Critique (sans spoiler) de Exodus, Gods and Kings : Ridley Scott s’affirme en maître du péplum !

Avec des airs de remake du film Les Dix Commandements de 1956, Exodus : Gods And Kings signe le retour de Ridley Scott dans un registre où bon nombre de fans ont pu l’apprécier pleinement : le péplum. Après un Prometheus contesté et un Cartel légèrement boudé, Ridley Scott tente de remonter la pente avec sa version du deuxième livre de la Bible et l’histoire de Moïse guidant les hébreux à travers la Mer Rouge. Le geste est noble, le sujet est risqué. Mais le résultat reste plus que satisfaisant…

La Bible selon Hollywood…

Pour ceux qui n’auraient jamais lu la Bible, Hollywood le fait pour vous. A dire vrai, les grands mythes religieux sont aujourd’hui source d’inspiration pour les blockbusters et les péplums américains. Ainsi 2014 avait vu le début de cette mode avec le mythe de l’arche de Noé revisité par Darren Aronofsky dans Noé. La tendance continue avec Exodus : Gods And Kings. Le pitch ? Moïse, frère de Ramsès a été élevé à la cour de Pharaon comme s’il était de sang royal et est destiné à hériter du trône un jour ou l’autre. Mais lorsqu’il apprend qu’il est un hébreu et qu’une ancienne prophétie pèse sur le royaume tout entier, il entame un exil qui va finir par déboucher sur une mission divine : sauver les hébreux de la tyrannie égyptienne et les guider vers de nouvelles terres. Ainsi, nous connaissons presque tous les grandes lignes de l’histoire biblique : les 10 plaies d’Egypte, la traversée de la Mer Rouge séparée en 2 et la révélation des 10 commandements sur le Mont Sinaï ! La version de Ridley Scott est tout autre, ce qui pour certains sera un blasphème et pour d’autres, une plaisante relecture du mythe qui se veut finalement plus réaliste que la légende.

Ridley Scott adopte en effet le parti pris de rationaliser le mythe de Moïse et fait presque fi de la dimension mystique. La religion est certes abordée mais se manifeste de manière rationnelle. Tout est expliqué ou du moins en partie. Il n’y a pas de scènes complétement fantastiques et imaginaires comme dans Noé par exemple et l’ambiance est radicalement différente. Ridley Scott veut faire de son Exodus : Gods And Kings une fresque historique et parvient à faire de cette magnifique histoire un bon péplum divertissant et intéressant.

Un péplum qui aurait pu faire mieux

Là où le film se différencie de son prédécesseur de 1956, c’est dans le traitement de l’histoire nous l’avons vu. Aussi, le film survenant des décennies plus tard, les effets spéciaux sont très réussis. Les 10 plaies d’Egypte sont surprenantes sur le plan visuel et la séquence finale au cœur de la Mer Rouge est plus qu’immersive. Ridley Scott a vraiment misé sur de bons effets spéciaux afin de faire de Exodus : Gods And Kings un film épique ! Les scènes de batailles, un peu confuses et finalement inutiles bien que divertissantes, prouvent que Ridley Scott reste un expert dans l’art du péplum depuis Gladiator.

Là où Exodus : Gods And Kings déplait, c’est dans les promesses faites sur le casting. Ce dernier avait tout pour plaire. Nous ne reviendrons pas sur le scandale qui avait frappé Ridley Scott et son choix des acteurs quant à la couleur de peau des personnages. Ici le problème est plutôt de voir de grandes figures réduites au silence dans le film. Sigourney Weaver ne se montre finalement pas d’une grande utilité par exemple et Ben Kingsley est sous-exploité. Même Aaron Paul passe inaperçu. Tant de noms présents au casting de Exodus : Gods And Kings qui finalement se retrouvent légèrement effacés au profit d’un Christian Bale charismatique et performant dans le rôle de Moïse.  Le film reste finalement l’histoire de Moïse, sans être une origin story, plutôt que l’histoire du peuple hébreu. Celui-ci n’est finalement qu’un arrière-plan et peut décevoir. Car le film dure 2H30 et peut s’avérer être finalement légèrement trop long. L’histoire est certes allégée mais elle aurait pu l’être davantage. Ridley Scott, en bon réalisateur de péplum veut certes nous divertir et nous faire plaisir et il le fait bien, mais il aurait pu penser à raccourcir Exodus : Gods And Kings de quelques passages superflus afin de proposer un résultat final d’une qualité plus parfaite !

Conclusion

Avec Exodus : Gods And Kings, Ridley Scott propose un péplum qui rentre dans les codes du genre. Les fans vont apprécier au même titre que les novices par rapport au mythe religieux aimeront voir le traitement de la légende portée à l’écran. Un bon divertissement qui mérite du temps et de l’attention et qui prouve que Ridley Scott reste maître dans l’art du péplum. Enfin un bon film pour le réalisateur et ce depuis des années !

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