Michel Gondry lance son usine de films amateurs

Mardi 14 janvier, le réalisateur Michel Gondry a présenté, lors d’une conférence de presse, les contours de son projet « d’usine de films amateurs » qu’il envisage d’ouvrir courant 2016. Un projet qui investirait une ancienne usine d’allumettes à Aubervilliers (Seine Saint-Denis). Une initiative originale prônant l’introduction de l’amateurisme dans le monde si professionnelle du cinéma.

UN PROJET GRATUIT ET OUVERT A TOUS

Le réalisateur de L’Écume des jours a signé une convention de financement avec la mairie d’Aubervilliers, propriétaire des lieux pour y installer cette usine de films amateurs (UFA). Michel Gondry souhaite créer dans les 1500 mètres carrés de l’usine un studio accessible à tous. Le principe est simple : des chambres à coucher, des décors, l’intérieur d’un train, une plage, des costumes seront mis à la disposition des apprentis cinéastes. Ils pourront ainsi venir avec un scénario et filmer en quelques heures leur propre film pour ensuite le visionner dans la foulée. 

Michel Gondry est un rêveur et à travers cette initiative, il veut permettre aux gens d’exprimer leur créativité de manière totalement gratuite. »C’est comme un parc d’amusement, les gens pourront venir faire des films, faire émerger leur créativité. C’était important pour moi que ce soit gratuit », précise-t-il lors de la conférence de presse.

Il avait testé l’idée à New-York, à Paris (au centre Pompidou), à Rio de Janeiro et à Sao Paulo. Mais ces initiatives ont rencontré un problème. « Ce projet a marché dans le monde, mais toujours dans un temps restreint et je souhaitais le pérenniser« , rappelle Michel Gondry.

Le travaux devraient commencer en septembre 2015 et l’usine de films amateurs pourraient ouvrir ses portes en mai 2016. Il reste tout de même à la Mairie d’Aubervilliers et à Michel Gondry de trouver 1,8 millions d’euros pour financer la réfection du bâtiment.

BE KIND, REWIND, UNE SOURCE D’INSPIRATION

Jack Black et Mos Def dans Be Kind, Rewind
Jack Black et Mos Def dans Be Kind, Rewind

Be Kind, Rewind, c’est l’ovni réalisé en 2008 par Michel Gondry. Un film génial qui lui a servi d’inspiration pour créer cette usine de films amateurs. C’est l’histoire de deux amis, Mike (Mos Def) et Jerry (Jack Black). Mike travaille dans un vidéoclub du New Jersey et Jerry, son ami loufoque, s’électrocute en tentant de saboter une centrale électrique. Après son électrocution, Jerry démagnétise toutes les VHS présentes dans le vidéoclub. Ils décident alors de faire des remakes à leur manière des films effacés. Ils appellent ça le « suédage ». Tout le quartier participe à ces remakes peu orthodoxes. À titre d’exemple, les deux compères décident de faire un remake du film Rush Hour 2.

Après la sortie du film, Michel Gondry a expliqué ce qu’était le « suédage ». « C’est faire un film avec soi-même pour soi-même. Ça n’est pas une compétition, ça a juste besoin de montrer qui vous êtes« , précise-t-il.

L’usine de films amateurs reprend cette idée. Laisser les gens montrer qui ils sont par le cinéma. Un projet à la fois plein d’utopie et d’une grande noblesse.

LA SEINE-SAINT-DENIS, LE NOUVEL ELDORADO DU CINEMA  FRANCAIS ?

Ce projet est une bonne nouvelle pour le cinéma mais aussi une très bonne nouvelle pour la Seine Saint-Denis. Le réalisateur d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind veut offrir un moyen aux habitants d’Aubervilliers d’utiliser leur énergie à réaliser des films. « Quand on va au-delà du périph’, il y a moins de musées, de cinémas, de théâtres, mais beaucoup d’énergie, de jeunes, d’envie » rappelle-t-il. C’est un message positif pour le 93.

Michel Gondry n’est pas le seul à vouloir faire d’Aubervilliers et de la Seine Saint-Denis le nouveau centre névralgique du cinéma français. Luc Besson a lui aussi ouvert en 2012 la Cité du Cinéma. On y trouve des plateaux de tournage pour le cinéma, une école de cinéma gratuite et sans condition de diplôme ainsi que des espaces pour l’évènementiel. Lors de sa conférence de presse, Michel Gondry a même évoqué la possibilité d’une collaboration avec la gigantesque structure de Luc Besson.

Luc Besson (source: The Film Stage)
Luc Besson (source: The Film Stage)

Avec la future usine de films amateurs, le 93 peut devenir une nouvelle place centrale de la création cinématographique française. Un bien pour un département au plus mal depuis plusieurs années.

Antoine Llorca.

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