[Critique] The Revenant : Alejandro González Iñárritu n’a plus rien à prouver

Après une première trilogie de films chorales réussie, un Biutiful classique mais efficace et un Birdman vertigineux, Alejandro González Iñárritu s’attaque à son sixième film, The Revenant. Avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy au casting, certains ne pouvaient s’attendre qu’à un chef-d’oeuvre. On y est presque à vrai dire…

Une technique irréprochable

S’il y a bien quelque chose dont on ne peut plus douter, c’est le talent de Alejandro González Iñárritu. Une filmographie minime et pourtant parfaite, quasi sans faute, lui a permis l’an dernier de récolter de nombreux Oscars. La consécration. Côté technique, le réalisateur est ce que l’on pourrait appeler un génie. Sa récente collaboration avec Emmanuel Lubezki sur Birdman ne pouvait que perdurer pour The Revenant. C’est un bon point. La photographie du film est irréprochable. Le cadrage est parfait et met en lumière toute la beauté des paysages enneigés du film. Le très long plan-séquence en scène d’ouverture, vertigineux, plonge in medias res le spectateur dans le bain : Iñárritu mérite plus que tout son Oscar du meilleur réalisateur.

Sans prétention ni autre abus de style, le cinéaste livre une performance technique éblouissante et étourdissante de 2h30. Un peu long malgré tout. Mais le résultat vaut le détour. Le passage de l’attaque de l’ours silencieuse et vertigineuse, qui lance véritablement le film, ne fait que conforter cette idée. Un point culminant que même la confrontation entre Leonardo DiCaprio et Tom Hardy ne peut égaler. Et pour cause, The Revenant, même si brillant sur le plan technique, souffre d’un casting poussif et survendu.

Duel sous la neige

Dans les rôles principaux, d’ailleurs en lice pour les Oscars, nous retrouvons Leonardo Di Caprio et Tom Hardy. Parlons du premier. Certains voient en The Revenant le film qui mettra fin à sa malédiction des Oscars. Il serait dommage justement que Leonardo Di Caprio gagne cette récompense pour ce film en question. Quel mal il y a-t-il à faire le mort une heure durant, grimaçant, rampant, gémissant dès que possible ? Si on peut imaginer la difficulté de certaines scènes, il ne livre pas sa meilleure performance. Celui-ci est bon mais ne brillera jamais par un jeu d’acteur se distinguant d’un autre. L’Oscar pourrait donc revenir à quelqu’un d’autre sans la moindre hésitation.

Pour ce qui est de Tom Hardy, le transformation physique du personnage est à ce titre notable. Véritable caméléon d’Hollywood, nous avions bon espoir dès le départ pour le rôle de Tom Hardy dans The Revenant. Mais l’accent trop prononcé de son personnage finit par user au bout de 20 minutes. Ses choix, ses actions et son histoire peinent à être approfondies. Le réglement de compte de The Revenant ne se veut finalement qu’une histoire sans saveur. Ici Alejandro González Iñárritu ne parvient pas à donner à son histoire de vengeance une dimension suffisemment interessante. L’aspect survie du film n’en restant pas moins réussi, on peut se permettre de rester sur notre faim lors de la confrontation finale entre les deux acteurs. The Revenant n’est pas une revenge story portée par deux poids lourds du cinéma américain. C’est un film de survie maîtrisé par un génie méxicain.

Conclusion : il est coutume de dire que si un film est mauvais, la faute est à rejeter sur l’acteur principal. Si le film est bon, ce n’est pas grâce à lui. C’est du aux autres. C’est exactement le cas ici. Le point négatif de The Revenant n’est rien d’autre que le casting qui semble être là pour justifier le film. Ce dernier n’en avait pas besoin avec Alejandro González Iñárritu à la barre. Une prouesse technique réussie mais qui aurait mieux fait de ne pas laisser la parole à certains.

4/5

One thought on “[Critique] The Revenant : Alejandro González Iñárritu n’a plus rien à prouver

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 Partages
Partagez1
Tweetez