La Isla Minima, thriller aux doux défauts

La Isla Minima a tout pour plaire. Qualifié de « True detective » espagnol par la presse, le film a écrasé tous ses concurrents lors de la cérémonie des Goyas en remportant pas moins de dix statuettes dont celles de « Meilleur film », Meilleur Réalisateur » et « Meilleur scénario ». Pour autant, la rédac’ de Silence Moteur Action n’est pas totalement séduite, on vous explique pourquoi.

Le film raconte l’histoire de deux policiers, l’un professionnel, ambitieux et démocrate affirmé, l’autre, fêtard, séducteur, au passé trouble de franquiste. La fine équipe enquête sur la disparition de deux soeurs. Nous sommes dans les années 1980 dans un monde en marge du monde, que l’on survole par des vues aériennes fascinantes d’une Andalousie bien loin des clichés habituels.

Disparitions en terre hostile

Véritable puzzle multicolore, on découvre dans La Isla Minima une région marécageuse désespérément plate et inhospitalière. Dans un contexte mêlant population silencieuse et disparition mystérieuse, le suspense est à son comble et il est difficile de connaître le/les/la (à vous de voir) coupable(s), avant le dénouement final. Rappelant le duo de True Detective, les acteurs incarnent parfaitement leurs personnages. Autre point positif, la Isla Minima est en sous-texte une lecture politico-sociale passionnante qui permet de découvrir une période sombre de l’Espagne, souvent méconnue.

Oui mais voilà, comme souvent il y a un hic. La pléiade de récompenses obtenues par le film, nous a peut-être rendu exigeant mais la rédac’ reste sceptique sur certains points.

Enquête au tempo andalou

Le film peut déranger par sa lenteur, à titre comparatif l’autre grand thriller espagnol Inside de Andrés Baiz faisait preuve de beaucoup plus de rythme. Ici, quelques longueurs surviennent mais elles sont peut-être dues à la volonté du réalisateur de retranscrire l’ambiance propre à une région ancrée dans le passé. L’autre défaut du film est la confusion dans le dénouement final, qui peut laisser le spectateur perplexe.

En conclusion

La Isla Minima démontre que le cinéma espagnol peut supplanter son voisin français par son originalité. Le côté brouillon du film en séduira certains, parce qu’on tombe parfois amoureux des imperfections, même au cinéma. Sortie dans les salles le 15 juillet.

Réalisé par : Alberto Rodriguez

Avec : Raùl Arévalo, Javier Guttiérez

Au cinéma le : 15 juillet 2015

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