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[Critique] Sonic, le film : hérisson en action !

Après les Pokémon et Détective Pikachu l’an dernier, c’est au tour d’une autre franchise incontournable du jeu vidéo de faire ses premiers pas au cinéma : Sonic le hérisson bleu, emblème de la firme Sega. Depuis 1991, cet animal ultra-rapide est apparu dans pas moins quatre-vingt jeux, des bandes-dessinées mais aussi des séries animées. Dans un grand élan de générosité, Sonic collabore même avec Mario, le héros indissociable de Nintendo, dans une série de jeux dérivés qui se déroule aux Jeux Olympiques. Avec tout ça, il ne manquait plus qu’un film, malgré tout le désamour des joueurs pour les nombreuses adaptations de jeux vidéo déjà existantes…

Aux manettes : Jeff Fowler, qui signe là son premier long métrage. Le pauvre bougre a dû passer quelques mois difficiles après la mise en ligne de la première bande-annonce du film, dans laquelle le design de Sonic était… vraiment effrayant. Après bon nombre de complaintes, la sortie du film a été décalée pour proposer une nouvelle version de son héros, plus proche de celle des jeux vidéo. Et le résultat est bien plus convaincant ! Bref, le petit Sonic se voit donc catapulté de son monde au nôtre, aux alentours de San Francisco. Accompagné d’un policier, Tom (James Marsden), il doit tout faire pour échapper aux griffes du maniaque Dr. Robotnik (Jim Carrey)…

Sonic contre le monde

Habituellement, Sonic passe son temps à courir partout (à une vitesse qui rendrait jaloux Vin Diesel dans Fast & Furious). Mais une fois arrivé sur la planète Terre, fuyant les ennemis de son monde, l’animal est contraint de vivre caché… et de ne pas se faire remarquer. Il se prend pourtant d’affection pour les habitants d’une petite ville, qu’il suit de loin dans leur quotidien. Parmi eux : Tom (James Marsden), le super-flic de la ville – ou Seigneur des donuts pour Sonic – et sa femme Maddie (Tika Sumpter) – ou Lady Yoga. Mais à force de devoir rester dans l’ombre, Sonic se sent profondément seul… et les choses dérapent. En se dévoilant au monde, il est perçu comme une menace, et les services secrets américains envoient leur meilleure arme pour le débusquer…

Il s’agit bien entendu du Dr. Robotnik (ou Eggman, tel qu’il est surnommé dans l’univers vidéoludique – le surnom arrive malheureusement comme un cheveu sur la soupe sans trop d’explication), campé par un Jim Carrey en roue libre totale. Et tant mieux, puisque c’est tout ce que l’on attendait. Scientifique illuminé, mais aussi à l’ego surdimensionné, Robotnik passe son temps à mépriser tout être qui se trace sur son chemin, et surtout ceux qui pourraient être plus puissants que lui. N’ayant pas d’autre choix que de fuir, Sonic et Tom se lancent dans une escapade jusqu’à San Fransisco, pour retrouver les fameux anneaux dorés que l’on collecte dans les jeux vidéo, essentiels pour l’avenir de Sonic : ils lui permettent d’aller où il le souhaite, pour échapper à qui que ce soit !

Un beau hérisson avec une épine dans le pied

Cette escapade alterne scènes d’action et moments de découverte, autant pour Sonic que pour Tom. La réalisation de Jeff Bowler n’est pas renversante d’originalité mais force est de constater que le film fait suffisamment le travail pour divertir son spectateur (tout en s’adressant surtout au jeune public). À l’instar de Pikachu l’an dernier, il est difficile de ne pas succomber à la modélisation du petit hérisson… malgré un petit hic.

Là où le Pokémon était incarné par Ryan Reynolds en version originale et doublé par sa voix française officielle, Pierre Tessier, Sonic est quant à lui doublé en français par… Malik Bentalha (en lieu et place de l’acteur et humoriste américain Ben Schwartz, aka Jean-Ralphio dans la série Parks & Recreation). Et on sent très vite la différence entre la manière dont Bentalha double Sonic et la voix d’Emmanuel Curtil, comédien de doublage confirmé et voix officielle de Jim Carrey depuis des lustres. Là où Curtil colle au mieux au caractère frappadingue de Robotnik, Bentalha donne l’impression de simplement lire un texte, incapable de faire preuve d’une quelconque émotion. Par conséquent… certaines vannes tombent à l’eau ! Dommage, tant le film parvient à convaincre sur le reste, et à installer son univers de manière suffisamment convaincante pour nous faire attendre une suite (ne partez pas dès le générique de fin !).

Conclusion : malgré une version française en deçà de nos attentes, Sonic le film s’impose comme un divertissement calibré et efficace pour le jeune public, respectueux de l’univers du jeu vidéo. 

Sonic : Le Film
Un film de Jeff Bowler
Durée : 1h40
Sortie le 12 février 2020

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