[Dossier] La playlist cinéma d’octobre 2018

Durant le mois d’octobre 2018, la musique a été allègrement mise à l’honneur au cinéma : dès la première semaine, le film A Star is Born narrait la montée d’une étoile de la musique et la descente aux enfers d’une autre, tandis que Blindspotting était une ode à la musique rap, qui jalonne le quotidien de nombreux anonymes talentueux. Puis, en toute fin de mois, le très attendu Bohemian Rhapsody retraçait le parcours du légendaire Freddie Mercury, chanteur de Queen.

Mais la musique est présente dans tous les films, qu’elle en soit le sujet principal ou non. Elle rythme les images, apporte de l’émotion et peut changer considérablement notre façon de vivre une scène. De nombreuses sorties d’octobre ont notamment été marquées par des bandes originales exceptionnelles, qu’elles soient à couper le souffle dans First Man, à frissonner d’angoisse dans Halloween ou à émouvoir les plus endurcis dans Capharnaüm. Augmentez un peu le son, on vous a préparé une playlist 100 % ciné.

 

Justin Hurwitz : « The Landing » (First Man)

Avec son tout dernier film First Man, sorti au cinéma le 17 octobre et qui retrace la vie de l’astronaute Neil Armstrong, le réalisateur Damien Chazelle signe sa deuxième collaboration avec l’acteur Ryan Gosling (qui interprète Neil Armstrong dans First Man et Sebastian dans La La Land) mais aussi sa troisième avec le compositeur Justin Hurwitz. C’est en effet à ce dernier que nous devons les sublimes chansons de La La Land, sorti en 2017 et Whiplash en 2014.

En composant la musique de First Man, Justin Hurwitz nous prouve encore une fois tout son talent, s’assurant d’ailleurs de belles chances d’être nommé aux prochains Oscars. La bande originale du film se concentre autour de deux thèmes principaux, habilement associés et revisités au cours du film suivant l’effet souhaité. Le compositeur utilise également beaucoup de thérémine, instrument électronique apprécié de Neil Armstrong et qui rappelle la voix humaine, dans des morceaux chargés d’émotions comme « Crater » ou « Quarantine ». Mais si l’on ne devait garder qu’une seule musique, ce serait surement « The Landing », utilisée lors de l’alunissage de l’astronaute. Lorsque le réalisateur montre la surface de la Lune lors d’un long travelling, la musique de Hurwitz est littéralement à couper le souffle.

Lire notre critique de First Man

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Queen : « Love of my life » (Bohemian Rhapsody)

L’un des points forts de Bohemian Rhapsody, biopic sur Freddie Mercury, chanteur légendaire de Queen, est bien évidemment sa bande originale, qui regroupe les plus grands succès du groupe. Le film, sorti en salles le 31 octobre, présente toutefois de nombreuses séquences de concert qui permettent au spectateur d’entendre des versions live et moins connues de certaines chansons.

Parmi elles, on trouve « Love of my life » : cette musique, sortie en 1975 dans l’album A Night at the Opera, a été écrite par Freddie Mercury pour Mary Austin, qui était à l’époque sa compagne. Dans une scène particulièrement émouvante, le chanteur reconnait et avoue à Mary son homosexualité alors qu’ils étaient en train de regarder les images d’un concert du groupe à la télévision. « Love of my life » résonne alors durant toute la conversation, rendant l’instant d’autant plus tragique. La bande son choisie est tirée d’un concert de Queen au Festival Rock in Rio en 1985. Avant même que Freddie Mercury ne formule les premières paroles de la chanson, le public commence à chanter à l’unisson. Un très grand moment d’émotion qui montre encore une fois que Queen, et particulièrement son chanteur, savaient réunir des foules.

Lire notre critique de Bohemian Rhapsody

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Daveed Diggs et Rafael Casal : « Not a Game » (Blindspotting)

« Not a game » est une des musiques principales de Blindspotting. Le morceau est rappé par les artistes Daveed Diggs et Rafael Casal qui ne sont autres que les personnages principaux de ce fabuleux film. Ils sont accompagnés par E-40, artiste américain très apprécié des connaisseurs de rap, et par Moe Green, interprète de « Running To The Sky » qui figure également dans la bande originale. « Not a game » est audible au moment du générique de fin, mais cette musique s’ancre avant tout parfaitement dans l’identité sonore du film.

Cette réalisation (qu’il faudra à tout prix acquérir en DVD d’ici quelques mois, après une sortie plus que discrète en salles malgré la réception d’un Prix au festival de Deauville) place sa caméra à Oakland, ville qui a vu la naissance des Black Panther, et qui a connu un fort taux de criminalité. C’est dans l’héritage culturel laissé par l’Histoire qu’ont grandi Daveed Diggs et Rafael Casal, qui sont à l’origine du scénario de Blindspotting (ils confièrent leur projet au réalisateur Carlos Lopez Estrada après plus de 15 ans de gestation). Ces deux hommes se sont naturellement tournés vers la culture rap, très présente dans le long métrage. Si plusieurs morceaux sont des reprises, certains ont été créés spécialement pour le film. La qualité des rimes et l’agréable sonorité fondée sur des rythmiques travaillées, font de la bande originale de Blindspotting un véritable bonheur pour les oreilles, et ce même pour les perplexes du rap.

Lire notre critique de Blindspotting

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Lady Gaga et Bradley Cooper : « Shallow » (A Star is Born)

Cette musique est bien l’une des seules choses à sauver de ce film qui accumule les clichés et les maladresses. Dans A Star is Born, sorti le 3 octobre, Lady Gaga fait ses premiers pas au cinéma en interprétant Ally, jeune femme à la voix exceptionnelle et au talent de parolière certain, qui va enfin trouver le succès grâce au musicien Jackson Maine, incarné par Bradley Cooper.

Un soir, alors qu’il a invité Ally à assister à son concert, Jackson va la forcer (c’est bien là le terme…) à chanter sur scène. Il en découle « Shallow », une chanson qui permet à Lady Gaga de montrer deux facettes : un premier couplet doux et naturel, suivi d’un refrain puissant agressif, plus proche de ce qu’on connait de la chanteuse. Celle-ci réussit également à montrer ces deux aspects dans son jeu d’actrice, brossant une Ally à la fois terrifiée et extasiée de chanter devant un tel public.

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John Carpenter : « Halloween Theme » (Halloween)

S’il y a bien une mélodie qui s’impose en ce mois d’octobre, c’est celle de la saga Halloween : quelques notes de piano, composées par John Carpenter il y a quarante ans, qui à elles seules suffisent à susciter la peur… et à nous rappeler les horreurs de Michael Myers.

S’il a passé la réalisation à David Gordon Green pour le film sorti cette année, John Carpenter s’est imposé comme producteur, mais aussi en tant que compositeur, accompagné de son fils Cody et Daniel Davies. Ensemble, ils remettent au goût du jour ce mythique thème et le rendent d’autant plus nerveux, avec davantage de percussions, et l’ajout d’une guitare électrique. Le retour du synthétiseur sur certaines pistes (comme « The Shape Returns » ou « The Shape Kills ») nous donnent l’impression de replonger quarante ans en arrière, devant le film original. Une bande-son aussi réussie que le film !

Lire notre critique de Halloween

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Khaled Mouzanar : « Eye of God » (Capharnaüm)

Si à Cannes les plus sceptiques ont reproché l’utilisation trop tire-larme sa musique, Capharnaüm a globalement conquis le cœur de tous. Pour son troisième long métrage, la réalisatrice Nadine Labaki s’est encore une fois tournée vers le même compositeur. Et pour cause, Khaled Mouzanar est à la fois son mari et le producteur du film ! De cette intimité naît une musique bouleversante qui appuie là où il faut.

La force du film est de laisser, régulièrement, la place à la musique en coupant tout autre son. C’est ainsi qu’on peut entendre ce magnifique morceau qu’est « Eye of the God ». Le côté oriental se marie magnifiquement avec l’usage du violon et de son motif qui se répète inlassablement. On a presque la sensation d’entendre les cris du petit Zain à travers cette sublime complainte. Une bande originale intrinsèquement rattachée aux images du film, qui pourtant réussit à exister indépendamment.

Lire notre critique de Capharnaüm

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Eminem : « Venom » (Venom)

Encore une fois, Venom est la preuve que les bonnes musiques ne font pas les bons films. Si le film nous a particulièrement déçu, son générique vaut le détour : Eminem y interprète « Venom », issue de son tout dernier album Kamikaze et qu’il a composée pour l’occasion… soit une raison de plus d’attendre avec impatience la fin du film.

Le rappeur américain est d’ailleurs un habitué des musiques de films : après avoir participé à la bande originale du film 8 Miles de Curtis Hanson (2002) dans lequel il jouait également, Eminem a réalisé la musique originale du film La Rage au ventre d’Antoine Fuqua (2015), et notamment la chanson « Kings Never Die », qu’il interprète avec Gwen Stephani et que l’on entend dans le générique du film.

Lire notre critique de Venom

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Michel Berger : « Paradis Blanc » (Nos Batailles)

Il est sorti au cinéma le 3 octobre sans trop faire de bruit, et pour cause : Nos batailles est un très beau film mais qui est bien loin du spectaculaire, du dramatique ou du tape-à-l’œil. Nos batailles, réalisé par Guillaume Senez, c’est l’histoire d’Olivier (Romain Duris), qui mène une vie banale remplie d’obstacles. Lorsque sa femme disparaît du jour au lendemain, emportant ses affaires sans laisser d’explication, Olivier doit continuer à se réveiller chaque jour, à élever ses deux enfants et à aller travailler, tout en étant déchiré entre l’envie de comprendre et le besoin d’aller de l’avant.

Si la bande originale de Nos batailles ne marque pas particulièrement l’esprit, une des séquences vers la moitié du film, qui représente le temps qui passe et la vie qui continue tant bien que mal, est accompagnée par la magnifique chanson de Michel Berger, « Paradis Blanc ». Cette musique réussit à transmettre une certaine tristesse doucereuse, une nostalgie du temps passé, du temps heureux. Il en émane une langueur qui renforce l’attente engourdissante dans laquelle est plongée le protagoniste mais aussi un certain calme, l’idée d’une acceptation : l’acceptation qu’il faut survivre malgré toutes les difficultés de la vie, et que la mort sera plus douce que la vie. Sans aucun doute la scène la plus déchirante du film.

 


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