Jumanji – Bienvenue dans la Jungle : une bonne surprise

Depuis l’annonce d’un retour de Jumanji à l’écran, le mécontentement des fans ne s’est pas fait attendre. Annoncé peu après le décès de Robin Williams, comédien principal du premier opus, on y voyait là un opportunisme commercial plutôt malsain. L’annonce du casting, par la suite, avait aussi de quoi inquiéter. Dwayne Johnson et Kevin Hart ne correspondaient en rien à l’idée que l’on peut se faire d’un film Jumanji. La grosse machine commerciale était lancée et le concept du jeu vidéo, suffisamment éloigné du jeu de plateau initial, avait de quoi déshonorer l’œuvre originale. Rien dans ce projet ne pouvait ravir qui que ce soit, surtout venant du studio qui avait détruit le mythe Ghostbuster l’année d’avant.

Si rien de tout cela n’annonçait quelque chose de bon, force est de constater que Jumanji : Bienvenue dans la Jungle est un film étonnamment divertissant et efficace. C’est tout ce que l’on pouvait attendre de mieux pour un film qu’on aurait pu croire déjà mort dans l’œuf. Se retrouvant tous en colle en même temps, quatre lycéens font la découverte de la console Jumanji dans les sous-sols de leurs lycée. Ils se retrouvent alors coincés dans le jeu de société qui s’est transformé, comme par magie, en jeu vidéo dont l’explication est par ailleurs bien maigre. Ils vont devoir, à travers les avatars qu’ils ont choisis, passer les niveaux afin de sortir du jeu.

Une bonne comédie qui se joue des clichés

Jumanji : Bienvenue dans la jungle débute sur une accumulation de clichés typiquement issus du teen movie. Nous découvrons alors le nerd intello (Spencer), la première de la classe (Martha), l’adolescente obsédée par son téléphone (Bethany) et le quaterback en échec scolaire (Fridge). Les premières minutes du film sont très laborieuses, chaque personnage est amené sans une once d’inventivité là où il doit être, et fait exactement ce qu’on attend de lui. Bien heureusement, ce début est très court, et ne nous laisse à peine le temps de nous plaindre. Une fois lancés dans le jeu, les choses deviennent légèrement plus intéressantes.

Chacun ayant choisi un avatar qu’ils pensent correspondre à leur égo, ils se retrouvent par surprise dans les corps de Dwayne Johnson, Kevin Hart, Karen Gillan et Jack Black. Cette idée est celle qui offrira le plus de gags, par le détournement – certes maladroit, mais efficace – des corps des acteurs. La masse de The Rock se retrouve à être dirigée par le nerd qui a peur de tout, tandis que Jack Black donne un cours de drague à Karen Gillan dans l’une des scènes les plus drôles du film. Jack Black joue d’ailleurs le meilleur personnage du film : l’alter ego de Bethany est hilarant en étant totalement déboussolée sans son portable dans la jungle.

Le contraste entre l’attente évoquée par les comédiens et leurs personnages offre les meilleurs moments du film. C’est ce décalage qui fait que l’ensemble marche pleinement. Ainsi, l’évolution des personnages et leur alchimie naissante, simpliste et cliché au possible, passe parfaitement grâce à l’autodérision des comédiens. Le plaisir est présent dans le fait de voir des clichés jouer des archétypes diamétralement opposés à ceux que l’on connait.

Un traitement intéressant mais trop peu abouti

Ce point positif peut, paradoxalement, en être aussi le point négatif, puisqu’il met en exergue la plate intelligence du film, qui ne cherche jamais à réfléchir sur son concept. Pourquoi ne pas avoir poussé le concept jusqu’au bout et ne pas avoir coincé ces personnages dans un jeu de Playstation VR. Si le jeu Jumanji s’adapte à chaque génération, ce que nous explique le début du film, pourquoi les personnages sont fascinés par un objet du passé ? Si le concept dissimule les stéréotypes des personnages, parce qu’ils sont, par définition, des archétypes, il n’empêche que les personnages restent des clichés. En ce sens, le film se rapproche de Nerve : un teen-movie au concept et traitement intéressants, mais qui ne cherche jamais à dépasser ses codes.

Au-delà de ça, le concept du film jeux vidéo est plutôt bien traité et nous permet d’avoir affaire un film d’aventure agréable. Malgré tout, sa réalisation est sans fulgurance et très convenue. Il faut dire que Jake Kasdan n’a pas une filmographie fameuse. Il était précédemment à la tête de SexTape et Bad Teacher avec Cameron Diaz, des comédies potaches peu mémorables, assez éloignées du travail de son père, Lawrence Kasdan, que l’on connait comme scénariste des Aventuriers de l’Arche Perdue (S. Spielberg, 1981) ou de L’empire contre-attaque (I. Kershner, 1980). On sent ceci dit l’influence évidente de films d’aventures comme Indiana Jones, ou A La Poursuite du Diamant Vert (R. Zemeckis, 1984), notamment une scène dans un marché où l’on retrouve l’exotisme de ces œuvres cultes, sans jamais arriver à leurs chevilles.

Conclusion : sans grande intelligence, Jumanji : Bienvenue dans la Jungle arrive tout de même à être une très agréable surprise. Plutôt fun, le film passe assez vite. On l’oubliera bien rapidement, mais il faut bien avouer que ce pur produit de studio peut réussir à surprendre ceux qui en attendent le moins.

Jumanji : Bienvenue dans la jungle
Un film de Jake Kasdan
Sortie le 20 décembre 2017

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