[Critique] The Predator : une suite folle mais imparfaite

Cet Halloween, deux créatures masquées s’affronteront au box-office… et surprise (ou pas), celles-ci sont toutes deux vedettes d’un reboot/suite/remake ou tout ce que vous voulez d’autre qui témoigne une fois encore, si l’on ne l’avait toujours pas compris, qu’Hollywood a à cœur de revigorer les franchises qui ont fait leur gloire d’antan. Si Michael Myers, le tueur masqué qui s’en prend à Laurie Strode (le rôle qui a dévoilé Jamie Lee Curtis) dans la saga Halloween est bien un être humain, le Predator est quant à lui un extra-terrestre reconnaissable par son casque massif, ses dreadlocks et son goût accru pour la violence. Une vedette du cinéma de genre, à tel point qu’on l’a même opposé au Xénomorphe, créature mythique de la saga Alien, dans deux films des plus oubliables.

Déjà relancée il y a huit ans avec Predators (dans lequel Adrian Brody se retrouvait parachuté sur la planète des extra-terrestres), la saga repose désormais dans les mains de Shane Black (Iron Man 3The Nice Guys), que l’on retrouvait par ailleurs au casting… du tout premier volet, sorti en 1987. Un parfait alignement des comètes pour le réalisateur et scénariste, qui se verrait déjà développer une nouvelle trilogie. Mais qu’en est-il déjà de ce cru 2018 ?

Une entrée sur les chapeaux de roue

Au moins, Shane Black ne perd pas de temps à nous introduire – une fois encore – ce qu’est un Predator. Son film commence sur les chapeaux de roue, avec une course-poursuite entre vaisseaux aliens qui s’écrasent sur Terre : deux Predators semblent décidés à se poursuivre l’un et l’autre, quitte à massacrer quelques humains sur le chemin. Et quand on dit massacrer, on n’exagère rien : les effusions de sang sont nombreuses dans The Predator, comme les têtes coupées ou les organes qui débordent, quand bien même sont-elles parfois trop artificielles (car le sang en images de synthèse, ça se voit !).

D’emblée, le réalisateur nous place dans un monde dans lequel l’existence des extra-terrestres ne fait plus aucun doute, même si certaines agences de surveillance privées cherchent à taire ces incidents… Le tireur d’élite Quinn McKenna (Boyd Holbrook) en fait directement les frais lorsqu’il est envoyé, avec une brochette d’autres soldats, se faire lobotomiser le cerveau après avoir malencontreusement rencontré l’alien. Évidemment, rien ne se passe comme prévu, et il faudra faire confiance à cette bande de bras cassés sur laquelle personne ne compte pour sauver le monde (sans aucune exagération) ! Parmi eux, on retrouve Trevante Rhodes, révélé par l’oscarisé Barry Jenkins dans MoonlightAlfie Allen aka Theon Greyjoy de Game of Thrones ou encore le comique Keegan Michael-Kay.

« Mais pourquoi on l’appelle le Predator déjà ? C’est stupide ! »

The Predator ne se prend (presque jamais) au sérieux et se permet même de désacraliser sa créature mythique, jusqu’à contester habilement son appellation : par définition, le prédateur chasse pour assurer sa survie. Or cet extra-terrestre le fait avant tout pour le plaisir ! Une folie totale, un extra-terrestre ultra violent… cela nous rappelle aussi un certain Venom, qui partage – étonnamment – quelques traits scénaristiques communs avec The Predator : il est fait état dans les deux films de l’inévitable extinction de l’espèce humaine, dont les extra-terrestres cherchent néanmoins à préserver le meilleur en alliant leur patrimoine génétique. Alors que le Predator pourrait simplement faire le ménage en décimant tout sur son passage, ce dernier reste en observateur face à la bande de McKenna, qui s’oppose à l’organisation dirigée par Traeger (Sterling K. Brown).

Tout au long du film, il est question de hiérarchie : jeté en pâture par son pays alors qu’il en est l’un des meilleurs éléments, McKenna doit tout faire pour rétablir son honneur. Le véritable combat l’oppose finalement à Traeger, pour savoir qui des deux fait le mieux face à cette invasion. Entre les coups bas et les insultes bien placées, la rivalité entre les deux hommes fait sourire, et témoigne une fois encore de l’emprise de Shane Black sur son scénario. À l’image du personnage de Jacob Tremblay, fils de McKenna, qui lutte lui aussi pour se faire accepter en raison de son autisme. Cette question du leadership, de la recherche des meilleurs êtres possibles pour faire subsister une espèce, est toutefois balayée dans un dernier acte peu subtil dans lequel l’action prime. On sent bien que The Predator reste malgré tout un film de grand studio américain et que quelques coupes ont dû se faire. La scène finale laisse inévitablement une porte ouverte pour la suite mais surprend par sa brièveté et, il faut l’avouer, son quasi-ridicule.

Conclusion : s’il perd un peu de son intérêt dans son dernier tiers au profit d’une action maximale, The Predator parvient à apporter une nouvelle identité à une saga vieille de trente ans. Prions pour que Shane Black conserve son poste de réalisateur pour la (ou les) suite(s) avec un peu plus de liberté !


The Predator
Un film de Shane Black
Sortie le 17 octobre 2018


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