It Follows : le sexe, c’est mal

Après The Myth of the American Sleepover, David Robert Mitchell se met au film d’horreur. It Follows, en compétition au festival de Gérardmer, se concentre sur la jeunesse américaine et sa sexualité débordante. Sans aucune prétention, il livre un second long métrage efficace tout en tombant dans quelques clichés évidents. Silence Moteur Action en a sursauté et vous donne ses impressions.

Une chose est sûre, il n’y a pas de sexe faible. It Follows le confirme, et de quelle façon. Pour son deuxième long métrage, David Robert Mitchell abandonne les soirées pyjamas de The Myth of the American Sleepover pour des nuits sans culotte. Il porte ici un regard différent sur la jeunesse américaine. Le réalisateur s’intéresse à une malédiction dont son héroïne Jay subit les conséquences. Après une relation sexuelle, la jeune fille sent la présence de quelqu’un – ou quelque chose – chargée de punir l’adolescente. Pour s’en débarrasser, elle n’aura d’autre choix que de coucher, passant ainsi la malédiction à son amant.

Ce film d’épouvante possède une qualité non négligeable, celle de parler de sexe adolescent en évitant toute morale. Chacun pourra y voir ce qu’il souhaite: culpabilité post-coït comme la découverte effrayante de sa sexualité. Les personnages, attachants mais quelque peu énervants (en somme, des adolescents) maintiennent une tension électrique durant plus d’une heure et demie. David Robert Mitchell n’hésite pas à multiplier les clichés des films d’horreur (jeune blonde qui court à moitié nue, décisions stupides…) tout en offrant des frissons à ses spectateurs. Malgré le sujet, les rares scènes de sexe ne sont pas ridicules. Au contraire, elles démontrent d’un souci de réalisme.

La particularité de It Follows : Mitchell sait où il va. Grâce à une musique omniprésente et adaptée, le réalisateur guide le public. Les effets sonores annoncent les différentes créatures, plus angoissantes les unes que les autres. Il parvient néanmoins à surprendre dès qu’il le souhaite. Sans grande surprise, ce petit bijou d’effroi a remporté le Prix de la critique internationale du Festival de Deauville. Il est par ailleurs nommé au Festival de Gérardmer, spécialisé dans le fantastique. Après avoir vu un des meilleurs films de début 2015, on repensera à deux fois avant de passer la nuit dans le plus simple appareil chez un ou une inconnu. 

 

Un film de David Robert Mitchell avec Maika Monroe, Keir Gilchrist. Au cinéma le 4 février.
 

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