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[Focus Journalisme] A quoi servent-ils, ces journalistes ?

Le personnage du journaliste est récurrent au cinéma (à la télévision, encore plus !). On ne se rend pas forcément compte que ce métier est régulièrement mis en scène puisque la place d’un journaliste dans un film n’est pas forcément centrale, loin de là. Si l’on vous dit « Harry Potter », il est plus facile de penser à Voldemort, Dumbledore ou Hermione qu’à Rita Skeeter, l’énervante journaliste de La Gazette des Sorciers. « Elephant Man » évoque instantanément la monstruosité, le malaise, mais il faudrait presque être fétichiste du métier pour se rappeler automatiquement les articles de presse mettant la « créature » dans les gros titres. Ou encore dans le film français avec Omar Sy, nommé Chocolat, le cirque et le racisme viennent plus vite à l’esprit que le journalisme, et pourtant, les articles écrits influencent l’avenir de certains protagonistes.

Bref, l’idée est posée : le journaliste est là, souvent. Peut-être simplement à travers un article qui passe rapidement à l’écran, peut-être à travers un personnage très secondaire, mais il est là. Il n’est pas toujours le personnage principal mais c’est un protagoniste souvent utilisé pour divers buts. Et pour cause, cette profession est bien pratique pour nourrir des intrigues.

Un quasi-justicier

Lorsque le personnage du journaliste est central au cinéma, il se trouve la plupart du temps dans des drames. Le but est souvent d’éclairer sur un fait historique qui s’est réellement passé (ou une situation « inspirée de faits réels »), ou, dans une histoire fictive, de montrer / rétablir la vérité d’une situation. Le réalisateur qui choisit de porter à l’écran ce métier met généralement un point d’honneur à respecter la déontologie journalistique. C’est pourquoi d’ailleurs, comme nous vous l’expliquions dans un autre article, le cinéma nous laisse souvent croire qu’il n’existe que deux types de journalistes dans la vie : ceux en quête de scoop et qui n’hésitent pas à raconter les événements à leur sauce, et les grands reporters, comme nous les évoquons dans ce paragraphe. Les Hommes du Président, fameux film sorti en 1976, réalisé par Alan J. Pakula avec Dustin Hoffman et Robert Redford, en est le parfait exemple.

Super-héros et élu de Dieu ?!

C’est surtout après les années 80 que le journaliste se fait sa place dans tous les genres de films. Comédies, drames, thriller… il arrive même qu’un film dont la principale thématique est une romance tienne son personnage principal comme journaliste, comme c’est par exemple le cas dans Comment se faire larguer en 10 leçons, de Donald Petrie (2003) ou Les Aventures de Mister Deeds de Steven Brill (2003 également). On peut également penser à Bruce tout puissantJim Carrey interprète dans cette comédie un journaliste mais avant tout un amant aidé par Dieu lui-même.

Même le monde des super-héros n’oublie pas non plus la profession. Comme Superman, dont l’alter ego Clark Kent est journaliste. De plus, dans Spider Man, Peter Parker, le personnage principal est photo-reporter et travaille pour le Daily Bugle un des journaux (fictifs) les plus connus de New-York. Son rédacteur en chef reste dans les mémoires à cause de son caractère tyrannique, d’ailleurs.

L’horloge parlante

Parfois, le personnage du journaliste ne sert finalement qu’à encrer une histoire dans un cadre spatio-temporel. En effet, grâce à ce protagoniste, il est parfois possible de déterminer une époque ou un lieu. Évidemment, le langage, les gestuelles, les manières de s’exprimer ou bien sûr les éléments de décor permettent de structurer un cadre, une époque, une temporalité. Mais quelques fois, les titres de journaux viennent préciser la ville dans laquelle se déroule une action. De plus, si les titres des journaux employés sont factices, ils peuvent notamment être le support d’informations supplémentaires, comme par exemple si un article est daté. Il contextualise le film. C’est par exemple le cas dans Tendres Passions (1983) de James L. Brooks, dans lequel aucune temporalité n’est clairement établie. Seule l’intervention d’un journaliste comme personnage secondaire va définir une année précise au film grâce à la remise en contexte d’un fait par le journaliste lui-même.

Estelle Lautrou


À découvrir chaque jeudi du mois de ce décembre dans notre rétrospective spéciale Journalisme :

Jeudi 9 janvier : Analyse d’une séquence de Pentagon Papers
Jeudi 16 janvier : Scandale, The Loudest Voice : retour sur l’affaire Roger Ailes
Jeudi 23 janvier : Les journalistes au cinéma : héros ou opportunistes ?
Jeudi 30 janvier : A quoi servent-ils, ces journalistes ?


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