Critique : The Raid 2 Berandal

Sorti il y a 3 ans, The Raid avait fait l’effet d’une bombe. Malgré un budget, un scénario minimaliste et des acteurs tous inconnus, ses combats endiablés, débordant de violence et de puissance, avaient marqué les esprits. Trois ans plus tard, Gareth Evans rempile avec The Raid 2, un second volet bien plus ambitieux. Nouvelle bombe ou pétard mouillé ?

Ambition renouvelée

The Raid 2 commence quelques instants après le carnage de l’épisode 1. Le héros, Rama, est approché par un policier nommé Bunawar qui lui propose, sans guère lui laisser le choix, d’infiltrer l’un des deux gangs (les Indonésiens Bangun et les Japonais Goto) qui pourrissent la ville de Jakarta. L’objectif ? Faire tomber les têtes dirigeantes et prouver la corruption de la police (un des grands drames de l’Indonésie). La marche à suivre ? Entrer en prison et gagner la confiance d’Uco, le fils de Bangun. Et en parallèle, un troisième larron nommé Bejo est bien décidé à faire s’entretuer les deux gangs en pleine trêve pour prendre leur place…

Comme on peut le voir, Gareth Evans a fait un effort sur le scénario. Alors queTthe Raid n’avait qu’une histoire prétexte et ressemblait à une grosse démo, le second épisode est bien plus ambitieux. Servir de la castagne, trois fois oui, mais avec un fond ! Même si les multiples dialogues sont parfois laborieux et qu’on est évidemment pas devant un Scarface ou Le Parrain, on saluera l’effort. Mais soyons honnêtes, si on va voir un actionner, c’est pour la baston. Et ici, The Raid 2 est sur une autre planète.

L’action, la vraie

Car ici, le combat n’aura été aussi puissant, rapide, organique, beau et effrayant, homérique et cauchemardesque. Pas de shaky-cam abusée, de cordes, de chorégraphies longues et artificielles, juste une parfaite maîtrise des ralentis furtifs et des changements de plans. Loin des films d’actions « propres », The Raid 2 est sale, plein de sang et d’os écrasés, sans pitié ni sentiment. Jamais un film n’avait été aussi parfait dans l’art de filmer le combat, et The Raid 2 humilie la totalité de la concurrence, asiatique comme américaine, qui sera bien difficile à regarder désormais tellement elle semble lente et pataude. A côté, Matrix et Ong Bak font figure de vulgaires amateurs.

On frissonne devant certains coups et blessures, tant les affrontements semblent réalistes. Ces affrontements, ils sont d’ailleurs bien nombreux et tous uniques. The Raid souffrait de son faible nombre de combats et de son contexte : un immeuble, des camés, quelques flics et c’est tout. Que ce soit une bagarre générale dans la cour boueuse d’une prison, une course poursuite en voiture (sans explosions), un massacre dans le métro ou un duel final dans une cuisine, The Raid 2 expérimente et impressionne par sa maîtrise et sa variété. Loin de se reposer sur un héros invincible, Gareth Evans peut compter sur des antagonistes variés et flippants (Hammer Girl, Prakoso, l’Assassin) aux styles reconnaissables qui ne feraient pas taches dans un Tarantino. La violence est encore une fois présente, mais justifiée : dans l’univers impitoyable de The Raid 2, chaque ennemi doit être tué pour de bon, que ce soit en lui brisant une jambe ou en le tuant d’un coup de machette.

Pour faire tenir tout ça, The Raid 2 est long. 2H30, ça se sent, d’autant que Gareth Evans démarre doucement pour poser son ambitieux et imparfait scénario sans se presser. Avant un dernier quart d’heure en feu d’artifice, absolument grandiose, qui laissera le spectateur épuisé, souffle coupé et l’épiderme en feu. Avec le sentiment d’une promesse tenue, et l’espoir fou que la suite (un troisième épisode est prévu) parvienne à faire encore mieux.

La Science-fiction a Star Wars. L’action a The Raid 2.

Les plus

  • Les meilleurs combats du genre
  • Violence jouissive et impressionnante
  • Des efforts sur le scénario
  • Mise en scène et musique de grande qualité, plans de toute beauté
  • Le combat final
  • Les acteurs sont de vrais combattants professionnels

Les moins

  • Assez long quand même
  • Le scénario reste assez peu passionnant

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