Francis Ford Coppola, Parrain du 7ème art

Écrire sur Francis Ford Coppola c’est un peu comme écrire sur Mick Jagger ou Jack Nicholson. Exposés, analysés, disséqués, ces hommes n’ont plus de secrets et pourtant ils arrivent toujours à nous surprendre, un don propre aux génies. Retour sur un homme qui a marqué de son empreinte le 7ème art.

Fin janvier, la Cinémathèque française réalisait une rétrospective sur Francis Ford Coppola avec en guest star le réalisateur himself. La première chose qui frappe lorsque l’homme monte sur scène est sa bonhommie, un mix entre le père noël et un immigré italien. Francis Ford Coppola a l’embonpoint des hommes qui ont joui des plaisirs de la vie. D’une voix rocailleuse accompagnée d’une pointe d’accent italien, le septuagénaire commence à s’exprimer, son discours est fleuve, parfois imperceptible souvent génialissime. Difficile pour l’auditeur de suivre mais lui n’y accorde guère d’importance, avec trois, quatre coups d’avance, ralentir serait une perte de temps.

Le destin tracé

Francis Ford Coppola est né le 7 avril 1939 à Détroit (Michigan) avec la polio en guise de cadeau de bienvenue. Contraint de vivre en autarcie, sa chambre se transforme vite en lieu d’élaboration. Tout d’abord apprenti marionnettiste, l’enfant passera très vite à l’image, la caméra 8mm de son père lui servant d’objet récréatif. À 10 ans, il a déjà réalisé ses tout premiers films amateurs.

Pris de passion pour l’âge d’or hollywoodien, l’adolescent devenu presque grand s’inscrira à la UCLA Film School pour parfaire son apprentissage en matière de réalisation.

Une fois son diplôme en poche, il devient scénariste et obtient l’Oscar du meilleur scénario pour Patton en 1971. Sa carrière est lancée. En parallèle, il fonde avec un ami, un certain Georges Lucas, les studios American Zoetrope. Les garçons fourmillent d’idées mais le Dieu du cinéma est capricieux. Le premier film de Lucas, THX 1138, est un four. Menacé de banqueroute, Francis Ford Coppola est contraint de réaliser l’adaptation sur grand écran du roman Le Parrain de Mario Puzo. En 1972, le film du même nom est un succès international. Bis repetita en 1974 avec la suite du premier opus. Il sera récompensé de l’Oscar du meilleur film pour les deux volets (seul réalisateur à avoir accompli cette performance) et l’Oscar du meilleur réalisateur pour le Parrain 2.

D’une terreur des plateaux

Francis Ford Coppola a hérité du surnom de Napoléon du cinéma. Non pour sa taille mais pour sa démesure assumée et son caractère bien trempé. Ses films sont à la hauteur du personnage : tyran, dantesque, fantasque, baroque. L’homme réalise comme il vit, avec ses tripes. Fasciné par la déchéance humaine, il retranscrit celle-ci avec froideur dans ses longs métrages. La mort lui fait peur, son œuvre est donc une échappatoire, une façon de passer à la postérité. Dans ce procédé, les acteurs sont des pions qu’ils déplacent. Marlon Brandon, Al Pacino, Robert De Niro, tous ont subi au moins une fois les foudres du réalisateur.

Mais ce caractère volubile, cet orgueil monstre lui ont permis de réaliser un de ses plus grands faits d’armes. En 1974, débute le tournage d’Apocalyspe Now, prévu pour durer six semaines, il s’étalera sur seize mois. Acteurs junkies, ouragan sur le plateau, crise cardiaque de l’interprète principal Martin Sheen, Francis Ford Coppola qui a investi toute sa fortune, devient paranoïaque et ingérable. Après avoir perdu 40 kilos et menacé plusieurs fois de se suicider, il réalise un véritable chef-d’œuvre. Trip mystique survitaminé, le film recevra la Palme d’Or en 1979. Sa carrière est bouclée.

Aujourd’hui Francis Ford Coppola a 75 ans, le réalisateur est désormais producteur (il a notamment produit les films de sa fille Sofia Coppola, Lost in Translation et Marie Antoinette). Sa société de production de vins lui permet d’assurer les finances de sa famille sur plusieurs générations. Pourtant l’homme, n’a de sage que son âge. Preuve en est, son projet de reconstitution en partenariat avec la Cinémathèque française d’un film de plus de cinq heures, datant de 1927 et s’intitulant Napoléon. Evidemment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

22 Partages
Partagez22
Tweetez