[Critique] Valerian et la Cité des milles planètes : pop & coloré


Après Lucy, le cinéaste français Luc Besson (Le Grand Bleu, Léon, Le Cinquième Élément) revient avec Valerian et la Cité des mille planètes, film adapté de la saga en bande dessinée de Christin et Mézieres. Retour sur le film événement de l’année.

Comment parler de Valerian sans évoquer le contexte dans lequel le film s’est fait ? Plus gros budget de l’histoire du cinéma français et – selon les journalistes américains – plus gros film indépendant (comprenez fait sans l’aide d’une major hollywoodienne), le film a même participé à changer la législation française (sur le crédit d’impôt accordé aux films) et a été tourné en France, faisant pleuvoir des millions d’euros sur la région Île de France. Dur d’être neutre dans ces circonstances. Et pourtant.

Un univers inspiré 

Sorte de croisement hybride entre les blockbusters hollywoodiens (par ses acteurs et sa construction du récit), le cinéma français (via son équipe technique et artistique, mais aussi avec quelques caméos comiques), le cinéma chinois (Besson glorifie la technologie récurrente dans leurs films et rend présent à l’écran des acteurs chinois comme Kris Wu) et globalement le reste du monde (Les effets spéciaux du film ont notamment été réalisés par les géants ILM et WETA en Nouvelle Zélande, un concours international a été organisé pour la création des costumes), Valerian est une oeuvre particulière. Au XXVIIIème siècle, Valerian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) sont deux agents fédéraux censés préserver la paix dans l’univers. Quand le mal attaque le cœur d’Alpha, la planète-ville construite autour de l’ISS, ils partent en mission pour sauver l’univers.

Dès son synopsis, Valerian pose son ambition : raconter une aventure dans un monde visuellement riche. En ça, le film est une réussite. En s’inspirant et en rendant hommage aux pontes du genre – de Star Wars (par sa diversité d’espèces et la construction et vraisemblance de l’univers) à Avatar (avec le ressort à la motion capture, la sensation d’émerveillement et de découverte) jusqu’à Blade Runner (la ville d’Alpha rappelle le Los Angeles du film de Ridley Scott) – Besson livre un film visuellement spectaculaire. Très coloré, rythmé et vivant, cette aventure nous emmène aux confins de l’univers. De belles fulgurances font du film un divertissement plus que réussi, notamment par une mise en scène et une direction artistique inspirées : décors originaux, séquence d’ouverture géniale, plans séquences nombreux et astucieux, séquence en réalité virtuelle ou même caméos surprenants mais réussis (Alain Chabat, Rihanna). Besson s’impose même de faire vivre son intrigue en 24h à ses personnages. S’il s’agit d’une décision risquée, le réalisateur gère néanmoins parfaitement la temporalité de son film et son rythme effréné.

De lourdes lacunes

Mais on pourra reprocher à Valerian des défauts assez conséquents. En premier lieu, son scénario qui semble s’écraser en cours de route après avoir, pourtant, bien démarré. La faute à des personnages sans véritables enjeux et à l’écriture décevante. De ce fait, les acteurs font ce qu’ils peuvent (qui plus est face à des écrans verts). Dane DeHaan sous-joue en Valerian (trop) sûr de lui et prétentieux, tandis que Cara Delevingne sort du lot par des mimiques parfois surjouées. L’équilibre n’est pas là, de même chez Clive Owen (grand méchant du film) qui livre une performance anecdotique. Heuresement, les courtes apparitions de « stars » font mouches : Rihanna, Ethan Hawke, Alain Chabat

De plus, Luc Besson semble privilégier les séquences en elles-mêmes au film dans sa globalité. On a l’impression de voir des tableaux, certes très beaux, plutôt qu’un film complet. Le scénario inégal participe à déséquilibrer le film, qui marque les esprits dans sa première demi-heure pour s’égarer ensuite. Enfin, on notera une bande originale très décevante composée pourtant par le français oscarisé Alexandre Desplat.

Conclusion : Malgré de gros défauts, Valerian est un film impressionnant. Finalement le seul vrai blockbuster familial de l’été, le film français de Besson tire dans l’imaginaire collectif et dans la créativité mondiale pour créer une oeuvre graphique charmante, au message écologique et pacifique. Envoûtant !

Valerian et la Cité des mille planètes
Un film de Luc Besson
Sortie le  26 juillet 2017

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