[Critique] The Greatest Showman : une ode au rêve

En 2000, il se fait connaître aux yeux du monde sous les traits de Wolverine dans la saga X-Men. Puis, dès l’année suivante, c’est un véritable gentleman qu’il incarne dans Kate et Léopold, avant de montrer ses talents de chanteur en jouant Jean Valjean dans l’adaptation de la comédie musicale Les Misérables en 2013… Hugh Jackman est indéniablement un de ces acteurs aux multiples facettes. Après avoir endossé pour la dernière fois son rôle de mutant dans Logan en 2017, c’est sous les traits du célèbre show-businessman P. T. Barnum qui revient en janvier 2018 avec The Greatest Showman, réalisé par Michael Gracey. Au programme : chant, danses et costumes d’époque.

Fils de tailleur, Phineas Taylor Barnum (Hugh Jackman) devient très tôt orphelin et se voit obligé de grandir dans la rue et la pauvreté. Ce qui ne l’empêche pas de rêver, et dès qu’il en a l’occasion, il décide de racheter un ancien musée et de monter son propre spectacle en rassemblant des « êtres extraordinaires » : géant, nain, femme à barbe, homme tatoué, trapéziste… tous se réunissent alors pour faire de leur différences une force et pour trouver enfin une place dans une société qui les a toujours rejetés.

Visuellement spectaculaire

Éliminons dès à présent ce point : pour apprécier The Greatest Showman, il faut aimer les comédies musicales. Vous êtes prévenus. Il vaut mieux ne pas entrer dans la salle dans l’espoir d’une intrigue complexe, ni pour connaître la véritable vie de Phineas Taylor Barnum. Le film a beau être considéré comme un biopic, il reste une adaptation très libre et très édulcorée de la vie de l’homme considéré comme le créateur du show-business. Michael Gracey ne garde pas que les meilleurs facettes du personnage, mais met certainement bien plus en avant ses qualités que ses défauts. Le film de Michael Gracey remplit finalement bien sa mission : divertir avant tout. Les musiques se succèdent, l’intrigue est simple, un peu naïve, mais reste pourtant efficace, et en cela elle pourra être appréciée autant par des adultes que par un plus jeune public, qui ressortira du cinéma avec les musiques dans la tête, des étoiles plein les yeux et le sourire jusqu’aux oreilles.

Car la vraie force du film, c’est bien évidemment son côté spectaculaire. The Greatest Showman est littéralement un spectacle pour les yeux et les oreilles. La scène d’introduction donne le ton et nous embarque dès les premières secondes dans cette grande aventure. Déjà, on retient son souffle en apercevant la silhouette de Hugh Jackman, qui renoue ici avec son passé de showman à Broadway, dans un rôle qui semble à mi-chemin entre son Jean Valjean des Misérables et son Robert Angier dans Le Prestige. Il porte le film à bout de bras, il en est l’étincelle. La photographie et les décors sont également très soignés : l’histoire se déroule dans le New York du 19ème siècle, à l’époque victorienne, avant les gratte-ciel, lorsque les chemins étaient encore faits de terre. Durant près de deux heures, Michael Gracey joue sur les couleurs, les mouvements et les formes, comme dans la splendide scène sur les toits entre Hugh Jackman et Michelle Williams.

De l’ombre à la lumière

Mais The Greatest Showman ne brille pas seulement de par sa forme. Si le film ne retrace pas nécessairement la vie de P. T. Barnum dans son exactitude, il traite toutefois de thématiques fortes comme celle de l’identité, de l’acceptation de soi-même et des autres. The Greatest Showman, c’est avant tout une « célébration de la nature humaine ». C’est l’histoire de ces « freaks », ces personnes différentes, à la fois exceptionnelles et complètement exclues de la société parce qu’elles ne rentrent pas dans les codes, que Phineas va regrouper et mettre à la lumière, non pour que le public s’en moque, mais pour qu’il apprenne à les aimer. C’est montrer que le cirque, s’il peut être un lieu d’abus et d’exploitation comme ont pu le montrer des films tels que De l’eau pour les éléphants, peut aussi devenir une famille pour ces personnes seules. C’est trouver sa place dans le monde, dans la société, et s’accepter tel que l’on est. Cela est valable pour les « freaks » du cirque, mais aussi pour le personnage de Hugh Jackman.

Car il faut bien avouer que Phineas sait mieux que quiconque ce que signifie être jugé inférieur. Insatisfait par sa vie, par son travail en bureau (littéralement comparé à un cimetière à l’écran), le personnage de Hugh Jackman incarne le « self-made man » par excellence : l’homme qui se fait lui-même, qui réussit à réaliser ses rêves par la seule force de son travail et de sa créativité. En cela, le duo que composent Hugh Jackman et Zac Efron est particulièrement intéressant : P. T. Barnum, le garçon des rues qui cherche à s’élever socialement, rencontre le garçon bien né qui souhaite se libérer de sa cage dorée. Deux extrêmes qui vont se compléter, mais aussi montrer que ce n’est pas le niveau social qui fait le bonheur. Et cela, Phineas l’apprendra à ses dépens. Son spectacle, c’est sa revanche sur le monde, c’est pour lui la preuve qu’il vaut quelque chose, malgré le milieu dont il est issu. Avide de succès, d’argent et de célébrité, P. T. Barnum va chercher à dépasser les limites, pour le meilleur et pour le pire, comme un Icare qui, cherchant à se rapprocher toujours plus du Soleil, prend le risque de se brûler les ailes.

Conclusion : avec ses musiques entêtantes, ses danses entraînantes et son message positif et philanthrope, The Greatest Showman est le feel-good movie de l’hiver. Certainement un peu utopique et peu réaliste, mais digne des plus grandes comédies musicales portées à l’écran. Spectaculaire.


The Greatest Showman 
Un film de Michael Gracey
Sortie le 24 janvier 2018

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