[Critique] Strangers Prey At Night : faux bal masqué (ohé ohé)

Leatherface, Jason, Michael Myers, Ghostface… les tueurs masqués sont légion dans l’histoire des films d’horreur et Strangers Prey At Night semble vouloir s’inscrire dans leur lignée. Après 47 Meters Down, son film de requins (dont la suite sortira sur les écrans l’an prochain), le réalisateur Johannes Roberts revient sur la terre ferme. Était-il pourtant nécessaire de déterrer The Strangers huit ans après son premier volet ? Son metteur en scène Bryan Bertino revient au poste de scénariste et a toujours laissé entendre que ses tortionnaires seraient de retour : à la fin du premier volet, l’un des trois tueurs disait à un autre que ce serait « plus simple la prochaine fois »…

Une famille s’arrête pour la nuit dans un parc de mobil-homes isolé qui semble complètement désert. Une jeune femme étrange frappe à leur porte… C’est le début d’une terrible nuit d’horreur : pris pour cible et poursuivi sans relâche par trois tueurs masqués, chacun devra lutter pour sauver sa peau dans un jeu de cache-cache impitoyable.

Camping Paradis

« Is Tamara home? » Si vous avez vu le premier film The Strangers il y a huit ans (le film est sorti directement en DVD en France), vous saurez que cette phrase n’augure (vraiment) rien de bon. Nos trois tueurs masqués s’en prennent au hasard à quiconque se retrouve sur leur chemin, et c’est bien ce qu’il y a de plus dérangeant – dans tous les sens du terme – dans ces deux films. Cette traque morbide n’a absolument aucun sens, n’est motivée par aucune raison si ce n’est le plaisir de tuer. Dans le premier volet, le personnage de Liv Tyler demandait à ses tortionnaires pourquoi ils s’en prenaient à elle : « Parce que vous étiez à la maison », répondent-ils. Dans le film de Johannes Roberts, la réponse à cette question apparaît plus sadique encore…

L’une des réussites de Strangers Prey at Night est par conséquent la manière dont son réalisateur et son scénariste contournent habilement les poncifs du slasher movie, déblayant ainsi toute volonté d’expliquer les actes de ces tueurs ou même leurs origines. Il s’agit d’un avantage comme d’un inconvénient. Ce manque de motifs rend l’horreur beaucoup plus gratuite, ces tueurs beaucoup plus terrifiants, mais le rythme du film s’enlise dans un jeu du chat et de la souris manquant un peu de peps. Le terrain de jeu des tueurs s’étend et passe d’une maison à un terrain de mobil-homes. Complètement désert, l’endroit provoque la désolation de cette famille qui n’a aucune échappatoire si ce n’est tenter l’affrontement. Les multiples aller-retours des uns et des autres, dans les quarante premières minutes du film, poussent parfois à l’exaspération jusqu’à un dernier tiers où l’action se déroule – enfin – tambours battants. Le sadisme de ces tueurs anonymes, dont les masques et la morale font désormais beaucoup plus penser à ceux de la saga American Nightmare, se voit décuplé lors de rares scènes qui auraient gagné à être développées.

Ajoutons à cela un manque d’enthousiasme de la part du casting : Christina Hendricks et Martin Henderson (tout juste sorti de Grey’s Anatomy), en parents éplorés, ont plutôt l’air d’être venus arrondir leur fin de mois. La prestation des deux adolescents – Bailee Madison et Lewis Pullman – remonte heureusement le niveau, d’autant plus qu’ils sont les véritables têtes d’affiche. Ils parviennent à convaincre, tout comme la mise en scène de Johannes Roberts qui, passé ce fameux tour de chauffe, mène sa tension avec beaucoup plus de crédibilité et multiplie les très habiles références aux films de genre (Tobe Hooper, réalisateur du célèbre Massacre à la tronçonneuse, aurait été certainement flatté !). Il vaut mieux vous garder la surprise et ne pas regarder trop d’images du film sur Internet, pour ne pas vous gâcher certaines de ses meilleures scènes. Contrairement à son aîné, qui basculait plutôt dans la torture psychologique, Strangers Prey At Night n’hésite pas à lorgner vers le gore… pour le plus grand plaisir des fans du genre horrifique.

Conclusion : s’il ne parvient pas à captiver dès le départ, faute d’un casting particulièrement enthousiasmant, Strangers Prey At Night réserve un dernier tiers mené à la baguette par son réalisateur Johannes Robers !


Strangers: Prey At Night
Un film de Johannes Roberts
Sortie le 18 avril 2018


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