[Dossier] Halloween : les frayeurs de la rédac

Ça (non, on ne parle pas du clown Pennywise) y est, c’est Halloween ! Vos citrouilles sont-elles prêtes ? Si votre liste de films l’est un peu moins, une partie de la rédaction vous propose de découvrir les œuvres qui les ont le plus marqué. Traumatismes d’enfance ou révélations tardives, il n’est jamais trop tard pour découvrir un film d’épouvante, aussi bon que mauvais soit-il – car, il faut l’avouer, les nanars sont nombreux et parfois de beaux plaisirs coupables… Nous espérons que ce rapide tour d’horizon horrifique vous donnera quelques idées !

Audrey : David Lynch comme tortionnaire

Il y a bien des films qui ont indifféremment provoqué chez moi la peur, le rire gêné, le dérangement, le malaise… Les incontournables Psychose et Shining ne dérogent pas à la règle, pour les raisons que l’on ne présente plus et qui en font d’indéniables chefs-d’oeuvre. Roman Polanski s’ajoute à la liste, avec ses histoires de voisins carrément flippants dans Rosemary’s Baby ou encore Le Locataire. De mes premiers souvenirs d’angoisse, il me reste le français Ils, de Xavier Palud et David Moreau ou encore le plus fun The Faculty (assurément culte !), aux atours de teen-movie, réalisé par Robert Rodriguez dont je ne pourrais également que trop conseiller Une nuit en enfer, pour les amateurs de soirées cinéma bis. Depuis les années 2000, je retiens le méconnu The Incident du Français Alexandres Cortès dont l’ancrage au sein d’un hôpital psychiatrique me rappelle la très réussie saison 2 d’American Horror Story : Asylum. Enfin, mon coup de cœur de la dernière décennie reste Jusqu’en en enfer d’un autre maître du genre, Sam Raimi (Evil Dead). Son rythme effréné, son écriture judicieuse et son mélange des tons font le récit d’une jeune banquière en proie à une malédiction et assurent une stimulante projection de fun et de flippe.

Mais pendant longtemps, le plus énervant pour l’amatrice de cinéma que je suis, était de ne pas être capable de citer quelques titres lorsque l’on me demandait mon film d’horreur préféré. C’était avant que je réalise l’impact des films de David Lynch sur mon subconscient. Bien que toute sa filmographie puisse ici être exploitée, c’est personnellement avec Mulholland Drive que cela a commencé, avec cette femme derrière les poubelles d’un restaurant de bord de route. Ensuite viennent les hommes-lapins de la mini-série Rabbits (qui passe à la télévision dans Inland Empire) évoluant sur une scène de théâtre, sous les rires enregistrés du public. Et puis évidemment Lost Highway, dont le Mystery Man mène (ex æquo avec Bob dans Twin Peaks) l’impressionnante lignée de personnages déstabilisants dont seul Lynch a le secret. Est-ce de la peur ? Je ne sais pas. Mais je ne me rappelle presque jamais de mes rêves et seul le cinéma de David Lynch me permet de retrouver, éveillée, cette sensation d’étrangeté, disloquée et prégnante que laissent ceux qui se confondent avec les cauchemars.

 

Simon : la peur de la transformation

L’horreur est souvent liée à l’enfance… Parfois on se met à être effrayé par des monstres qui, des années plus tard, nous font rire. C’est le cas, pour moi, du premier Men in Black et d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Dans ces deux films, il est question de transformation : l’horreur surgit de l’ordinaire, de l’humain. Dans Men in black, c’est cet insecte alien géant qui avait choisi un fermier comme hôte. Dans le troisième Harry Potter, c’est Lupin qui à la lumière de la pleine Lune se révèle être un loup-garou. Les corps se plient, ne respectent plus les lois physiques, se transforment, les os se brisent, les visages se tordent. Il y a dans cette vision de la transformation quelque chose de terrifiant car cela s’apparente au corps humain.

L’autre grande peur, l’effroi qui a parcouru mon échine trop souvent, c’est celle de la peur du hors cadre. Tant que la menace est visible à l’écran, que le monstre est bien là, on peut apprendre à dompter sa peur en anticipant le moindre mouvement de ce mal. Mais lorsque la menace n’est plus visible, l’effroi est encore plus fort. Les dents de la mer a été un véritable traumatisme, car le requin se fait trop souvent invisible. Récemment, It Follows joue avec cette notion de cadre et de ce qui est visible ou non pour traumatiser le spectateur.

Gabin : la peur comme moteur

S’il y a bien un choc horrifique que j’ai vécu au cours de mon enfance, c’est lorsque j’ai découvert les scènes de différents films de George A. Romero. Du militaire éventré par les zombies dans Day of the Dead à l’assaut de l’immeuble ultra-violent de Dawn of the Dead, les organes et l’hémoglobine se répandant abondamment n’en ont pas fini de me glacer le sang – et que dire que la scène de « l’oeil » dans L’Enfer des zombies de Lucio Fulci ! Mais ce sont aussi les musiques de ces films, souvent composées au synthétiseur, qui savent faire naître la peur, qu’il s’agisse de l’ouverture du Shining de Stanley Kubrick ou bien celle – mythique – d’Halloween de John Carpenter. Puis sont arrivées, pendant mon adolescence, diverses franchises que j’ai pris plaisir à retrouver à chacun de leur nouvel opus comme Destination Finale et son esprit profondément sadique, plein d’humour noir, aux morts fichtrement inventives (bien que parfois invraisemblables) ou encore la saga Détour mortel (qui aura bientôt droit à un reboot !) et ses tueries qui prêtent plus au rire qu’à l’épouvante. Porté par Jaume Balaguero et Paco Plaza, le premier [REC] fait également partie de mes premiers chocs cinématographiques à l’adolescence ; peut-être aurait-il mieux valu en rester là pour la saga. Le second volet, passe encore, mais Genesis et Apocalypse restent aujourd’hui d’amères déceptions. Si vous avez un peu plus envie de rire, ne passez pas à côté de la trilogie Cornetto d’Edgar Wright : si Shaun of the Dead est évidemment le plus indiqué dans la thématique, Hot Fuzz et Le dernier pub avant la fin du monde ont tous deux une telle part de bizarrerie qu’il serait tout de même bon de les retrouver à Halloween.

Au cas où vous seriez un lecteur assidu de notre blog, vous avez peut-être remarqué que j’écris le plus sur… les films d’horreur. Ces dernières années ont été très prolifiques et ont permis à divers cinéastes d’affirmer leur talent – James Wan, qui après le premier Saw a créé les franchises Insidious et Conjuring – ou de se révéler – Fede Alvarez avec son remake d’Evil Dead ou Don’t Breathe : la Maison des Ténèbres. Je ne manquerai pas non plus de rappeler le choc qu’a été pour moi Ghostland de Pascal Laugier (dont vous pouvez retrouver la critique), presque à la hauteur de ses Martyrs, ou bien Hérédité d’Ari Aster. Son ambiance absolument obsédante (ce claquement de bouche intempestif !), la performance incroyable de Toni Collette, ce final éprouvant… Tout juste sorti en DVD et Blu-ray, le film devrait se trouver une place de choix dans vos listes. Et que dire de The Haunting of Hill House, certainement l’une des séries les plus effrayantes de l’année ? Signée Mike Flanagan, elle s’impose comme une oeuvre-somme de toute sa filmographie : des années après la mort de leur mère, les enfants de la famille Crain font face à la perte de l’un des leurs, décédé dans la maison où ils ont passé leur enfance. Entre drame familiale, perception du deuil et horreur pure, la série impose bien des moments d’angoisse.

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