La montagne au cinéma : Alors ça vous gagne ?

Le 23 septembre prochain, Everest de Baltasar Kormakur sortira sur les écrans français. Silence Moteur Action vous en parlait déjà dans ses films les plus attendus de l’été. L’occasion pour la rédaction d’aller tutoyer les souvenirs des plus hauts sommets qu’a pu offrir le cinéma jusqu’à aujourd’hui. Entre un documentaire intimiste ou un blockbuster suintant la testostérone, la montagne demeure pour le Septième art, une branche encore trop rare et inaccessible du cinéma d’aventure. 

La Sanction

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″] Montagne : Option classe Eastwoodienne.[/highlight]
Date de sortie : 16 juillet 1975.

Dans les années 70, entre la réalisation de deux westerns, Clint Eastwood (American Sniper) est l’un des premiers à s’attaquer au sujet. Même si là encore, la montagne n’est pas le cœur même de l’histoire mais plutôt sa toile de fond. Pour l’occasion, l’acteur/réalisateur adapte un roman. L’histoire suit Jonathan Hemlock, un professeur passionné d’art, également tueur à gages à ses heures perdues. En échange d’un tableau qu’il convoite depuis longtemps, il est chargé de liquider un homme sans identité. Ses seules informations : sa cible boite et fera partie d’une cordée s’attaquant à la face nord de l’Eiger, le sommet le plus dangereux des Alpes. Tâtant lui-même fort bien du crampon et du piolet, Hemlock accepte la mission.
Oscillant en permanence entre le thriller et le film d’espionnage, La Sanction offre derrière ce pitch de magnifiques séquences de grimpettes. Par souci d’authenticité, Eastwood a tourné son film dans des conditions extrêmes à faire pâlir plus d’une compagnie d’assurance. Dommage que la critique américaine ait boudé le film à l’époque, car même s’il reste mineur dans la filmographie d’Eastwood, il a particulièrement bien vieilli.

Cliffhanger

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″] Montagne : Option tout en muscle. [/highlight]
Date de sortie : 6 octobre 1993.

Sans aucun doute le film le plus célèbre se déroulant en altitude. Présenté hors-compétition à Cannes et nommé trois fois à l’Oscar, Cliffhanger marquait le retour de Stallone à son meilleur après plusieurs bides. L’étalon italien y campe Gabe Walker, un guide de haute montagne dans les Rocheuses. Alors qu’il aide la femme de son meilleur ami lors d’une intervention, celle-ci fait une chute mortelle. Se sentant coupable, il s’exile. Lors de son inévitable retour, il est sollicité pour porter secours aux survivants d’un crash d’avion. Mais ces derniers sont des malfrats qui comptent bien se servir de lui et de ses connaissances pour récupérer leur magot.
Énorme carton à travers le monde, Cliffhanger aborde la montagne dans tout ce qu’elle a de plus spectaculaire. Même si là encore, les Rocheuses américaines ne sont qu’un prétexte pour scènes d’explosion et autres fusillades. On se retrouve donc avec un guide de montagne qui fait rugir le Rambo qui sommeille en lui. Mais devant les prouesses d’un Stallone en forme (mais doublé pour ses cascades) et d’un John Ligghow en méchant bien sadique, inutile de bouder son plaisir. Le film s’assume et demeure un must dans la carrière de l’interprète de Rocky. Mais si l’acteur a retrouvé les sommets (sans mauvais jeu de mots) avec ce film, il marquera le dernier gros succès de son réalisateur Renny Harlin dont l’Île aux pirates avec Geena Davis allait faire un four. Et pour preuve que Cliffhanger est apprécié, sa séquence d’ouverture sera reprise et parodiée par un Jim Carrey tout en voix rauque dans Ace Ventura en Afrique. À noter également que le film n’a pas été tourné dans les Rocheuses américaines mais dans les Dolomites italiennes.

Vertical Limit

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″] Montagne : Option très cliché. [/highlight]
Date de sortie : 21 février 2001.

Le premier (et seul ?) mérite de Vertical Limit est d’être le premier film à attaquer son sujet de front. Le sommet à vaincre, à savoir le K2 (sommet le plus difficile au monde, n’en déplaise à l’Everest) est au centre de l’histoire. Peter et Annie Garrett sont les enfants d’un grimpeur de renom. Mais ils ne se parlent plus depuis que Peter a coupé la corde les reliant à leur géniteur (sur la demande de ce dernier) lors d’une ascension qui a mal tourné. Depuis, Peter devenu photographe, s’est juré de ne plus mettre l’orteil sur un sommet alors que sa sœur les tombe les uns après les autres. Finalement, le destin les réunit au pied du K2 dans l’Himalaya. Annie fait partie d’une cordée qui doit emmener un riche texan gravir la montagne. Suite à une avalanche dévastatrice, elle se retrouve coincée à 8 000 mètres d’altitude avec deux autres survivants. Peter n’a plus d’autres choix que de mettre ses vieux démons de côté pour aller secourir sa frangine.
Le gros problème de Vertical Limit est sans doute celui d’avoir voulu trop bien faire. Comme le prouvent les nombreux alpinistes engagés comme consultants, notamment Ed Viesturs, qui joue son propre rôle. La volonté est présente mais les clichés demeurent. La faute à un scénario qui les accumule. Certaines conditions très réelles sont reprises avec fidélité, notamment la question de l’instinct de survie. Mais pour les retranscrire le mieux possible, il ne fallait pas le faire à travers une galerie de personnages plus stéréotypés les uns que les autres. On passe donc du gros friqué qui ne pense qu’à sa pomme aux deux frères baba-cool et en bifurquant sur le grimpeur d’élite tendance vieux sage des montagnes. Et puis franchement, s’attaquer au sommet le plus dur du monde est déjà une tâche extrême. Alors pourquoi le faire avec de la nitroglycérine dans le dos ? Bref, si Vertical Limit se regarde et offre quelques séquences spectaculaires, Martin Campbell aurait gagné à offrir un spectacle un poil plus terre à terre. Tant pis, le bonhomme se refera une santé avec un certain Casino Royale. Niveau casting, on aura été content d’apprendre que Chris O’Donnell n’avait finalement pas disparu depuis Batman & Robin. Tout comme Izabella Scorupco depuis GoldenEye, du même Martin Campbell.

La Mort suspendue

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″]  Montagne : Option docu-fiction brillant. [/highlight]
Date de sortie : 11 février 2004.

La Mort suspendue se démarque d’emblée des autres films du genre par la structure de son récit. L’enjeu est plus important. Il s’agit de relater avec précision et respect une histoire vraie dont la conclusion avait mis en émoi plus d’un alpiniste. 1985, Cordillère des Andes. Joe Simpson et Simon Yates sont les premiers à tenter l’ascension du Siula Grande par la face ouest. Un exploit que les deux amis réussissent. Mais lors de la descente, ils sont pris dans une tempête et Joe se casse la jambe. Alors que son compagnon l’aide péniblement à continuer, ce dernier finit par chuter et se retrouve pendu dans le vide. Simon décide alors de couper la corde le reliant à Joe.
Vivement critiqué pour ce geste, Joe Simpson qui a survécu à sa chute, a décidé d’écrire un livre devenu un best-seller pour prendre la défense de Yates. La Mort suspendue revient sur cette histoire incroyable. Sous la caméra de Kevin MacDonald (Le dernier roi d’Écosse), le film mélange la fiction et les interviews des deux survivants pour revenir en détail sur ce drame. Le tournage a eu lieu lui aussi sur le Siula Grande ainsi que dans les Alpes. Saisissant de bout en bout, La Mort suspendue atteint son apogée en adoptant le point de vue de Joe Simpson après sa chute. Tombé dans une crevasse, la jambe cassée, sans eau ni nourriture, l’alpiniste réussit à s’extraire de la montagne au bout de quatre jours et à regagner le camp de base. Un exploit sans nom pour un homme doté d’un instinct de survie exceptionnel.

Au-delà des cimes

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″] Montagne : Option belle et intimiste. [/highlight]
Date de sortie : 18 mars 2009.

Catherine Destivelle. Un nom qui raisonnera creux pour beaucoup. Cette femme est pourtant l’une des plus grandes grimpeuses et alpinistes de l’histoire. Au-delà des cimes est un documentaire qui lui est consacré. Le réalisateur choisit de revenir sur des moments clés de sa carrière, notamment ses ascensions en solitaire, tout en se concentrant sur trois ascensions qu’elle réalise avec des proches dans le massif du Mont-Blanc.
Mélangeant prises de vue dans la cordée et prises du vue aériennes, Au-delà des cimes est d’une beauté à couper la souffle grâce à une photographie très travaillée. Un documentaire intimiste où la principale intéressée fait partager son amour pour ce sport, au-delà du danger qu’il véhicule. Le tout est porté par la voix-off du défunt Bernard Giraudeau, lui aussi grand amateur de montagne.

Everest

[highlight highlight-color= »eg. #F96E5B » font-color= »eg. #f8f8f8″] Montagne : Option prometteuse. [/highlight]
Date de sortie : 23 septembre 2015.

La rédaction en a déjà parlé mais Everest promet d’être l’un des films événements de la rentrée 2015. Alors que le long métrage de Baltasar Kormakur fait actuellement le tour de plusieurs festivals (Venise, Deauville), il combine les meilleurs éléments des films précédemment cités et pourrait bien s’inscrire comme une référence du genre. Tiré de faits réels, il verra plusieurs grimpeurs de renom se lancer à l’assaut de l’Everest avant que l’expédition ne vire au drame. Porté par un casting on ne peut plus solide, Kormakur a filmé en studio mais aussi en grande partie dans les Alpes italiennes et au pied du toit du monde lui-même. Un défi technique car certaines prises de vue ont été faites à près de 5 000 mètres d’altitude. Un souci d »authenticité qui risque de payer à l’écran. Avec la technologie d’aujourd’hui, le film débarquera sur les écrans en 3D. Un procédé qui devrait porter ses fruits et offrir au spectateur une bonne dose de sensations fortes.

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