Le western au féminin

Projet maudit s’il en est, Jane Got a Gun débarque enfin sur les écrans le 27 janvier. Après moults changements de réalisateurs et d’acteurs, Natalie Portman elle, n’a jamais quitté le navire. Car ce western se veut féminin. Fait rare. Mais pas nouveau. Déjà dans les années 50, Grace Kelly, Veronica Lake ou encore Marilyn Monroe en sont des figures mythiques. Reste que la femme mettra un certain temps à s’imposer au premier plan. A l’occasion de la sortie du film de Gavin O’Connor, retour sur certains westerns qui ont faite la part belle à la gent féminine. Haut les flingues !  

Belles de l’Ouest (1994)

Et quatre pour le prix d’une. S’il ne restera pas dans les annales du genre, Belles de l’Ouest a au moins le mérite de mettre plusieurs héroïnes à l’affiche. En tête Madeleine Stowe. Entre Le dernier des Mohicans et L’armée des 12 singes, la brune à encore la cote à Hollywood. Elle incarne ici une prostituée. Mais lorsque l’une de ses amies est agressée, elle prend les armes et flingue son assaillant. Sauf que le pervers en question est un puissant général et que sa veuve, bien que cocu, a des envies de vengeance. Avec trois autres filles, elle décide de tailler la route pour aller vivre le rêve américain. Viendront se mettre sur leur chemin un sérieux problème d’argent, un cow-boy amoureux et des vieilles connaissances peu fréquentables. Mise en scène banale, histoire vue et revue, Belles de l’Ouest déçoit mais à le mérite d’oser. Comme un bras d’honneur au machisme, les femmes, encore une fois dépeintes comme des filles de joie, prennent les armes et dézinguent du cow-boy à tout va. Et ça, c’est quand même assez réjouissant.

Mort ou vif (1995)

Le western cartoon de Sam Raimi est sans doute l’un des plus connus lorsqu’on parle des femmes à la gâchette facile. Et pour son premier gros projet après la trilogie Evil Dead, le réalisateur a pu compter sur Sharon Stone. Dans la plus pure tradition du « revenge movie », elle campe Ellen. Cette dernière gagne la ville de Redemption pour gagner un concours de flingues contre le grand mogul local. Mort ou Vif fait davantage figure de plaisir coupable que de grand film. Doté d’une mise en scène survitaminée, d’une pléiade de seconds rôles (Gene Hackman, Keith David, Lance Henriksen…), l’attraction principale du film reste l’éternelle Catherine Tramell. Encore forte de l’aura de Basic Instinct, Sharon Stone en impose. Et pas uniquement à l’écran. C’est grâce à sa persévérance que la production débauchera le jeune Leonardo DiCaprio et l’inconnu Russell Crowe. Girl Power on vous dit !

 

Les Disparues (2003)

Encore un rôle de femme forte pour Cate Blanchett. Pour le western de Ron Howard (Au cœur de l’océan), elle incarne Maggie, une femme vivant isolée dans sa ferme du Nouveau-Mexique avec ses deux filles. Elle gagne sa vie comme guérisseuse alors que l’hiver arrive. Jusqu’au jour où un groupe d’Indiens enlève sa fille aînée et massacre ses deux collaborateurs. Délaissée par la police locale, Maggie va se lancer à la poursuite des ravisseurs, bien déterminée à faire parler la poudre. Les Disparues est une histoire de femmes et de famille. Pour la forte relation qu’une mère entretient avec ses filles mais aussi avec son père. Avec son casting impeccable, c’est presque la jeune Jenna Boyd qui volerait la vedette à Cate Blanchett, encore une fois impeccable.

 

True Grit (2010)

Le western des frères Coen marquait des retrouvailles très attendues. Celle des réalisateurs avec Jeff Bridges, le héros de leur film culte The Big Lebowski. Ce dernier venait d’être sacré aux Oscars peu de temps avant. Mais The Duc devra se contenter du second rôle. Celui du marshall Cogburn, qui va venir en aide à la jeune Mattie Ross (parfaite Hailee Steinfeld), bien décidé à venger son père, tué par l’un de ses employés. À la fois élégant, humain, sauvage et drôle, True Grit est l’un des plus beaux westerns des années 2000. Il fait lui aussi l’éloge du féminisme à l’époque des cow-boys bourrus à travers la quête d’une héroïne de 14 ans. Ça valait bien 10 nominations aux Oscars et un gros carton mondial.

 

The Homesman (2014)

Deuxième tour à Cannes pour autant de réalisations. Après Trois Enterrements, Tommy Lee Jones revient dans The Homesman. Et entouré de femmes pour l’occasion. Du lourd au casting donc. Meryl Streep qu’on ne présente plus, sa fille Grace Gummer (The Newsroom) ou encore Miranda Otto (Homeland). Mais celle qui tient le haut de l’affiche est la trop rare Hilary Swank. L’actrice, deux Oscars au compteur, joue une femme religieuse et farouchement indépendante. Elle prendra sous sa coupe trois femmes jugées folles et se lancera dans un long périple pour les amener chez un pasteur. Elle sera accompagnée d’un homme rustre, obsédé par sa promesse de récompense. Bien plus sage que son personnage, l’acteur / réalisateur offre un magnifique road trip féministe.

 

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