Jane Campion, un festival au féminin

Une femme présidente du Festival de Cannes 2014. Et pas n’importe laquelle.  Une néo-zélandaise, qui connaît bien la croisette. Silence Moteur Action vous en fait le portrait.

Elle a été la première. Et l’est encore. Première réalisatrice à avoir reçu la Palme d’or, en 1993 pour La leçon de piano. Et maintenant première femme réalisatrice à présider le Festival de Cannes. Elle succède, pour la 67ème édition, au réalisateur américain Steven Spielberg.

Issue d’une famille d’artistes, la cinéaste néo-zélandaise de 60 ans ne s’attaque  au monde du cinéma qu’en 1980 après des études d’anthropologie. Six ans plus tard, elle est déjà présente à Cannes pour recevoir sa première Palme d’or, cette fois ci pour un court-métrage, Peel. Féministe mais pas sectaire, elle a toujours mis en scène des femmes fortes. Vulnérables, mais fortes. Une thématique présente dans les esprits lorsqu’on évoque son nom. « Elle me fait penser aux grands écrivains femmes qui, dans une certaine solitude et dans une grande  singularité, ont mené une œuvre très personnelle qui s’est adressée d’emblée au monde entier », explique à l’AFP le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux. Sortir des carcans sociaux, voilà le désir de la réalisatrice pour ses personnages. Et qu’importe la classe, ou l’âge. Une muette dans La leçon de piano, une flic meurtrie dans sa série évènement Top of the lake, Jane a toujours écrit des rôles hors normes. Et pourtant, elle parle à tous. « Chacun de ses films a en son centre une protagoniste qui lutte pour son autonomie psychique et sensuelle, et qui est en quête de sa subjectivité« , écrit Michel Ciment, historien du cinéma dans « Jane Campion par Jane Campion » (Ed. Cahiers du cinéma).

Mais elle n’est pas que femme. Elle est aussi une artiste, au sens premier du  terme. Elle privilégie le fond à la forme. Du thriller à la biographie, du film à  la série télévisée, elle se concentre sur la psychologie de ses personnages. Mais attention ! La réalisatrice n’en oublie pas l’homme. Elle refuse le ghetto des « films de femmes ». Même si, elle le concède, le milieu est essentiellement masculin, en tout cas quand on parle d’argent. « Les femmes sont bien représentées dans les compétitions de court-métrage. Quand le business, le commerce et l’art se mélangent, les hommes ont tendance à ne faire confiance  qu’aux hommes. » Et son jury ne devrait pas rester insensible à ses exigences. D’ailleurs, elle s’est entourée de 5 femmes (Carole Bouquet, Sofia Coppola, Leila Hatami  et Jeon Do-yeon) et 4 hommes (Willem Dafoe, Nicolas Winding Refn, Gael  Garcia Bernal, et Jia Zhangke) dit de caractère. Des artistes avant tout. Pour  elle, c’est une sorte de retour au source. C’est là que tout a commencé. « C’est la passion qui rend Cannes incontestable. C’est un lieu mythique et surprenant où des acteurs se révèlent, des films trouvent leurs producteurs et des carrières  démarrent. Je le sais: ça m’est arrivé« . 

C’est donc plusieurs casquettes que Jane Campion portera du 14 au 25 mai.  Celle de femme, de réalisatrice, et aussi celle d’artiste. Mais elle ne les enlève  jamais vraiment.

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