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[Critique] Le Retour de Mary Poppins : la magie est toujours intacte !

Supercalifragilisticexpialidocious ! Pensez-vous que Mary Poppins était partie pour toujours ? Que nenni. Plus de cinquante ans après le film original de Walt Disney Studios, devenu un classique pour des générations entières, c’est à Rob Marshall que revient l’honneur de lui donner une suite. Avec ChicagoNine et Into The Woods (un autre film Disney !) à son actif, le réalisateur est déjà bien habitué au genre de la comédie musicale et semblait être le choix parfait pour Disney. Pour le studio, une autre évidence : nulle autre personne qu’Emily Blunt ne semblait légitime à leurs yeux pour reprendre le rôle de la nourrice la plus célèbre d’Angleterre. Mais la magie est-elle toujours là ? La réponse est simple : oui.

Devenus adultes, Jane et Michael Banks (Emily Mortimer et Ben Whishaw) vivent chacun de leur côté. Mais après avoir subi la perte de sa femme et les effets de la Grande Dépression, Michael, qui vit désormais seul avec ses trois enfants dans l’ancienne maison de son père, risque de tout perdre. C’est sans compter sur l’aide de Mary Poppins, qui apparaît telle une éclaircie dans le ciel grisâtre de Londres. Accompagnée de Jack (Lin-Manuel Miranda), un allumeur de réverbères, elle et les enfants Banks vont tout faire pour rétablir l’équilibre… tout en vivant de grandes et incroyables aventures !

S’accrocher à ce qui nous est cher

Londres. La Grande Dépression continue. Pourtant la ville n’a rien perdu de son dynamisme : en guise de préambule, Rob Marshall fait voler sa caméra à travers la ville, au lever du jour, alors que retentissent les cloches de la Cathédrale Saint-Paul. Au 17, allée des Cerisiers, rien ne semble avoir changé… Ou presque. Malgré la joie apparente des enfants Banks, leur père Michael est au fond du gouffre. Malgré l’aide de sa sœur Jane, aussi investie que ne l’était sa mère pour les droits des femmes, la morosité le gagne peu à peu. Tout comme les murs de la maison s’effritent, les canalisations cèdent, Ellen (Julie Walters), la servante de la famille, n’a plus toute sa tête…

Il est donc grand temps pour Mary Poppins de faire son retour pour mettre de l’ordre dans tout ça. Un personnage fabuleux qui revient des années plus tard alors que les enfants Banks — devenus adultes — ont perdu toute notion de magie. Au départ, cela nous rappelait un peu trop Jean-Christophe et Winnie, dont le postulat est plutôt semblable : il faut oser replonger en enfance. Comme le film de Marc Forster, Le Retour de Mary Poppins a su faire la part des choses entre pure nouveauté et petites références au film original (les jouets des enfants Banks traînant dans le grenier et prenant la poussière à l’image des peluches de Jean-Christophe). Pas de reprise de chanson, seules quelques notes dans les compositions de Marc Shaiman évoquent les apparitions de Julie Andrews. De quoi laisser la part belle à Emily Blunt et Lin-Manuel Miranda pour un show dont ils sont seuls maîtres à bord.

Mary Poppins 2.0

Si l’intrigue du film de Rob Marshall partage quelques similitudes avec l’original (les ramoneurs de cheminée sont ici « remplacés » par les allumeurs de réverbères), il s’impose bien comme une suite à part entière. Les scènes fantasmées par Mary Poppins, qui entraînent les nouveaux enfants Banks dans des mondes merveilleux, sont un véritable spectacle visuel — et il est très agréable de voir revenir dans un film Disney du « vrai » dessin animé « fait main ». L’artifice est le maître mot de Mary Poppins : ce qui se produit sous nos yeux n’est-il qu’un rêve éveillé ou est-ce la réalité ? Bien évidemment, la nourrice reste toujours aussi évasive et cynique, ce qui fait son charme !

Les numéros musicaux s’enchaînent certes avec une réalisation des plus classiques, mais la beauté des décors et l’attrait du casting rend l’ensemble irrésistible : le retour de Dick Van Dyke qui interprète Bert et le banquier Dawes, toujours autant plein d’énergie à 93 ans, ne peut que donner le sourire aux lèvres comme l’apparition fugace de Meryl Streep dans le rôle de Topsy, la cousine farfelue de Mary Poppins à l’accent non-identifiable.

Conclusion : Le Retour de Mary Poppins garde la magie intacte malgré les années ! Emily Blunt s’impose avec brio et crée un duo ultra-charismatique avec Lin-Manuel Miranda. Un festival « luminomagifantastique » qui invite à retourner en enfance…


Le Retour de Mary Poppins
Un film de Rob Marshall
Sortie le 19 décembre 2018

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Comments (2)

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