j’étais plutôt confiante pour la saison 4. Comprenez-moi : Rachel n’est plus au lycée et toutes les têtes à claque l’ont suivies. Je me disais que cela allait apporter un coup de fouet à la série. Et puis, j’ai regardé le premier épisode et j’ai compris que tout ça n’était qu’un rêve. Oui, on allait encore se coltiner Rachel et aucun des nouveaux personnages ne paraissaient avoir la stature pour s’imposer. Bon d’accord, Rachel était beaucoup moins insupportable (et c’était sympa de la voir avec quelqu’un d’autre que son Finn) et l’aspect New York était assez intéressant. Mais mince, pourquoi Glee n’arrivait pas à tourner la page ? Son but, c’est de montrer le quotidien de lycéens faisant partie d’un Glee Club, pas de suivre une dynastie sur chaque marche du podium. C’était ce qu’on nous avait promis (avec un modèle à la Degrassi où les anciens élèves disparaissent à la fin de leur scolarité).
En fait, la saison 4, c’est tout ce que je déteste dans une série : des personnages plats, des storylines qui ne finissent pas, des facilités à la pelle et surtout un irrespect total envers les téléspectateurs. On a l’impression que chaque épisode a été écrit par des personnes qui n’avaient jamais regardé la série auparavant (ou alors, uniquement la saison 3). Ils pensent nous donner ce qu’on veut (avec des couples vus et revus) sans savoir exactement ce que c’est. Ce n’est plus la série qui me parlait. Je pourrais aborder la storyline des troubles alimentaires de Marley (l’un des nouveaux personnages) mais ce serait faire comme si elle avait été bien exploitée. Non, à la place, je vais aborder le célèbre épisode 4 « The Break Up » traduit par « Nos premiers émois ». Cet épisode est la preuve que les scénaristes ne savent pas sur quoi ils écrivent. Nous savions que les deux couples emblématiques de la série (Finn et Rachel, Kurt et Blaine) allaient se séparer dans cet épisode. Une situation finalement réaliste dans la vie de jeunes adultes. La raison de la rupture était toute trouvée pour Finchel (l’indépendance, savoir exister pour soi-même, se découvrir seul) et je me disais que c’était la même chose pour Klaine : une relation à distance n’est pas facile à entretenir. Sauf que non, les scénaristes ont préféré jouer la carte de la trahison, en ayant rien à faire des caractéristiques des personnages. Quelques épisodes auparavant, Blaine convainc Kurt d’aller vivre son rêve à New York et maintenant, vous nous dites qu’il l’a trompé parce qu’il se sentait seul ? Quoi ? Vraiment ? Alors que la trahison a été jouée et rejouée la saison dernière ? Mais quoi ? Vous nous prenez pour des jambons, c’est ça ?

Malgré ma colère, j’ai continué à regarder quelques épisodes et puis, j’ai finalement stoppé. J’ai aimé Glee et j’avais beaucoup de mal à la voir comme ça. Je pense que les producteurs peuvent me remercier d’avoir tenu aussi longtemps : j’ai acheté une grande partie de la musique fournie par la série. J’ai été une téléspectatrice lucrative pour eux. J’ai juste décidé que j’avais perdu assez de temps et d’argent. J’ai tout de même regardé l’épisode hommage à Cory Monteith en début de saison 5. C’est ce qui m’a convaincue que la série avait perdu son âme. Je me suis longtemps demandée ce qui avait pu transformer une série ayant gagné des Emmy et des Golden Globe en série passable, voire mauvaise. J’ai quelques éléments de réponse. Il faut savoir la qualité de la série a chuté au moment même du lancement d’une autre série de Ryan Murphy : American Horror Story (2011), une série qui l’enthousiasmait beaucoup plus. Il a également lancé The New Normal (2012). Il n’était ainsi concerné que de très loin par les aventures des lycéens de Glee. Le créateur de la série ne s’en occupait quasiment plus. Ce qui a également été fatal, c’est la conscience des producteurs d’avoir des stars dans le casting. Ils avaient conscience que la série (d’un point de vue musical) reposait sur la voix de Lea Michele. Ils ne pouvaient pas continuer sans elle (ou cela aurait été prendre un risque). Ils ont constamment vécu dans la peur de perdre les fans en faisant des choix drastiques (mais cohérents). Ils se sont donc cantonnés et enfermés dans leur propre bulle. Coupé du monde et des fans, ils se sont enlisés. Ils ont fini par lasser les téléspectateurs. Ils ont fini par me lasser, moi. 

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