Imitation Game : Une surprise à tous les niveaux

Inspiré de la biographie d’Alan Turing par Andrew Hodges, Imitation Game nous plonge dans l’univers de ce mathématicien, seul à avoir percé Enigma, la machine à cryptage utilisée par les Nazis. Silence Moteur Action a vu le film, on vous dit tout dans notre critique.

L’Angleterre des années 40. La guerre a commencé, les Allemands envahissent les pays européens un par un. Les Anglais sont parmi les derniers à leur tenir tête. Mais, faute de solution miracle, les Nazis frôlent dangereusement la victoire. C’est pourquoi, le Commandant Denniston, interprété par Charles Dance, fait appel aux plus grands mathématiciens pour une mission bien particulière et totalement secrète : décrypter les codes envoyés par les Nazis. Parmi ces génies scientifiques, Alan Turing (joué par Benedict Cumberbatch), jeune professeur à l’université. Persécuté et traumatisé par ses camarades d’école, cet Anglais se jette à corps perdu dans les matières scientifiques, là où il peut être lui-même sans peur d’être jugé. Sa rencontre avec la brillante Joan Clarke, interprétée par Keira Knightley, va lui permettre de s’ouvrir aux autres et de retrouver une stabilité psychologique si chère à Alan Turing. Malgré son intelligence sans limite et son aide précieuse durant la Seconde Guerre Mondiale, Turing est condamné en 1953 pour cause de pratiques homosexuelles, interdites à l’époque. Une condamnation trop dure pour ce prodige, qui meurt 2 ans plus tard. Suicide ou accident, le mystère reste secret, Alan Turing est indéchiffrable.

Le cinéma comme hommage

Avec cette intrigue incroyable mais vraie, le choix des acteurs doit être sans faute. Nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur acteur, Benedict Cumberbatch réussit à interpréter ce personnage complexe et torturé sans fausse note, avec une subtilité qui laisse le spectateur découvrir cette partie de l’histoire cachée pendant plus de 50 ans. Keira Knightley est l’actrice idéale pour interpréter le seul personnage féminin du film, un rayon de soleil dans ce contexte de guerre. À noter aussi, la présence de Matthew Goode, Mark Strong et Allen Leech, tous aussi talentueux.

Le réalisateur Morten Tyldum signe son premier long métrage mais sa mise en scène laisse de marbre. Les rares scènes de guerre n’impressionnent pas, elles ridiculisent même le film face à la qualité des scènes d’émotion et d’intrigue. Classique et sans prise de risque, sa réalisation se repose sur le jeu des acteurs qui évoluent autour de ce fait historique. Qui dit fait historique, dit sérieux et tension. Mais heureusement, le scénariste Graham Moore apporte un peu de gaîté avec l’humour pince-sans-rire bien connu des british.

Même s’il était l’un des grands favoris des Golden Globes, Imitation Game est reparti bredouille, laissant la victoire à un autre biopic, Une merveilleuse histoire de temps (sur le physicien Stephen Hawking). Mais l’équipe du film ne désespère pas. En route vers les Oscars avec 8 nominations dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour Benedict Cumberbatch, Imitation Game ne va pas passer inaperçu et risque de faire parler de lui pendant un long moment. Avec une telle histoire, il ne pouvait pas en être autrement.

 

Avec : Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode
Réalisateur : Morten Tyldum
Au cinéma : 28 janvier 2015

 

Pauline Ortiz

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