[Critique] The Wife : dans l’ombre du succès

Beaucoup misaient sur une victoire de Lady Gaga aux Golden Globes pour son rôle dans A Star Is Born : c’est finalement Glenn Close qui s’est imposée pour sa performance dans The Wife. Une surprise totale pour un film dont (presque) personne n’a encore entendu parler en France, puisqu’il a été relégué à une sortie en e-cinéma ce 24 janvier. Projet cher à l’actrice, adapté d’un roman sorti il y a maintenant quatorze ans, The Wife nous plonge dans les tourments d’une vie de couple où les secrets et les non-dits se sont accumulés des années jusqu’à la saturation…

Joan (Glenn Close), l’épouse du célèbre auteur Joe Castleman (Jonathan Pryce), accompagne ce dernier à Stockholm, où il doit recevoir le Prix Nobel de littérature. L’aboutissement de toute une vie, qui devrait être un pur moment de joie, et pourtant… Au fil du voyage, Joan se rend compte qu’elle ne supporte plus son mari. Pourquoi ? Ce séjour fera resurgir les secrets et les souvenirs de toute une vie, quitte à détruire une famille entière.

Glenn Close magistrale

L’émotion était palpable lors du discours de remerciements de Glenn Close après sa victoire aux Golden Globes : « nous les femmes, nous avons cette fonction nourricière, c’est ce que l’on attend de nous. » Son rôle dans The Wife est exactement à l’image de cette déclaration : Joan Castleman a toujours vécu dans l’ombre du succès de son mari et s’est effacée à son profit, malgré toute une vie de soutien. Cet effacement, elle le subit, et Björn Runge nous le montre bien dans son cadre. Alors que Joan et son mari arrivent à Stockholm pour les préparatifs du Prix Nobel, il est le seul à attirer les regards, les félicitations, la foule. L’écart de traitement entre les deux personnages est significatif, et la manière dont Joe présente sa femme, mais également leur fils (incarné par Max Irons), l’est aussi. La tension s’installe alors peu à peu…

Ce climat particulier cache un secret que l’on se gardera bien de dévoiler, bien qu’il soit finalement assez évident à déceler. La faute à une structure un peu trop classique, parsemée de flashbacks qui dévoileront le pot aux roses de manière un peu trop appuyée. Björn Runge illustre cependant avec pertinence le regard et la considération portés aux femmes à travers les époques : une femme écrivaine conseille à Joan de ne pas en faire son métier, car il est difficile de convaincre les hommes. Il est souvent question du regard de Joe sur les autres femmes – et surtout les femmes plus jeunes. Qu’en est-il du désir après toutes ces années de vie commune ?

The Wife est avant tout porté par son duo d’acteurs principaux : Glenn Close est absolument impériale, émouvante, face à un Jonathan Pryce tout autant convaincant, notamment lors d’une déchirante dispute, déterminante pour l’avenir du couple. Mais c’est surtout lorsque Björn Runge place ses acteurs au plus près de sa caméra, dans des gros plans, le regard tourné vers l’objectif, qu’ils sont les plus émouvants. Tourmentée par les rencontres, comme celle d’un journaliste campé par Christian Slater, Joan traversera toutes les émotions. Mais sera-t-elle prête à mettre en péril l’aboutissement de toute une vie ? Jusqu’où peut-on aller par amour ? À vous de le découvrir…

Conclusion : porté avec brio par son actrice principale Glenn Close, The Wife est un émouvant portrait de femme. Malgré une structure classique, le film de Björn Runge tire son épingle du jeu grâce à de belles idées de réalisation : de très beaux plans resserrés, au plus près de ces personnages.

The Wife
Un film de Björn Runge

Sortie en e-cinéma le 24 janvier 2018

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