Docteur Frankenstein et son abominable expérience

Le roman Frankenstein ou le Prométhée Moderne, publié en 1818 par Mary Shelley, connait une énième adaptation sur grand écran. La Britannique se retourne surement dans sa tombe en découvrant Docteur Frankenstein. Dans le rôle titre, James McAvoy, associé à Daniel Radcliffe. Pour ses fidèles lecteurs, Silence Moteur Action a assisté à la naisance d’un monstre. Certains feraient mieux de rester imaginaires.

It’s ALIVE! (Et pas en bonne santé). La créature du Dr Frankenstein aurait mieux fait de ne pas se réveiller. En même temps, son créateur ne lui a pas posé la question. Un peu comme Paul McGuigan avec le célèbre roman gothique de ce docteur excentrique (son associé Igor n’apparaît que dans le film éponyme de 1931). Pourquoi s’attaquer aux classiques lorsqu’on peut créer ? Pourquoi, alors que cette fabuleuse histoire de vie et de mort aux questions philosophiques a connu tant d’adaptations réussies, la ramener à la vie? Si encore c’était fait avec talent…

Passons la réalisation. Elle est inexistante. Rappelons qu’il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton « On » de la caméra pour faire du cinéma. Il faut regarder ce que l’on filme. Il faut aussi des auteurs. Raté. Sauf si ce sont ceux du Saturday Night Live et qu’il s’agit d’un long sketch (1h49). Car on s’attend à voir débarquer Jimmy Fallon en monstre et Ellen DeGeneres en copine/acrobate/noble a deux balles. Pas un seul aspect n’est à récupérer.

Victor et Igor, quelle « horror »

Si la 20th Century Fox comptait sur le duo d’acteurs pour sauver les meubles, loupé. Eux-mêmes n’y croient pas. James McAvoy imite le Sherlock de Robert Downey Jr. Il est aussi crédible en médecin qu’un étudiant en médecine repassant pour la septième fois l’examen de fin d’année. Doit-on parler de la scène de combat face aux freaks du cirque ? Non ? Tant mieux. Que dire de Harry Potter ? Oups, Daniel Radcliffe. Pas de bol pour lui, la cicatrice du petit sorcier lui colle à la peau. Pas sûr que ce genre de rôle lui rende service. De bossu étudiant l’anatomie du corps humain sur son temps libre (comme n’importe quel bossu bossant dans un cirque londonien au 19e siècle), il passe à assistant dans un laboratoire.

Arrivé aux dernières minutes du film (on remerciera la voisine de fauteuil pour ses ronflements, elle apportait un brin de comédie à cette projection), on se rend compte du pire. McGuigan laisse une fin ouverte… à une suite. Malédiction. Si Docteur Frankenstein connaîtra sûrement une petite mort en salle, un conseil : ne ramenez pas cette horreur à la vie.

Docteur Frankenstein, le 25 novembre au cinéma 
Un film de Paul McGuigan, avec James McAvoy, Daniel Radcliffe, Andrew Scott…

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