Décryptage de générique : Sherlock, dans les yeux de Holmes

La rédaction de Silence Moteur Action se relance dans le décryptage de générique à travers celui d’une série somme toute appropriée à l’exercice : le Sherlock de la BBC, incarné parBenedict Cumberbatch et soutenu par Martin Freeman dans le rôle du Dr Watson. Dans l’attente de la quatrième saison qui devrait démarrer en 2016 et qui sera « la dernière chose à laquelle nous nous attendrons », voyons si l’on peut se mettre dans la peau de Sherlock Holmes !

Dans les yeux de Sherlock

Trois saisons et on a bien compris que le rôle était fait pour lui. Benedict Cumberbatch incarne un Sherlock Holmes moderne parfait (en toute objectivité) et nous plonge dans un univers à la sauce anglaise BBC des plus prenants. De beaux moyens techniques et un casting qui fonctionne débutent ce qui constitue une série qui vaut absolument le détour. Et la production n’a pas lésiné sur le générique, qui nous plonge directement dans le bain tout en nous proposant de l’inédit en la matière.

Vous l’avez compris, notamment pour ceux qui suivent la série, le générique de Sherlock est le seul moment durant lequel nous nous trouvons dans sa tête. Bien sûr, la série nous offre des scènes fascinantes et techniquement nouvelles : le fameux « mind palace » de Holmes, les SMS reçus inscrits dans les plans, les déductions et observations du personnage apparaissant à l’écran etc. Mais ces 32 secondes d’ouverture sont le seul reflet de la vision du monde du détective privé quelque peu excentrique. Ce sont les graphistes de Peter Anderson Studio qui signent ce générique pour la BBC, à l’instar de celui de Doctor Who et bien d’autres. La société elle-même revendique cette façon de « souligner la vision du monde unique de Sherlock, permettant au spectateur un bref instant dans son esprit où le détail est tout. » Et pour ça, rien de plus nécessaire que l’utilisation de nombreux tilt-shift et zooms saccadés, accentuant l’impression de poser son regard sur le monde. On attire notre regard vers des détails oubliés ou peu visibles, dans un ensemble transformé en une quasi-maquette.

Pas d’infidélité

L’autre particularité (qui n’en est pas vraiment une) de ce générique, c’est l’accumulation des symboles de Londres. Big Ben, Picadilly Circus, London Eye, les taxis londoniens, les bus à l’impériale… tout y est pour nous rappeler que Sir Arthur Conan Doyle était bien anglais et que la série et ses scénaristes – Steven Moffat, Steve Thompson et Mark Gatiss – lui seront fidèles. Mais encore une fois, cette vision est purement observatrice et non patriotique. Les yeux de Sherlock voient tout et de haut puisque tous ces symboles sont mis à portée de regard ou en plongée par rapport au spectateur. Une façon de situer l’action et de la représenter comme le détective s’échine à nous l’expliquer tout au long de la série – et on en redemande !
Autre aspect central de ce générique, c’est bien évidemment la musique. Composition originale de David Arnold et Michael Price, elle dépeint presque inconsciemment la personnalité de Sherlock et de la série : un mélange d’ancien – via les cordes qui nous renvoient au cœur d’un Londres victorien – et de moderne, lancé par des percussions qui nous entrainent directement vers la suite de l’histoire. Sans être spécialiste, on perçoit cette ambiance particulière créée par les scénaristes, désireux d’adapter un monument de la littérature du 19ème siècle, ainsi qu’un personnage au vocabulaire bien distingué, au monde d’aujourd’hui. Trente-deux secondes suffisent pour imposer un thème à la série, que l’on retrouvera quelque peu modifié à travers différents épisodes, et retranscrire son univers.

La passion du logique

En plus de ces symboles, le générique de Sherlock nous ramène aux intérêts personnels du détective incarné par Cumberbatch : les sciences légales (et pas vraiment les autres, puisqu’il semble ignorer la façon dont fonctionne le système solaire…). Mais revenons à nos images ! En effet, en plus des plans consacrés à la ville de Londres, le générique comporte plusieurs plans empruntés à la série et d’autres à l’observation microscopique et à la réaction chimique d’éléments. On se souviendra que Sherlock est particulièrement pointu durant ses enquêtes et ne néglige aucun détail susceptible de l’amener à la conclusion, ce qui l’amène à formuler ses propres expériences. On aperçoit également sa fameuse loupe modernisée, petit bijou d’adaptation qui n’échappe pas aux fans du personnage.

En somme, on retrouve divers indices qui nous renvoient au caractère intrinsèque de Sherlock Holmes et nous permettent, sinon de comprendre ses cheminements, d’en discerner les méthodes. Une manière intéressante de nous plonger un peu plus dans la personnalité de ce cynique passionné qui nous fait craquer.

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