[Critique] La Fille du Patron : Une romcom chez les ouvriers !

Un homme et une femme de classe sociale différente qui tombent éperdument amoureux l’un de l’autre : comment ça, on a déjà vu ça l’an dernier avec Pas son genre ? Serait-ce l’un des nouveaux poncifs du cinéma français, de montrer que l’amour triomphe malgré les différences ? A-t-on vraiment besoin de ça ? Autant dire que la tâche était déjà dure pour Olivier Loustau qui signe ici son premier long-métrage. Réalisateur, scénariste et acteur, il chaperonne l’ensemble du film, mais l’alchimie est-elle présente avec sa partenaire Christa Théret ? Silence Moteur Action vous dit tout.

Vital (Olivier Loustau) a la quarantaine, il est marié, père de famille. Chef d’équipe dans une usine de textile en pleine crise, il devient le cobaye d’Alix (Christa Théret), vingt-cinq ans, pour une étude ergonomique. Ce qu’il ne sait pas encore, et alors que les sentiments commencent – évidemment – à naître, c’est qu’Alix est la fille de son patron… Que faire ? Abandonner sa vie d’avant pour oser le renouveau ?

Plongée au coeur de l’usine

Olivier Loustau a eu le souci du détail : pour son film, en plus des comédiens recrutés pour certains rôles clés (Stéphane Rideau et Vincent Martinez dans les rôles de Marc et Eddy, les rigolos du groupe, Lola Dueñas dans celui de Virginie, la secrétaire qui adore les potins – entre autres), les ouvriers de l’usine dans laquelle le tournage a eu lieu se sont vraiment prêtés au jeu. Car la survie de l’entreprise est l’un des grands enjeux du film, voire même plus important que la relation entre Vital et Alix, si grand que la réalité a rattrapé la fiction : depuis le tournage du film, la vraie entreprise (Belle Maille, à Roanne) a été placée en liquidation judiciaire…

La Fille du Patron a le mérite de mettre en valeur les activités de l’usine, comme une sorte d’hommage rendu à ceux qui ont bien voulu accueillir cette équipe de tournage. Si le film se veut être avant tout une comédie, il n’en demeure pas moins un miroir de la situation actuelle : restructurations, crise, le chômage comme épée de Damoclès… On pourrait en avoir assez de voir ce pessimisme ambiant partout, mais malgré tout l’espoir demeure. L’esprit d’équipe de l’entreprise résiste aux divisions grâce à l’intrigue subsidiaire qu’est ce tournoi de rugby en entreprise. Bon, on a peut-être un peu l’impression d’assister à une sorte d’Invictus au rabais (et ce n’est pas faute d’avoir amené Sébastien Chabal pour une trentaine de secondes), mais l’idée du rassemblement est là.

Une fresque moderne convaincante

On ne va pas tourner autour du pot : le duo Christa Théret/Olivier Loustau est assez convaincant. Ça faisait un petit bout de temps que l’on n’avait pas revu l’actrice à la tête d’un film ! On sait, LOL est encore passé sur TF1 dernièrement, mais sept ans après, il faut bien passer à autre chose… et force est de constater qu’elle tient de nouveau un rôle attachant dans la peau d’Alix. Si l’écart générationnel est présent, cela n’empêche en rien cette relation naissance avec Vital, bourru, à travers des dialogues finement écrits. La Fille du Patron est bien une fresque moderne, au sens où elle aborde sans complexe cette génération de mariages et de famille sacrifiés, ces familles confrontées à la rupture, à la remise en question. Les scènes de ménage entre Loustau et Florence Thomassin réservent quelques bonnes punchlines !

Mais le petit rôle qu’on apprécie le plus, et auquel on se sent obligés de consacrer un petit point, c’est celui de Marie, meilleure amie d’Alix, incarnée par Hortense Gélinet. Ravissante et cinglante, on aimerait bien la revoir dans d’autres longs-métrages très bientôt…

Conclusion : La Fille du Patron est une comédie dramatique qu’on se laisse regarder sans grande difficulté. Rien de bien neuf, mais le tout fonctionne aisément grâce à son duo attachant et son authenticité.

La Fille du Patron, réalisé par Olivier Loustau
Avec Christa Théret, Olivier Loustau, Florence Thomassin
Sortie en salles le 6 janvier

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