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[Critique] Retour à Zombieland : ils n’ont pas pris une ride !

Dix ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que la suite de Bienvenue à Zombieland ne débarque sur nos écrans. Et si celle-ci était très attendue, la hâte a plutôt fait place à la crainte ces dernières mois. Pour quelle raison ? Venom. Mais encore ? Les deux films partagent le même réalisateur, Ruben Fleischer. Et si Venom fait partie des plus gros succès de 2018, avec plus d’un milliard de dollars de recettes, le film était quant à lui d’une qualité plutôt discutable. Vraisemblablement, la suite de Zombieland n’aurait pas pu naître sans Venom, alors d’un côté… il y a bien une raison de remercier ce film d’exister. 

Si l’on ne pensait pas Zombieland revenir sur les écrans, c’est aussi parce qu’entre temps, son casting pèse un peu plus lourd question billets verts. Entre la saga Hunger Games pour Woody Harrelson, l’Oscar de la meilleure actrice pour Emma Stone ou The Social Network et Insaisissables pour Jesse Eisenberg, il y aurait fort à parier que leur cachet ait doublé pour Retour à Zombieland. Mais les scénaristes du film, Matt Reese et Paul Wernick, sont aussi passés à la vitesse supérieure en signant le script de Deadpool. Finalement, tout va bien qui finit bien, puisque tout le monde est de retour. Et il est temps d’oublier la piteuse tentative de déclinaison du film au format série, qui n’a pas dépassé le pilote sur Amazon !

Quoi de neuf à Zombieland ?

Avec un peu d’audace, tel aurait pu être le titre français du film. Dans l’idée, nous spectateurs nous immisçons dans la vie de Columbus (Jesse Eisenberg), Tallahassee (Woody Harrelson), Wichita (Emma Stone) et Little Rock (Abigail Breslin). Et spoiler alert : ils vont bien et, en plus, ils vivent à la Maison Blanche. Et c’est Columbus qui nous le dit, son rôle de narrateur tout juste retrouvé. Il s’adresse directement au public, se voit ému de notre retour et s’empresse de nous donner des nouvelles. Une rupture du quatrième mur qui permettra non seulement de retrouver les gimmicks du premier volet, comme le « Zombie Kill of The Week » ou les principales règles de survie, mais aussi de les approfondir. Comme l’Apocalypse zombie n’a pas seulement eu lieu aux États-Unis, les « Zombie Kills » (une interruption volontaire du récit pour montrer l’élimination de zombie la plus stupide mais efficace) s’étendent au reste du monde ! C’est toujours aussi idiot, ça ne dure que quelques secondes, mais ça marche.

Alors quoi de neuf ? Pas grand chose d’autre à ce stade, si ce ne sont plusieurs nouveaux types de zombies qui pimenteront un peu les scènes d’action (et ne manqueront pas de rappeler des souvenirs aux fans des jeux vidéo Left 4 Dead). Si cette petite famille de substitution avait bien l’air de filer un parfait coton, évoluer au sein d’un monde ravagé n’a pas grand chose de simple. Tallahassee tente toujours d’être le cliché de l’homme sans faille, repère pour l’ado Little Rock, qui n’a personne de son âge avec qui vivre, tandis que Columbus et Wichita ont peur de s’engager. À un moment, inévitablement, ça explose. Les garçons doivent retrouver les filles et feront, sur leur chemin, de nouvelles rencontres.

Une double dose de fun !

Quand le scénario est si proche de celui du premier, comment faire pour éviter qu’il ne semble pas trop répétitif pour autant ? La réponse : double tap. Comme la règle de Columbus, qui consiste à tirer deux fois sur un zombie pour être bien sûr qu’il soit mort, Retour à Zombieland est deux fois plus barré que son prédécesseur. Autant dans les vannes, qui font toujours mouche, et encore plus quand il s’agit d’aller vanner les concurrents (coucou The Walking Dead !) que dans l’action. Si les effets spéciaux privilégient davantage le numérique aux effets pratiques (et c’est plutôt dommage), les massacres de zombie sont suffisamment jubilatoires pour passer outre.

Double dose de fun aussi pour nos personnages, qui doivent apprendre à évoluer, reconnaître leurs défauts… Une fois Wichita partie, Columbus se retrouve entre les bras de Madison (Zoey Deutch), qui cache plutôt bien son jeu sous ses airs de blonde écervelée. Tallahassee, lui, trouve refuge envers le King, Elvis Presley, pour palier la solitude (ou du moins celle qu’il s’impose à lui-même). Et que dire de la scène où apparaissent deux sosies de Columbus et Tallahassee, qui donne lieu au moment le plus drôle du film ? Si Zombieland venait à connaître un troisième volet, on aimerait évidemment y retrouver le casting initial, mais aussi Rosario Dawson, dont le rôle pourrait être bien plus intéressant s’il était plus poussé.

Conclusion : Retour à Zombieland ne nous fait pas regretter de retrouver Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock après dix ans d’absence. Avec deux fois plus de fun et de vannes, on le préférerait presque au premier !

Retour à Zombieland
Un film de Ruben Fleischer
Durée : 1h39
En salles le 30 octobre 2019

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