[Critique] Roulez jeunesse : Eric Judor, super papa !

Inutile de présenter Eric Judor. L’acteur et humoriste français de 49 ans continue de se faire remarquer pour ses entretiens sans langue de bois sur l’état de la comédie française. Après un petit passage à vide suite à l’échec de La Tour 2 contrôle infernale, c’est avec son propre film Problemos que Judor s’est illustré, avec brio. Il accompagne cette fois-ci Julien Guetta, un jeune réalisateur, pour son premier long métrage. À première vue, Roulez jeunesse a tout de la comédie familiale par excellence : un héros un peu loser qui, du jour au lendemain, se retrouve à s’occuper d’enfants qu’il ne connaît pas. Or Julien Guetta a une approche beaucoup plus subtile et ponctue harmonieusement son film, entre moments tendres, drôles, et de pures séquences dramatiques. Ce qui permet à son principal comédien d’étendre sa palette de jeu et d’offrir l’un de ses rôles les plus profonds… 

Alex, 43 ans, est dépanneur automobile dans le garage que dirige d’une main de fer sa mère. Un jour, il dépanne une jeune femme et passe la nuit chez elle, mais au petit matin elle a disparu lui laissant sur les bras trois enfants.

Un nouveau regard sur un sujet difficile 

Qu’on se le dise, avec Roulez jeunesse, on est loin de la légèreté de Trois hommes et un couffin. Pourtant, tout semble nous entraîner dans une certaine folie : une fois seul avec les enfants de Prune, la jeune femme qui disparaît du jour au lendemain, les ennuis s’accumulent pour Alex. Trois enfants au tempérament bien trempé lui tombent sous le nez : de l’enfant en bas âge à l’adolescente en pleine rébellion, difficile de s’improviser papa en un jour. Pour Alex, il y a d’abord le rejet ; le fait de se dire que ces enfants ne sont pas les siens et qu’il soit contraint de retourner à sa propre vie. Mais en apprenant peu à peu à connaître ces enfants, Alex lui-même en sortira grandi. Trouver des enfants acteurs qui soient justes d’emblée est souvent difficile, pourtant l’alchimie entre Eric Judor et ses jeunes collègues est indéniable. Ilan Debrabant, qui joue le petit Kurt, est irrésistiblement drôle et attachant !

Le film débute sur une veine résolument comique : Alex tentant par tous les moyens de se débarrasser de ces enfants (quitte à tenter de faire passer un bébé à travers les barreaux d’un portail !), ses « retrouvailles » avec Nelly, une ex copine également assistante sociale, campée par une Laure Calamy (Dix pour cent) hilarante. Or le drame s’impose peu à peu : derrière cette situation rocambolesque se cache la vraie vie des enfants et leurs troubles. Roulez jeunesse, c’est aussi un vibrant portrait de cette famille désunie par bon nombre de vices et que rien ne semble pouvoir sauver. Julien Guetta décide de ne pas occulter la réalité des familles d’accueil, des enfants placés et des traumatismes que ces situations peuvent faire naître. Et il le fait avec brio.

Conclusion : avec Roulez jeunesse, Julien Guetta signe un premier film déchirant, menant du rire aux larmes. L’alchimie entre Eric Judor et les enfants acteurs est indéniable.


Roulez jeunesse

Un film de Julien Guetta
Sortie le 25 juillet 2018


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