[Critique] Les Saisons : Que la nature est belle

Jacques Perrin et la nature, c’est une longue histoire. L’homme de 74 ans aime en parler, la raconter, sous la forme de documentaires. De Microcosmos au Peuple migrateur, en passant par Océans. Sur terre, en mer ou dans les airs, le cinéaste lui déclare son amour. Comme un nouveau cri pour réveiller les consciences, il revient avec son compère Jacques Cluzaud pour Les Saisons, et salue, une nouvelle fois ce qui fait les richesses de notre planète. Et vu que chez Silence Moteur Action on aime la nature, ça valait bien une critique pour la route.

Elle est pas belle l’Europe ? Si. Mais elle avait nettement plus de gueule il y a 12 000 ans. La Terre se réchauffe, entraînant la fonte des glaciers à l’endroit même où se posent vos pieds. C’est l’histoire d’un compte à rebours. C’est l’histoire d’une naissance. De celle d’une faune, d’une flore, en perpétuelle évolution. Un seul rythme les conjugue : celui des saisons. De la chaleur estivale aux premiers flocons de neige, les animaux se côtoient sur un territoire qui n’est autre qu’une immense forêt. Tout ce petit monde s’observe. Curieux les uns des autres. Seule la loi inévitable de la chaîne alimentaire vient troubler cette tranquillité. L’homme lui, se fait discret. Presque absent.

Le monde appartient aux animaux. Le renard se faufile aussi vite que l’écureuil englouti sa noisette. Les cerfs majestueux brament leur virilité à qui veut l’entendre. Les loups montrent les crocs. Le lynx aiguise ses griffes et chasse la biche malgré une légère différence de corpulence. Des oursons regardent un arbre, puis se lancent en quête du maillot de meilleur grimpeur sous les yeux de leur mère déjà bien perchée. Le tout est enchanteur avec des images qui touchent au sublime.

La plus grande réussite du duo Perrin/Cluzaud pour Les Saisons est d’avoir laissé parler la beauté les images. Comme un poème pour petits et grands, la voix-off se voit réduite au strict minimum. Ce qui renforce l’immersion du spectateur, bien aidée par une mise en scène au plus près des animaux. La caméra se faufile de plans en plans, du plus large au plus serré. Et lorsqu’elle arrive, la voix-off se veut juste et fait mouche. Comme pour l’arrivée de l’homme et de ses gros sabots. Car à défaut de s’encombrer lui-même, l’homme encombre surtout les autres. Il a soif d’évolution, soif d’espace. Le cheval, autrefois sauvage, devient un accessoire pour les bipèdes. Et plus le temps passe, moins il est préférable d’avoir quatre pattes. Une nouvelle chaîne alimentaire se dessine. Et celle-ci inclus un autre critère : le sport. Le loup en fera, parmi d’autres, particulièrement les frais. Les forêts rétrécissent pour faire place aux champs et aux cultures. L’animal n’a plus sa place. C’est l’avènement de l’homme et d’un monde tout aussi sauvage. Mais pas pour les mêmes raisons.

Conclusion : Les Saisons est un hymne à la nature à la fois beau, touchant et ludique. Une balade qui fait découvrir aux différentes générations le vieux continent comme on ne l’imaginait pas. Fort d’images aussi fortes que son message, on ne peut que recommander des documentaires de cette trempe. Note : 3/5

Les Saisons, de Jacques Perrin & Jacques Cluzaud. Documentaire. 1 h 37. En salles le 27 janvier. 

 

 

 

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