[Rétrospective] Derrière les barreaux, un autre monde

À l’occasion de la sortie, le 20 juin 2018, du film de Jean-Stéphane Sauvaire, Une prière avant l’aube, nous dédions notre rétrospective du mois à l’univers carcéral au cinéma et à la télévision. Les films et les séries se déroulant en prison sont presque devenus un genre en soi, et permettent d’évoquer des questions existentielles ou de société, mais ils sont surtout, la plupart du temps, le reflet du monde à un instant T. Du Trou de Jean Becker à American History X de Tony Kaye en passant par La ligne verte et Les évadés de Franck Darabont jusqu’à l’Impasse de De Palma ou Un Prophète de Jacques Audiard, il est toujours question du rapport au monde : dès lors que l’on rentre en prison, c’est que l’on a échoué dans la société. Sauf que peu savent que commence alors une nouvelle vie, derrière les barreaux…

La vie en prison

Lorsque l’on franchit une prison, c’est tout un univers que l’on découvre. Une société parallèle à la nôtre qui est régie par ses propres règles, ses propres chefs. Il est alors intéressant de se questionner sur la manière dont les cinéastes filment la prison par rapport à la manière dont ils filment la réalité, jouant sur le son, sur l’ambiance visuelle, sur les rapports entre les personnages. La vie est belle de Benigni, par exemple, sublime la prison en adoptant le point de vue d’un enfant. Celui-ci découvre la prison (ici, un camp de concentration) par le biais de son père, et de ce que ce dernier décide de lui montrer et de lui dire. Le spectateur, s’il est au courant de la supercherie, accepte alors néanmoins ce point de vue.

Mais la prison pose aussi la question de la communauté, de cette famille qu’on ne s’est pas choisie. On pense à American History X ou Le Prophète, mais aussi dans un autre registre la série Orange Is The New Black qui réussit à dresser le portrait d’une Amérique remplie de diversité mais surtout d’outsiders, de marginaux.

S’échapper, pour un retour à la réalité

Être prisonnier c’est aussi être enfermé, bloqué derrière des barreaux. Ainsi, nombreuses sont les œuvres où les protagonistes veulent s’échapper. Le trou de Jean Becker en est l’exemple le plus brillant, tant la mise en scène naturaliste et formaliste vient sublimer une tentative de fuite d’une prison. La série Prison Break évoque aussi ce sujet, de manière beaucoup plus sérielle donc, avec une répétition dans la manière de procéder.

Mais la sortie de prison peut être tout à fait légale, et les films juridiques, de procès, occupent une large place de réseau de les films évoquant le monde carcéral. Les cinéastes du Nouvel Hollywood en font une toile de fond dans leur filmographie, de De Palma et ses prisonniers récidivistes (L’Impasse, Pulsion) à Scorsese et ses mafieux dont la prison semble l’inévitable finalité (de Shutter Island aux Infiltrés jusqu’au Loup de Wall Street) ou encore Spielberg et Coppola

Enfin, parfois, la prison semble n’être qu’une étape. Avant quoi ? La mort, traitée avec pudeur dans La ligne verte ; le retour à la réalité et à la société, un apprentissage (par le biais de la poésie, de la littérature, d’un sport…). Quoi qu’il en soit, quand on sort de prison (si l’on en sort …), on est changé. Le spectateur aussi.

A découvrir chaque week-end dans la rétrospective Derrière les barreaux :


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