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[Critique] The Boy – La malédiction de Brahms : poupée désarticulée

Malgré une fin ouverte, il faut bien avouer que l’on ne pensait pas voir arriver une suite à The Boy. Sorti en 2016, il mettait en scène une baby-sitter américaine campée par Lauren Cohan (Maggie de The Walking Dead) débarquée au fin fond du Royaume-Uni afin de s’occuper d’un enfant pas comme les autres : une poupée de porcelaine nommée Brahms. Son apparence inoffensive cachait pourtant un lourd secret de famille…

Quatre ans plus tard, la poupée est de retour alors qu’une famille s’installe au Manoir Heelshire, où se déroulait l’action du premier volet. C’est totalement inconscient de l’histoire du lieu que le couple souhaite trouver un lieu apaisant pour leur fils… mais celui-ci finit par se lier d’amitié avec le fameux Brahms. Mais pourquoi ont-ils eu l’idée de venir ici ?!

N’est pas Annabelle qui veut…

Pour La malédiction de Brahms, exit Lauren Cohan (dont le rôle ne sera d’ailleurs jamais mentionné dans le film, comme si elle n’avait jamais existé) et bonjour Katie Holmes, que l’on n’avait pas revue dans le genre horrifique depuis le sympathique Don’t Be Afraid of the Dark. Elle est Lisa, mère de famille, et seule tête d’affiche majeure du film, partageant la vedette avec Owain Yeoman, qui campe le mari, Sean. Leur enfant, Jude (Christopher Convery) est quant à lui mutique depuis un événement traumatisant… Aux manettes, on retrouve les mêmes réalisateur et scénariste que sur le premier volet : William Brent Bell et Stacey Menear.

Sur le papier, on pouvait imaginer une vraie continuité entre les deux films… En pratique, c’est tout l’inverse. La malédiction de Brahms est une répétition intégrale du schéma du premier film. Avec Brahms arrivent les mêmes règles que la poupée imposait dans le premier volet : ne jamais la laisser seule, lui donner à manger, ne pas faire entrer d’étranger à la maison… Peu à peu, la relation entre Brahms et Jude instaure la peur dans la maison, et Lisa se demande bien ce qu’elle peut cacher. N’est-elle qu’une projection du traumatisme de son enfant ou la poupée exerce-t-elle un quelconque pouvoir sur lui ?

S’accumulent alors les mêmes scènes de pseudo épouvante déjà vues mille fois ailleurs, de trop rares jumpscares (techniques pour faire sursauter le spectateur) moches et beaucoup d’ennui. Mais pas seulement, puisque The Boy : la malédiction de Brahms a aussi la particularité de détruire toute la mythologie qu’instaurait le premier volet, qui limitait l’origine de la malédiction à la famille des Heelshire. Ici, c’est comme si Brent Bell et Menear s’étaient rendus compte entre temps qu’Annabelle était devenue une franchise à succès, que Chuchy avait fait son grand retour… Ils réinventent donc l’histoire de la poupée afin de légitimer d’éventuels autres films, quitte à n’avoir aucune cohérence avec le film précédent. À commencer par la dernière scène du film, pas du tout respectée ici.

Conclusion : Avec La malédiction de Brahms, toute la mythologie de The Boy perd son sens au profit d’une suite opportuniste et écrite avec paresse, tout en étant profondément ennuyeuse.

Gabin Fontaine

The Boy : la malédiction de Brahms
Un film de William Brent Bell
Durée : 1h26
Sortie le 26 février 2020

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