[Critique] Split : James McAvoy plus brillant que jamais !

Il semblerait que M. Night Shyamalan revienne sur la bonne voie : après The Visit et sa participation à la série Wayward Pines, dont il a mis en scène le pilote, le réalisateur revient à des histoires et des personnages torturés. Il a même trouvé le partenaire idéal, Jason Blum. À l’origine des sagas horrifiques les plus prolifiques de ces dernières années (American Nightmare, Insidious, Paranormal Activity), ce dernier a trouvé la poule aux œufs d’or : un nom tel que celui de Shyamalan garantit une curiosité immédiate, mais fait-il tout, au détriment d’une mise en scène délaissée ? Ou Shyamalan parvient-il à retrouver l’ambition de ses premiers longs métrages ? Verdict.

Kevin (James McAvoy) a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey (Anya Taylor-Joy), aussi déterminée que perspicace, Kevin devient, dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

Du rejet d’autrui naît la terreur

Avec Split, Shyamalan revient à une recette pourtant maintes fois utilisée au cinéma : un huis clos centré sur un très faible nombre de personnages. Un retour aux fondamentaux pour le réalisateur, qui nous rappelle très clairement l’un de ses précédents films, Le Village. Le personnage même d’Anya Taylor-Joy, qui vit dans un monde dans lequel elle peine à s’intégrer, évoque celui de Bryce Dallas Howard. Elle est pourtant la tête pensante du film, celle qui est la plus à même de comprendre les diverses personnalités incarnées par James McAvoy.

C’est bien là le sujet principal du film : le rejet d’autrui à cause de pathologies que l’on ne comprend pas (ici, la schizophrénie). M. Night Shyamalan cherche à donner une certaine humanité à son acteur principal, James McAvoy, qui porte sur les épaules 23 identités (dont seulement une dizaine apparaît à l’écran), toutes aussi surprenantes les unes que les autres. De la gouvernante frigide à l’enfant simplet, l’acteur impressionne par sa palette d’expressions et la facilité avec laquelle il passe d’un personnage à un autre, le tout complété par un scénario dynamique. Toutes ces identités se battent entre elles, et la relation entre ces personnages et leur psychiatre tend à faire comprendre au spectateur ce que cette pathologie représente. Faut-il à tout prix chercher à la traiter et à annihiler ces multiples identités, lorsque certaines permettent de dépasser des difficultés ?

Shyamalan a souligné la nécessité qu’il ressent à dénicher de nouvelles têtes, autant dans son casting que dans son équipe technique, entouré de Mike Gioulakis, directeur de la photographie sur It Follows, et d’Anya Taylor-Joy, étoile montante du cinéma de genre apparue dans The Witch et Morgane. Un renouvellement que le réalisateur met à contribution de son histoire, née d’un ancien désir longuement formulé à travers ses interviews. Un twist final réussi – dont on ne vous dévoilera pas la nature – permet de contrebalancer un dernier acte déséquilibré en raison d’effets visuels décevants.

Conclusion : Malgré un dernier acte légèrement décevant, Split demeure un thriller psychologique très efficace. Shyamalan revient à ses thèmes de prédilection, tout en apportant un regard nouveau – et plus tolérant – envers la maladie : ses acteurs, James McAvoy et Anya Taylor-Joy, incarnent avec brio ces personnages tous deux névrosés.

Split
Un film de M. Night Shyamalan
Sortie le 22 février 2017

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