Les titres des suites de film : Un nouvel art à Hollywood ?

Star Wars VII, James Bond 24, Avengers 2… Si en ce moment la mode est au biopic, au reboot, voire au remake à Hollywood, la suite, ou sequel, est aussi un procédé très prisé les scénaristes. Mais au risque d’en rajouter une couche et de lasser le spectateur avec un énième opus et des suites à rallonge, les Américains ont trouvé une solution qui cartonne en ce moment. Donner un numéro à la suite d’un film étant devenu une pratique has been, on se demande qui irait voir un Transformers 8 par exemple… Personne. Du coup, le sous-titre est de mise pour remplacer le numéro, quitte à intriguer le cinéphile ! Explications par Silence Moteur Action…

Le mot qui change tout

Faire une suite n’est pas simple à Hollywood. Il faut trouver l’idée du film qui saura surpasser, réinventer, voire égaler le premier opus. Trouver un titre n’est pas simple non plus. Il ne faut pas trop monter dans les numéros de peur d’effrayer les spectateurs qui ne seraient pas à jour dans la saga suivie. En France, un problème majeur se pose, c’est celui de la traduction ! Car comment ne pas rire face à un Les Dents de la mer 2 ou encore un Saw 6 ? Les jeux de mots ne manquent pas. Du coup, pour contourner ce problème, les titres s’adaptent. On a alors Les Dents de la mer : épisode 2. Pour l’autre exemple, laissons les gens rire de ce jeu de mot alimentaire… Nous noterons que nous avons été épargnés par un Saw 7 transformé en Saw 3D : Chapitre final.

Rajouter un mot suffit donc parfois à éviter le pire. Dans d’autres cas, changer légèrement le titre est aussi une solution toute trouvée. Exemple avec le film de Danny Boyle, 28 jours plus tard. Il aurait été absurde d’accoler un 2 au titre original afin d’en faire une suite puisque l’action n’arrive que des mois après l’histoire du premier. Du coup, l’histoire s’adapte au titre et vice-versa et nous obtenons 28 semaines plus tard. A quand le 28 mois plus tard ?

Le mot qui change tout : épisode 2

Ce n’est pas vraiment original de mettre un numéro à un titre de film pour signifier qu’il s’agît d’une suite. Alors que certains trouvent la parade comme Georges Lucas qui divise sa saga Star Wars en épisodes dont le titre est précisé à chaque fois, d’autres font fi du numéro comme Steven Spielberg et ses Indiana Jones. Disney fait de même pour ses Pirates des Caraïbes. Les numéros ne font pas, ou plus, partis des titres. L’effet est double : pouvoir regarder sans trop de difficultés les films dans le désordre et ensuite ne pas lasser le public en donnant l’impression de nouveauté, le complément du titre se chargeant de donner le ton !

A ce petit jeu, une saga s’en tire de manière formidable et ce depuis plus d’un demi-siècle : James Bond. Les titres de la saga ne contiennent pas le nom du héros (sauf James Bond 007 contre Dr. No) ni le numéro (nous en sommes déjà au 24 et 25ème actuellement en préparation), et il est tout à fait possible de ne pas regarder les films dans l’ordre. De plus, les James Bond sont toujours un carton assuré ! Brillant non ?

Le mot qui change tout : épisode 3 des sagas transmédias ?

Dernièrement, les réalisateurs raffolent des sous-titres qui viennent remplacer les numéros dans les suites. Avengers 2 devient ainsi Avengers : Age Of Ultron , Transformers 4 se change en Transformers : Age Of Extinction et Captain America 2 se métamorphose en Captain America : Le Soldat de l’Hiver. Remplacer le numéro par un titre plus long est donc devenu monnaie courante. Il suffit juste d’ouvrir l’œil pour l’année 2014 et 2015 : Le Hobbit, The Amazing Spider-Man, X-Men, La Planète des Singes, Jurassic Park…

Mais comment savoir dans quel ordre regarder les films pour ces cas là ? On ne peut pas. A priori, le nouveau créneau d’Hollywood est de pondre des films pouvant fonctionner de manière indépendante ne nécessitant pas forcément d’en avoir vu un pour regarder et comprendre l’autre. La saga initiée par Marvel Studios, Avengers, fonctionne ainsi par exemple, bien que pour une compréhension totale, visionner la totalité et dans l’ordre chronologique soit de mise. Toutefois, cette mode met en exergue le fait que ce mode de fonctionnement se rapproche de la définition de transmedia que nous avions esquissé sur Silence Moteur Action. Pour Avengers et X-Men, la définition est parfaitement adaptée ! Pour d’autres films comme Transformers 4, la question de savoir s’il s’agit d’une suite ou d’un reboot est omniprésente. A vous de trancher.

Que ce soit donc pour apporter une précision supplémentaire, éviter un jeu de mot ridicule ou encore ne pas lasser le spectateur, le terme de « suite » mérite d’être revu. Alors que certaines œuvres fonctionnent comme des prequels (ce qu’il se passe avant), ou que d’autres sont basées sur une histoire indépendante (un spin-off par exemple pour Fast & Furious : Tokyo Drift), le titre d’un film est souvent là pour nuancer quelque chose. Mais nuancer quoi ? Au delà d’une stratégie marketing, le sous-titre ou le complément de titre est devenu le meilleur moyen de faire une suite sans se poser l’éternelle question à propos d’une saga : mais quand est-ce que ça s’arrête ?

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