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[Critique] Spider-Man – New Generation : Miles Morales tisse (enfin) sa toile !

Vous pensiez que Peter Parker était le seul et unique Spider-Man ? Si Stan Lee et Steve Ditko ont bien donné naissance à ce personnage en 1962, d’autres ont fini par porter le masque dans des comics dérivés (Spider-Man Noir, dont l’action est transposée dans les années trente, Spider-Girl…) ou dans une suite logique : dans The Ultimate Spider-Man, Peter Parker meurt… mais Spider-Man, lui, renaît grâce à Miles Morales, premier personnage de couleur (d’origine latino-africaine) à endosser le rôle du super-héros. Au cinéma, nous n’avions connu que Parker, campé par Tobey Maguire, Andrew Garfield et Tom Holland. Pour la première fois, la toile s’étend avec Spider-Man : New Generation. Et autant dire qu’il était temps !

Wilson Fisk, l’un des ennemis jurés de Spider-Man, met au point un générateur de particules pour ouvrir un portail vers d’autres dimensions… Sa première expérience tourne mal et met New-York en péril : toutes les dimensions menacent d’apparaître pour détruire la nôtre. Mais avec elles sont aussi apparus d’autres personnages qui, dans leur monde, sont leur propre version de Spider-Man. Au milieu de tous ces événements, le jeune Miles Morales devra lui aussi apprendre à devenir un héros…

Des comics à l’écran

On le sait : Sony Pictures n’a aucune envie de lâcher complètement les rênes de l’univers Spider-Man à Marvel Studios. Si les nouveaux films Spider-Man avec Tom Holland sont bien développés en collaboration avec Marvel (et donc, par extension, Disney), l’univers s’étend chez Sony avec d’autres longs métrages en préparation sur les antagonistes de l’homme-araignée. Tout cela a commencé avec Venom (que l’on a détesté, mais qui a tout de même ramassé 800 millions de dollars au box-office international) qui, en scène post-générique, laissait apercevoir cinq minutes de ce Spider-Man : New Generation. Produit et écrit – entre autres – par Phil Lord et Christopher Miller, l’objectif de ce film est d’enfin initier le grand public à l’univers étendu de Spider-Man : s’il remplit cet objectif haut la main, il est aussi une immense claque visuelle.

Quand on voit Spider-Man : New Generation, c’est comme si l’on lisait une série de comics. L’animation du film combine la 3D et des effets en 2D, de manière à ce que le spectateur pense voir des images « faites à la main » : les équipes de Sony Animation ont par ailleurs travaillé étroitement avec l’artiste Sara Pichelli, co-créatrice du personnage de Miles Morales. Flamboyant de couleurs et d’effets (les bulles de dialogue, points, onomatopées, explosions fusent), le dispositif visuel a de quoi désarçonner au départ, d’autant plus en raison d’un faible nombre d’images par seconde qui donne au film un aspect saccadé. L’effet voulu est plutôt de passer d’une vignette à une autre comme dans les bandes-dessinées.

Tout le monde peut porter le masque !

Les comics ne sont cependant pas la seule source d’inspiration du film, puisque Spider-Man : New Generation prend énormément de plaisir à puiser à travers tous les objets dérivés du personnage de Lee et Kirby : qu’il s’agisse de se moquer de la danse de Tobey Maguire dans Spider-Man 3, des scènes cultes du dessin animé ou encore d’une glace qui ressemble à tout sauf à Spider-Man, New Generation, c’est aussi ça. Montrer que ce héros Marvel s’est installé depuis des années sous des formes diverses et variées (on pense aussi au très bon jeu vidéo sorti récemment sur PlayStation 4 !) et pourtant… seul Peter Parker est vraiment connu du public.

Le film est doté d’un casting original complètement fou : Jake Johnson en Peter Parker, Nicolas Cage en Spider-Man Noir, Lily Tomlin en tante May, Hailee Stanfield (bientôt à l’affiche de Bumblebee) en Spider-Gwen, Mahershala Ali dans la peau de l’oncle de Miles Morales… Pour le rôle du jeune Miles, qui marche dans les pas de Peter Parker, c’est le rappeur Shameik Moore qui a été choisi. Tête d’affiche de The Get Down, le show musical Netflix signé Baz LuhrmannMoore incarne avec brio cet adolescent en quête de sa propre identité. Dans la version française, que nous n’avons pas pu découvrir, c’est Stéphane Bak qui reprend le rôle ! Au centre du récit, la relation entre Peter Parker et Miles Morales – celle typique du maître et du disciple – est pleine d’humour et d’émotion.

Spider-Man : New Generation prend le temps de jouer avec les codes de ses propres histoires. L’arrivée de chaque nouveau personnage est l’occasion de le présenter et de moquer les similitudes entre toutes ces origin-stories : la perte d’un être cher, un grand pouvoir implique une grande responsabilité… Mais aussi, comme le dit Peter Parker, de « revoir ses clichés sexistes » avec l’apparition d’un étonnant personnage… Le monde a changé, les comics aussi et ce depuis des années, et il est temps de le dire : Spider-Man n’est pas uniquement Peter Parker, et tout le monde peut porter le masque.

Conclusion : s’il est incontestablement l’un des plus beaux films d’animation de l’année, Spider-Man : New Generation pourrait tout autant s’imposer comme l’un des meilleurs films Spider-Man tout court. Déjà promis à de nombreuses récompenses, sa suite est dans les tuyaux, ainsi qu’un spin-off sur les personnages féminins du Spider-Verse. On attend ça avec impatience !

Spider-Man : New Generation
Un film de Bob Persichetti et Peter Ramsey
Sortie le 12 décembre 2018

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Comments (2)

  1. […] Spider-Man – New Generation : Miles Morales tisse (enfin !) sa toile […]

  2. […] pour adapter une BD : l’animation. Récemment, évoquons les sublimes Tintin de Spielberg et Spider-Man : New Generation de Peter Ramsey. L’un comme l’autre usent de procédés visuels assez époustouflants […]

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