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[Critique] Underwater : sous l’eau, vous n’entendrez pas Kristen crier

On la retrouvait espionne il y a quelques semaines dans le reboot de Charlie’s Angels, l’actrice Kristen Stewart est cette fois-ci mécanicienne dans une station scientifique sous-marine dans Underwater… Et évidemment, elle et ses collègues se trouvent à dix kilomètres de profondeur, sinon ce n’est pas drôle. À la barre, le réalisateur William Eubank, inconnu au bataillon, avec un pitch qui ressemble beaucoup à celui d’un autre film qu’il était censé réaliser : TauTona, une mission de sauvetage dans la mine d’or la plus profonde du monde, en Afrique du Sud, qui bascule lorsqu’est découverte une mystérieuse cité… De la mine d’or aux fonds marins, il n’y a visiblement eu qu’un pas à franchir !

Au centre du film : l’exploration des fonds marins, forés afin de découvrir (à tout prix) l’inconnu. Jusqu’à ce que les choses ne se gâtent et qu’un tremblement de terre touche la station, menaçant tous ses occupants. Il faut donc s’enfuir, affronter les éléments si ce n’est… autre chose ?

10 000 Meters Down

On sent d’emblée qu’Underwater baigne dans un océan de références à la science-fiction (promis, on arrête d’exploiter le champ lexical aquatique après cette phrase). Autant le premier Alien de Ridley Scott, pour l’apparition aléatoire des lettres du titre du film que pour son goût pour un environnement clairement anxiogène. Les couloirs de la station sous-marine, sombres, gris et étroits rappellent un peu du Nostromo, le vaisseau qui se perd sur la planète inconnue où se trouve l’Alien. Mais aussi pour la situation des personnages, employés par une multi-corporation qui n’hésite pas à noyer le poisson (tant pis, on a cédé) dès qu’un problème se présente. D’autres moments feront penser à Gravity (oui, même sous l’eau) mais on pensera surtout à un autre film sorti il y a peu et qui, lui aussi, lorgnait du côté des références : Life – Origine inconnue de Daniel Espinosa.

Si Life ne nous avait pas vraiment marqué les esprits, surtout en raison du grand-guignolesque de son final, Underwater est quant à lui plus maîtrisé. Il ne perd pas de temps à nous exposer inutilement son histoire et nous plonge (encore raté) dans l’action dès ses premières minutes, tambours battants, suivant une Kristen Stewart qui tente d’échapper à la noyade. L’actrice porte d’ailleurs le film sur ses épaules, à côté d’une batterie de personnages secondaires ultra-stéréotypés : Vincent Cassel en bon chef rassurant (qui répète toutes les cinq minutes que personne ne va mourir), T.J. Miller en comique de service, Jessica Henwick en stagiaire flipée et John Gallagher Jr. en… on sait pas trop, mais lui aussi est un peu un boulet.

Pour autant, le film parvient tout de même à s’imposer comme un divertissement plutôt bien calibré, même si – on ne se le cache pas – tout est du déjà vu. La mise en scène, principalement en caméra à l’épaule, joue beaucoup sur la sensation de claustrophobie, l’immensité et l’obscurité de l’océan nous frustrent autant que les personnages quand on passe en vue subjective… et les jumpscares (techniques pour faire sursauter le spectateur), eux, sont plutôt efficaces. Rien de bien neuf sous le soleil, si ce n’est une série B honnête et divertissante, qui réserve aussi de beaux petits moments gores. Bref : un plaisir coupable.

Conclusion : film d’épouvante bien calibré et référencé, Underwater garantit une séance divertissante et saisissante grâce à une Kristen Stewart en forme et tire l’ensemble vers le haut, malgré ses défauts.

Gabin Fontaine

Underwater
Un film de William Eubank
Durée : 1h36
En salles le 8 janvier 2020

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