Happyland is just sad

La semaine dernière on a vu pas mal de comédies sortir de-ci de-là alors sur Silence Moteur Action on a mené notre petite enquête et on vous dit ce qui nous a plu…ou pas. On commence Happyland, la petite dernière de MTV.

De quoi ça parle ? Lucy est une jeune femme cynique qui travaille dans un parc à thème (oui oui sorte de copie de celui auquel vous pensez). Derrière l’univers féerique de ce parc se joue un drame un peu particulier. En effet Lucy, malgré les conseils de sa mère, tombe amoureuse de Ian qui se révèle être son demi-frère.

 

 

L’envers du décor

Si on est tous fans des films de Disney, qu’on est d’accord pour dire que Le Roi Lion est le meilleur d’entre eux et qu’on fredonne avec plaisir chaque chanson (même si c’est parfois gênant, on avoue tout, on adore ça…), on est en revanche pas tous attirés par une copie de Disneyland avec ses acteurs déguisés et ses Dingos géants. On est en effet pas très emballé par Happyland qui compte bien surfer sur l’engouement dont jouit son célèbre modèle auprès du public pour attirer le téléspectateur. Happyland nous propose une version « derrière le rideau » et nous emmène logiquement dans les coulisses du parc. C’est Lucy (Bianca A. Santos) qui s’en charge. En tant que manager, elle doit s’arranger pour que Ricky le Raton Laveur se présente à temps pour son spectacle et cours dans tous les sens pour gérer au mieux les imprévus. Évidemment ce qui se passe en coulisses est moins glamour que ce qui se passe en pleine lumière. Aussi la série oscille entre drame et comédie sans réussir ni dans l’un, ni dans l’autre. Happyland parvient rarement à nous arracher un sourire et finalement ce Happyland est assez triste et signe surtout la fin du conte, la fin du rêve. Si on aime l’idée d’une vision cynique, d’une satire d’un monde trop enjolivé, trop enfantin et irréaliste, on ne peut pas s’empêcher de trouver dommage d’avilir ce monde féerique qui n’est, pour le moment, qu’une coquille vide sans âme. Le décor n’est qu’un prétexte. Par ailleurs, on doute franchement que ce soit une bonne manière d’appréhender l’univers du conte. L’image un peu vieillie des contes s’est largement effacée ces dernières années grâce aux succès successifs de La Princesse et la Grenouille, Raiponce et La Reine des Neige ou des séries telles que Once Upon A Time pour ABC ou sa petite sœur horrifique de Showtime, Penny Dreadful. Alors qu’on aime se replonger dans des mondes magiques, Happyland nous offre un retour à la réalité décevant.

Non Non Non

C’est sans aucune subtilité que ce pilot traite ses personnages et les relations qu’ils entretiennent entre eux. À commencer par l’antipathique Lucy (Biance A. Santos), jeune fille qui endosse le rôle de mère, paie les factures et rêve d’une vie en dehors du parc d’attractions. On accroche pas. Sa mère, Elena (Camille Guaty) est une version 2.0 de Lacey dans Awkward. On pourrait l’aimer si elle n’était pas si caricaturale. Leur relation mère-fille est rendue compliquée par l’absence du père, par les nombreuses conquêtes de la mère, par leur situation sociale pas très glorieuse. Le tandem Lucy-Elena n’a pas la tendresse d’un Jenna-Lacey ou la force d’un Carter-Elizabeth.
Par ailleurs, Happyland ne perd évidemment pas de temps pour nous jeter au sein de triangles et autres quadrilatères amoureux barbants. Un schéma se dessine rapidement : Harper (Katherine McNamara) aime Will (Cameron Moulene) qui aime Lucy qui aime Ian (Shane Harper). On ne peut que regretter de voir ce type de schéma apparaître dès le pilot. On s’ennuie. On aurait pu avoir une comédie satirique douce-amer sur les illusions et les contes de fées qui n’existent pas (ce qui est pourtant le but et le message de ce pilot) mais ce Happyland est surtout une petite comédie qui penche vers le teen drama pas très original. On ne succombe pas franchement à son humour simpliste et on ne noue pas de liens avec les personnages qui ne nous s’y incite pas. Même si on le voudrait, ce qui arrive aux personnages ne nous intéresse pas. Probablement conscient de la faiblesse de l’intrigue, Ben Epstein mise sur l’effet de curiosité, le plot choc…oui Ben Epstein a pensé que l’inceste dans un univers de conte de fées sur une chaîne pour adolescents pouvait être une bonne idée. Bon c’est vrai que des couples incestueux, on a en vu quelques uns en série, dans Game of Thrones bien sûr, Dexter et aussi dans une autre série à cible adolescente, Veronica Mars sur la CW. C’est un parti pris…mais honnêtement est-ce qu’on aurait pas pu s’en passer ?

400 000 téléspectateurs seulement pour le premier épisode de Happyland. On serait étonnés que la série face mieux. C’est probablement le premier faux pas pour Susanne Daniels, arrivée à la tête de MTV en 2012, alors que Facking It connaît un retour un peu faible comparé à Finding Carter, Awkward ou Teen Wolf. Ce Happyland va avoir du mal à séduire.

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