[Critique] Rampage : Dwayne Johnson hors de contrôle ?

« À situation démesurée, héros démesuré. » Si le slogan des affiches de Rampage : Hors de contrôle semble à première vue designer ses monstrueux animaux modélisés en images de synthèse, il ne faut cependant pas se méprendre. Le vrai héros, c’est Dwayne Johnson. Excepté Baywatch : Alerte à Malibu, ses récents films ont été d’immenses succès au box-office, qu’il s’agisse de la saga Fast and Furious (pour laquelle l’acteur sera à la tête d’un spin-off avec Jason Statham) ou de la réussite surprise de Jumanji : Bienvenue dans la Jungle (et son quasi milliard de dollars de recettes à l’international).

Internet recense les nombreuses similitudes de mise en scène ou de costumes dans la filmographie de Dwayne Johnson, à tel point que l’on pourrait presque parler de The Rock Cinematic Universe. Avec Rampage : Hors de contrôle, l’acteur fait de nouveau affaire avec Brad Peyton, réalisateur de San Andreas qu’il retrouvera également pour… San Andreas 2. Librement adapté d’un jeu vidéo en bornes d’arcade, Rampage met en scène des animaux devenus monstres suite à une expérience ayant mal tourné. Pour résoudre la situation, rien de tel que The Rock, aka le primatologue Davis Okoye, et la doctoresse Kate Caldwell, incarnée par Naomie Harris. Le résultat est un blockbuster d’action diablement stupide et furieux, mais largement divertissant.

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Un gorille et un crocodile géant, ainsi qu’un loup volant. Voici les trois mastodontes qui font face à Dwayne Johnson. Pas de prise de catch à venir, d’autant plus que l’un d’entre eux est un « ami » : Davis Okoye suit la vie de George, gorille blanc albinos, depuis des années. Quand ce dernier se met à tout casser et à attaquer ses proches, forcément, ça dérape.

Qui sont les responsables de ces obscures mutations ? Une entreprise pharmaceutique dont les deux dirigeants, la fratrie Claire et Brett Wyden, sont prêts à tout pour voir ces animaux détruire le monde (pourquoi pas). Elle est manipulatrice, lui est complètement idiot. À eux deux, ils accumulent les clichés. Mais qu’importe : le film pullule de stéréotypes, y compris son héros (le personnage de Dwayne Johnson préfère la compagnie des animaux à celle des humains, comme c’est touchant), et les assume complètement. Au milieu de tout ça, on retrouve même Jeffrey Dean Morgan, qui semble avoir du mal à se détacher du cynisme de Negan, dernier antagoniste en date de la série The Walking Dead.

Un crossover avec King Kong ?

Alors, Rampage est-il vraiment hors de contrôle ? Oui et non. Non, car il reprend tous les ingrédients des derniers blockbusters à succès à sa sauce (que Brad Peyton maîtrisait déjà dans San Andreas) : du grand spectacle parsemé d’humour et de vannes bien placées (ou du moins, on l’espère). Mais le film est hors de contrôle dans le sens où il se veut être un film d’action hors proportions, à l’image des nombreux films de monstres qui ont ponctué l’histoire du cinéma. Et ça tombe bien : Warner, qui distribue le film, est derrière les nouvelles moutures de Godzilla et King Kong, dont les deux univers finiront par se rencontrer d’ici quelques années. Il ne manquerait plus qu’un crossover entre ce « monster universe » et le « The Rock Cinematic Universe » !

Le résultat est certes inégal, la faute à ces personnages bien trop clichés et à des effets spéciaux pas toujours des plus réussis, mais le côté complètement invraisemblable du film est tellement poussé à son paroxysme qu’il est difficile de ne pas adhérer à ce délire.

Conclusion : ouvertement déluré et délibérément abusif, Rampage : Hors de contrôle se savoure comme un divertissement pour lequel l’on pose son cerveau, quitte à défier toute logique.


Rampage : Hors de contrôle
Un film de Brad Peyton
Sortie le 2 mai 2018

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