[Critique] The Wall : brick by boring brick ?

Cette année, Doug Liman nous donne deux rendez-vous dans les salles. Alors que les premières images de son American Made viennent d’atterrir sur la toile (pour une sortie prévue en fin d’année), c’est avec The Wall que le réalisateur revient dès ce mercredi. Tourné en deux semaines au beau milieu de la Californie, le film nous embarque pourtant à travers un conflit que le peuple américain souhaiterait bien oublier : la guerre en Irak, pour laquelle le président George W. Bush fut conspué. Il ne s’agit pourtant pas d’un film d’action à l’image de l’extravagant Edge of Tomorrow mais d’un thriller à la tension diablement millimétrée…

Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens…

Le jeu du chat et de la souris

Pourrait-on parler de huis clos pour définir The Wall ? Si le film de Doug Liman se déroule en extérieur, les deux soldats incarnés par Aaron Taylor-Johnson et John Cena se voient pris au piège au beau milieu d’une zone de combat où rien ne joue en leur faveur. Blessés, sans aucune ressource ni la moindre idée d’où se trouve leur attaquant, les militaires sont en bien mauvaise posture. Pour seul refuge : un pan de mur qui n’aura de cesse de se dégrader au fur et à mesure du film, tout autant que les chances de survie de nos héros.

L’intrigue ne perd pas de temps pour plonger ces personnages dans l’incertitude la plus absolue. Mais The Wall parvient-il à maintenir le spectateur alerte sur la durée ? Le long-métrage va à l’essentiel en ne durant pas plus d’une heure et demie : nous sommes tout autant plongés dans l’urgence absolue que les personnages. Cette urgence, c’est celle de connaître son ennemi : The Wall n’est pas un film d’action bête et méchant dont le motto serait « shoot first, think later » !

C’était pas ma guerre !

C’est à travers cette incessante conversation entre le soldat Isaac (Aaron Taylor-Johnson) et son tortionnaire (Laith Nakli) que The Wall tire son épingle du jeu et montre que le rapport des Américains avec le conflit a changé. Le scénario de Dwain Worrell se veut beaucoup plus nuancé et objectif concernant la mission effectuée par ces soldats américains qui, à première vue, semblent caractérisés par de nombreux clichés. Un langage fleuri avec de nombreux « fuck » à la minute, des vannes un peu beauf, il faut l’avouer.

Et pourtant, Isaac et Matthews (John Cena) cachent tous deux de lourds secrets. La guerre laisse des traces autant physiques que psychologiques, on le sait, et c’est un thème éculé des films du même genre. Pourtant, Worrell traite cette guerre sans manichéisme opportun où le gentil américain vient trucider des « hadjis » – un terme arabe honorifique qui désigne un musulman ayant effectué son pèlerinage à La Mecque, utilisé de manière péjorative par les soldats américains lors du conflit.

The Wall donne la parole à son antagoniste. Bien que l’on n’aperçoive jamais son visage, le film creuse sa psychologie et son personnage. Qui est-il réellement ? Pourquoi a-t-il décidé de prendre les armes ? Sa voix est une arme, tout aussi violente que ses tirs. Œil pour œil, dent pour dent.

The Wall
Un film de Doug Liman
Sortie le 7 juin 2017

En salles le 7 juin également :


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