Spartacus et Cassandra, vraie petite merveille

Accrochez-vous bien à vos sièges, et réservez votre 11 février. Parce que ce jour, c’est la sortie du documentaire Spartacus et Cassandra et parce qu’il faut absolument que vous alliez le voir.

 Au cœur de la communauté

Spartacus et Cassandra, les deux enfants du film éponyme sont issus de la communauté Rom. Tiraillés entre leurs parents et Camille, une jeune trapéziste qui se démène pour leur offrir un toit et un avenir plus doux, ils doivent choisir.

L’origine du projet est né d’une bonne entente entre les enfants et le réalisateur Ioanis Nuguet, qui effectuait déjà des tournages au sein de la communauté. À partir de là, il vivait (et vit toujours) avec les enfants et Camille, si bien que les images prises sur le vif sont d’un brut à couper le souffle. Les tranches de vie, chez le juge, à l’école, on rentre dans l’intimité des deux enfants qui ont tout de même eu leur mot à dire quant au rendu final. Ils consultaient régulièrement les rushs et décidaient de ce qui allait apparaître ou non à l’écran.

Ne vous attendez pas à un docufiction, même si « on croirait que c’est raconté comme un conte» comme le dit lui-même Spartacus. Dedans on a du vrai, on a des fois le cœur qui se serre et les larmes qui montent mais Nuguet ne fait pas dans le pathétique, oh non, loin de là. Car il y a aussi de l’amour, beaucoup d’amour dans Spartacus et Cassandra. Et des jolies images d’un monde qui l’est un peu moins.

Affiche de Spartacus & Cassandra - Nour Films
Affiche de Spartacus & Cassandra – Nour Films

Un sujet difficile tout en poésie

Nous avons eu l’immense honneur d’aller à la rencontre des protagonistes aujourd’hui âgés de 14 et 17 ans. Nous avons pu échanger avec eux, simplement, dans une atmosphère intime et chaleureuse. En voix-off, les enfants parlent de leur ressenti avec du recul. « Car si on avait écrit sur le moment, y’a rien qui sort. Tu peux rien dire, t’es là… C’est le vide » nous a confié celle qui partage l’affiche avec son frère. Elle a la niaque, Cassandra, et du haut de ses quatorze ans elle nous parle déjà comme un petit bout de femme. Ils en ont également profité pour nous raconter Cannes. Car oui, les deux ont vu « leur » film présenté dans la programmation Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion) lors du festival de Cannes 2014. « J’ai même fait une photo avec le mec qui joue dans Scènes de Ménages ! [Loup-Denis Elion, ndlr] » nous confie la jeune fille, des étoiles dans les yeux.

Quand on leur demande s’ils avaient cru vivre ça lors du tournage, ils hochent la tête. Assurément, non. « On pensait que ça allait être un genre de reportage comme dans Capital. », nous raconte Spartacus. « Et là, voilà qu’on a nos affiches sur les Champs Élysées », enchaîne sa sœur.

Surtout, si vous voyez une avant-première près de chez vous en présence des enfants, sautez sur l’occasion. Ils sont adorables, très ouverts et emprunts d’une innocence déconcertante en dépit de leur histoire. Ils ne peuvent pas dire si malgré tout, le regard des gens va changer en ce qui concerne la communauté Rom. Une chose est sûre, le film aura au moins eu le mérite de nous faire découvrir un nouvel aspect de ce qu’ils peuvent vivre. Car on a tendance à fermer les yeux, à s’enfermer dans la crainte, et pendant ce temps-là on ne s’imagine pas… Ça non, on se s’imagine pas.

 

Un film de : Ioanis Nuguet
Avec : Cassandra Dumitru, Spartacus Ursu, Camille Brisson
Au cinéma le : 11 février 2015

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