Série TV : Flesh and Bone, la valse des fous

Des cris retentissent, une porte est forcée, une jeune femme sort de son immeuble par la fenêtre, apeurée. Elle court dans les rues de la banlieue new yorkaise. Elle fuit. Cette femme, c’est Claire Robbins (Sarah Hay), et son rêve, c’est de danser pour l’American Ballet Company. Auréolée de ses nominations aux Golden Globes pour la « meilleure mini-série », et « meilleure actrice dans une mini-série » pour Sarah Hay, Flesh and Bone mérite-t-elle autant d’attention ? Sur OCS, on vous donne la chance de découvrir la série dans son intégralité, et nous, chez Silence Moteur Action, on vous dit pourquoi il le faut.

Pour un premier essai à la création de série, Moira Walley-Beckett (auparavant productrice et scénariste sur Breaking Bad) s’attaque à des domaines pourtant déjà vus et revus : New York, ses danseurs en quête de célébrité, ses directeurs de ballets à la sévérité implacable. Inutile de comparer Flesh and Bone au Black Swan (dans lequel Sarah Hay avait déjà un petit rôle) de Darren Aronofsky : quand Natalie Portman était la seule à sombrer dans la folie, ce sont tous les personnages de Flesh and Bone qui luttent contre leurs démons. Amour, argent, sexe, drogue et secrets vous attendent… et vous ne serez pas déçus.

Petit format pour une grande surprise

Flesh and Bone, ce ne sont que huit petits épisodes d’à peu près une heure chacun, que l’on enchaîne sans trop de difficulté. En un week-end, l’affaire est faite. Une aubaine pour Starz et OCS, qui ont toutes deux proposé la série dans leur intégralité sur leurs services de vidéo à la demande. D’autant plus que la série est bel et bien conçue pour se suffire à elle-même, sans s’engager sur une seconde saison. Non, elle ne frustrera pas son spectateur avec une fin qui laisse confus : Flesh and Bone résout tous les noeuds de l’intrigue qu’elle met peu à peu en place.

À la vision du pilote, nous avions peur que Flesh and Bone ne tombe banalement dans le cliché : ongles de pied arrachés (beurk), maîtresse de la danse scrutant avidement ses recrues, accompagnée de son affreux petit chien affublé d’un noeud rose, jeunes filles (trop) sveltes idéalisant un bon gros repas bien bourratif histoire de sortir de leur régime drastique… Non non, la série se préoccupe de choses un peu plus sérieuses. Le directeur artistique Paul Greyson (Ben Daniels) se met en quête d’un contributeur financier pour sauver le ballet dont il rêve, tout comme il est préoccupé par ses désastreuses relations. C’est également en Claire qu’il voit le remède miracle pour transcender son public, alors qu’il provoque la jalousie de Kiira (Irina Dvorovenko), danseuse émérite, mais blessée. Le problème, c’est que Claire doit lutter avec son passé : un frère étrangement beaucoup trop proche d’elle, et un père légèrement malade. L’ambiance, quoi.

L’envoutante Sarah Hay fait oublier le négatif

Le problème, c’est que Flesh and Bone aura parfois tendance à nous perdre un peu, à force de s’éloigner de son principal sujet : la danse classique. Si la parenthèse accordée au monde du strip-tease s’avère être une partie clé de l’intrigue, nous sommes tout de même davantage sur la réserve concernant toute l’histoire qui découle de l’emménagement de Claire dans son nouvel immeuble. Elle y fait la connaissance d’un voisin SDF, habitant sur les toits, un peu collant et flippant. Romeo (Damon Herriman) pense peut-être avoir trouvé sa Juliette en la personne de Claire, mais nous, on aimerait juste qu’elle le fuie. Il est le seul personnage dont on se s’interroge sur la pertinence, ce qui n’aide pas à oublier non plus le léger coup de mou dont fait preuve la série dans le milieu de ses huit épisodes, en se focalisant notamment sur la coloc de Claire. Nana acariâtre au possible, on en viendrait presque à ne pas regretter ce qui lui arrive. 

N’ayez crainte : si vous êtes venus pour la danse, vous en aurez. Surtout dans ce sublime dernier épisode… Nous ne pouvons pas dire que Flesh and Bone néglige la beauté des corps et la pureté du mouvement, lorsqu’elle s’y attache : les danses sont hypnotiques, d’autant plus qu’elles sont bel et bien effectuées par l’ensemble du casting, mais aussi et surtout par Sarah Hay. La jeune actrice, qui décroche ici son premier rôle en tête d’affiche, mérite absolument sa nomination aux Golden Globes !

Conclusion : Avec ses huit petits épisodes, vous auriez tort de vous priver de Flesh and Bone, admirable fresque sur l’impitoyable milieu de la danse classique. Malgré son scénario partant parfois dans tous les sens, l’ensemble se rattrape pour une majestueuse conclusion, qui ne vous laissera pas sur votre faim.

Flesh and Bone, diffusée jusqu’au samedi 26 décembre à 22h sur OCS City US+24 et disponible en intégralité sur OCS Go 100% Cinéma séries.

 

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