Discount, entre comédie, drame et braquage : 3 films en un qui devraient plaire à tout le monde !

On vous avait déjà parlé de Discount sur Silence Moteur Action, un film  présenté par sa productrice  Liza Benguigui comme une comédie sociale. Pourtant, il en est autre. Discount est en fait trois films en un seul. Réaliser un unique long-métrage est compliqué, surtout pour une première fois. Mais le réalisateur Louis-Julien Petit parvient à régaler son spectateur en jonglant habilement entre trois registres tous aussi maitrisés les uns que les autres.

Une comédie sociale

Discount sait faire rire. En se concentrant sur le microcosme du monde du discount quelque part dans le nord de la France, le film tente de s’adresser au plus grand nombre. Les situations que l’on nous présente  sont aussi drôles qu’elles sont réalistes. Nous sommes à des années lumières des comédies françaises classiques lourdingues pour se rapprocher de ce que Ken Loach avait pu faire quelques années auparavant. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son nom est noté sur l’affiche et si l’esthétique du film nous rappelle fortement les comédies britanniques ! L’humour y est toujours bien pensé et justement dosé tout comme les situations qui permettent le registre comique, le tout porté par des personnages convaincants.

Cinq personnages principaux ponctuent ce petit bijou de cinéma français et qui fait du bien vu la situation actuelle. Tout le monde s’y retrouve, homme ou femme, de situations différentes et/ou d’origines différentes. Chacun a donc sa touche à apporter au film avec un humour différent à chaque fois : que ce soit avec un comique tantôt pataud tantôt gaffeur, Discount surprend par des répliques bien senties et un comique de répétition subtilement maitrisé. D’ailleurs, pour ceux qui iront voir le film deux mots vous resteront dans la tête à la fin du générique : tarama et solidaire. Enfin une comédie, une vraie !

Silence Moteur Action
Discount

Un drame contemporain

Comparé aux autres films de ce début d’année 2015, Discount reste original. Il faut dire que quand nous n’avons pas un remake, un reboot ou une suite, Hollywood s’accapare les récits bibliques ou même des faits divers sanglants sans grande inspiration scénaristique. Bien loin de ce qui se fait actuellement, Discount préfère se concentrer sur un sujet d’actualité certes général, la crise, mais ciblé puisqu’il s’intéresse à l’univers des magasins discount. L’action se place dans le nord de la France et s’intéresse à une classe sociale bien particulière. Dès lors, Discount apparaît comme un film sur une minorité sociale mais qui semble parler pour tout le monde ! En effet, chacun s’y reconnaîtra grâce à un réalisme saisissant qui ponctue le film de part en part.

Quand Discount ne fait pas rire, il tente de faire pleurer, ou dans une moindre mesure, de faire réagir sur des thématiques sociales propres à la situation actuelle de la France : crise économique, licenciements, diminution du pouvoir d’achat… Si certains regretteront le fait que ces thèmes ne soient pas plus vus en profondeur, d’autres apprécieront que ces questions soient simplement effleurées et touchées du doigt pour éviter de prendre parti. Après tout, le but du film n’est pas de dénoncer mais de montrer. Il ne s’agit pas non plus d’une satire sociale qui vise à vous détourner des supermarchés discount. Discount est simplement un drame, entremêlé à une comédie et qui en plus, laisse entrevoir un troisième et dernier registre…

Un film de casse original

Dans le cinéma britannique, les comédies côtoient parfois un autre registre cinématographique dont le mélange fait souvent plaisir à voir : le film de braquage. On pense ainsi chez nos amis anglais à Guy Ritchie et son Snatch,  Arnaques, Crimes et Botanique ou encore à Braquage à l’anglaise de Roger Donaldson. Discount, en bonne référence aux comédies de Ken Loach nous rappele les films de casse. L’histoire s’y prête encore mieux quand les personnages décident de piller le magasin qui les emploient pour créer leur propre enseigne. Musique, montage et suspense propres à ce genre de films sont donc au rendez-vous dans Discount.

Le mélange de ces deux registres très marqués par la culture britannique est plus que réussi et assumé. En allant du rire au larmes, Discount sait être un film avec pour personnages principaux des braqueurs, des monsieurs tout-le-monde et des victimes de la société. La scène d’introduction vous rappellera d’ailleurs bon nombre de films de braquages et le dénouement fera, pour une fois, plaisir à voir car assez original pour un long-métrage voguant entre plusieurs registres.

Conclusion

Avec un esprit très british, Discount est un premier film hybride réussi et maitrisé. De la comédie sociale à la Ken Loach en passant par le film de braquage de Guy Ritchie, Discount sait marier plusieurs registres cinématographiques où l’anglaise Kim Wilde vient ponctuer une bande-son revigorante. Trois films en un, tous aussi réussi les uns que les autres, et qui sauront plaire en tout point de vue.

Discount : au cinéma le 21 Janvier 2015

Un film de Louis-Julien Petit

Avec Olivier Barthélémy, Corinne Masiero, Pascal Demolon, M’Barek Belkouk, Sarah Suco et la participation de Zabou Breitman. 

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