[Critique] Vice Versa, le chef d’œuvre signé Pixar

Vice Versa (Inside Out en VO), c’est le dernier bébé de Disney-Pixar, celui qu’on attendait tous depuis assez longtemps mine de rien, car 2014 a été marquée par un grand vide du côté des studios. Silence Moteur Action a eu la chance d’assister à l’avant-première mondiale en même temps que la diffusion à Cannes, et on a A-DO-RÉ.

Le retour prodige

En réalité, quand on est sortis de la salle, il y a eu un petit temps de battement où rien n’a pu sortir de notre bouche. Déjà, il a fallu sécher les larmes discrètement et ensuite essayer de mettre des mots sur l’électrochoc qu’on venait de recevoir. On n’exagère même pas, Vice Versa c’est le genre de film où tu y penses encore deux jours après. Et où tu as envie d’aller le voir encore et savourer chaque centime dépensé savoureusement dans un chef d’œuvre d’animation.

Bon, on connaissait déjà un peu le talent des studios Disney-Pixar, qui a sa place dans nos cœurs depuis avant même notre naissance. Mais alors LÀ, messieurs dames, on entre dans le haut de gamme, dans l’explosion d’émotions. Et pour cause : Vice Versa nous emmène à l’intérieur même de nos méninges et nous explique d’une manière drôle et intelligente le pourquoi du comment de nos émotions au travers de la petite Riley, une préadolescente qui savoure les joies de la préadolescence.

D’une manière imagée, amusante et éclairée, le réalisateur Pete Docter personnifie la Joie (VF : Charlotte Le Bon), accompagnée de la Colère (Gilles Lellouche), du Dégoût (Mélanie Laurent), la Peur (Pierre Niney) et de la Tristesse (Marilou Berry). Joie et Tristesse, par une erreur de manipulation se retrouvent hors du Quartier Cérébral où les émotions régissent le comportement de Riley, laissant le contrôle de l’humeur de la jeune fille à Colère, Dégoût et Peur.

Un ascenseur émotionnel

Vice Versa nous amène à nous interroger sur le fonctionnement des émotions, notamment en cette période pleine d’incompréhension et de doutes qu’est la puberté. On envie presque les petites de 11 ans qui vont pouvoir expliquer le bouleversement qu’elles traversent. Il ne faut cependant pas croire que le film ne parle qu’aux jeunes filles, non, non. On a vu des larmes couler sur pas mal de visages autour de nous, inutile d’essayer de le cacher. Vice Versa touche tout le monde, des personnes au cœur de pierre aux adulescents soulagés d’être sortis de la période des boutons sur le nez. Si on se retrouve autant dans la tête de Riley, c’est tout simplement parce qu’on est tous passés par là. Ce moment de vide, cette incompréhension générale, ce bouleversement et cette sensation que tout s’effondre autour de nous.

Pete Docter met en lumière cette confusion générale par une telle justesse, que retourner le voir ne serait pas de trop pour saisir toutes les subtilités métaphoriques. Non seulement on pleure sans retenue, mais aussi qu’est ce qu’on rit ! Les gags sont tous très bien pensés, intelligents, Vice Versa ne fait pas rire dans le vide, une pensée fine et travaillée traverse les moindres traits d’esprits présents dans l’animation. Le tout réussit à être maintenu dans un cadre léger, dans lequel les enfants en bas âge pourront trouver leur bonheur. Vice Versa a cette capacité à émouvoir, à nous réunir, et à nous attendrir par un scénario qui n’hésite pas à repousser les frontières de l’imaginaire.

 

Réalisé par : Pete Docter
Au cinéma le : 17 juin 2015

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